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 [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya

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MessageSujet: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Lun 10 Juil - 20:49


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 Never let down a friend
Aishwarya & Josh'
   

Un message assez intriguant, beaucoup plus que les expressions emplies de vices de mon nouveau collègue de travail, qui, d'ailleurs, n'arrêtait pas de reluquer toutes les demoiselles qui entraient et sortaient de l'enseigne où nous travaillions, parvint à mon portable. Adressant un sourire confus à la personne que j'étais entrain de servir, lui sommant d'accepter mes excuses, j'enlevai le gant recommandé pour garder, en qualité suprême de notre Starbucks, l'hygiène des plus appréciables et vins fouiner dans l'une de mes poches de pantalon, combattant un instant le tablier qui nous était imposé. Une fois l'écran à ma disposition, la surprise fût encore plus grande lorsque le nom d'une ancienne amie s'inscrit, indiquant qu'elle avait repris contact avec moi après toutes ces années sans nouvelles. Mes sourcils se levèrent subitement et mon doigt vint tapoter sur mon mobile afin que je puisse en lire le contenu. Mes yeux se plissèrent, si bien que mes rides du lion apparurent également. Elle devait probablement avoir des ennuis pour me choisir comme destinataire d'un si lourd message, et me faire entièrement confiance pour décider que je serais le seul et l'unique à pouvoir l'aider contre ce genre de pépins. Ni une, ni deux, mettant en veille le téléphone, je m'excusai une fois de plus et appelai un de mes coéquipiers afin qu'il puisse reprendre la tâche qui m'avait été donnée d'effectuer aujourd'hui. Me reculant du comptoir, et ainsi des différents ingrédients qui me servaient à peaufiner les commandes des clients, nombreux étaient-ils, je me dirigeai, non sans attendre, vers le bureau du chef d'équipe. Frappant contre sa porte de mon poing refermé, il me demanda d'entrer et de lui signaler le problème. Je dois m'en aller, dis-je simplement, prétextant un problème familial qu'il fallait impérativement que je résolve. Il me regarda en deux fois, mes traits étant plus sérieux que jamais, avant de soupirer et de hocher à plusieurs reprises la tête. Il ne pouvait pas me refuser ceci, j'avais été longuement prêt à oublier mes congés payés, ceux sur lesquels j'avais fait une croix dessus, longtemps et sans rechigner je m'étais déplacé pour remplacer des collègues malades et qui ne pouvaient assurer leur service, quand bien même j'étais en repos. C'était donnant-donnant dans la boutique et il ne comptait certainement pas perdre un aussi bon équipier. Il accepta, je le remerciai poliment de sa gratitude et de sa compréhension. Malgré tout, il m'arrêta lorsque je fus prêt à rejoindre le vestiaire des employés pour me changer et me demanda de vite, très vite, régler cette histoire, parce qu'il avait besoin de moi les jours suivants. J'acquiesçai sans dire mot, il savait parfaitement qu'il pouvait me faire confiance. Il me rendit un sourire agréable et je lui répondis avant de quitter son bureau à la hâte, ressortant mon mobile pour envoyer ce message « Je rentre à la maison et vais te préparer une chambre ». Bien entendu, je n'oubliai pas de mentionner l'adresse où j'habitais.

Mon appartement était situé à Turtle Bay, à Manhattan, peu loin de Times Square et de toutes les commodités dont nous avions besoin. Bars musicaux, cafés, restaurants et magasins faisaient partie intégrante de ce quartier parsemé d'appartements et maisons aux façades en briques rouges et aux escaliers gris disposant de barrières bleues foncées ou noires. Mon logement se situait au premier étage, le couloir que j'empruntais ne payait pas forcément de mine, bien qu'il ne soit pas délabré, refait régulièrement grâce à la copropriété dont j'étais adhérent. Ma voisine du rez-de-chaussée n'était pas embêtante. Âgée, elle préférait rester chez elle à regarder la télévision, faire du crochet ou lire de nombreux livres que, parfois, elle me prêtait. D'accord, parfois elle se sentait seule, si bien qu'elle tentait de monter les escaliers qui menait à mon appartement pour réclamer un peu de compagnie, une brève conversation qui la rendait gaie et lui donnait le sourire. Je n'avais pas eu de mal à le trouver une fois revenu à New-York, ce fût d'ailleurs probablement le seul coup de cœur que j'eus d'entre tous. J'aimais le quartier, j'aimais l'ambiance, j'aimais le côté Vieille Amérique de la façade et j'aimais particulièrement le fait que je n'avais eu presque rien à refaire, seulement quelques touches personnelles à ajouter, avant d'y poser mes meubles, achetés au compte gouttes. Ouvrant la porte, nous tombions sur un joli couloir arrondi où j'avais pour habitude d'y laisser mes chaussures et nous pouvions directement jeter un œil à l'intérieur du logement grâce aux verrières transparentes qui donnaient dans un petit salon cosy aux murs blancs, comme dans toutes les pièces, d'ailleurs, aux meubles frais d'un bois clair et de touches de couleurs allant du rose, bleu, vert et orange pâles. Juste à côté était disposée une table à manger qui aurait très bien pu ne pas exister puisque la cuisine, encore à côté, était munie d'un îlot central décoré de manière épurée dont je me servais principalement pour les petits-déjeuners. Il faisait pratiquement quatre-vingt mètres carrez, assez pour une personne seule qui accueillait le week-end sa cousine, qui avait élu domicile sur la mezzanine, et quelques amis de cette dernière lorsqu'elle prévoyait des fêtes ou des révisions en-dehors de Columbia. Ma chambre était celle qui se trouvait la plus loin, avec la salle de bains qui lui faisait ressembler à une suite parentale bien que j'étais célibataire. La chambre d'amie était un peu plus petite, tout de même quatorze mètre carrez, mais disposait d'un lit aux allures King Size et était bien agencée pour une pièce pratiquement inutile. Juste à côté, la salle de bains avec baignoire arrondie et douche à l'italienne. Les toilettes ? Une porte dans le couloir permettait d'y avoir accès. Bref. Un appartement familial pour un homme seul. Une fois rentré du boulot, comme convenu je me dirigeais vers la chambre d'amis afin d'y changer les draps et de vider les tiroirs de quelques babioles de manière à ce qu'elle puisse avoir la place nécessaire à son épanouissement. Je ne savais pas combien de temps elle comptait rester, de ce fait, je préférais prévoir pour un grand séjour. Différentes raisons me vinrent à l'esprit pour expliquer cette précipitation qu'elle eût de me demander l'hébergement, mais j'étais loin de m'imaginer la véritable origine de cet appel au secours.

La sonnerie retentit, résonnant dans tout l'appartement, signe qu'une personne m'appelait à la porte principale, en haut des fameux escaliers gris en-dehors de la fausse maisonnette où se trouvait mon logement. Je me dépêchai à rejoindre l'entrée, shootant sans faire exprès dans une des paires de chaussures que j'avais mal rangée et décrochai le téléphone. Oui, dis-je simplement avant de reconnaître la voix de la demoiselle avec qui j'avais dansé de nombreuses fois après chaque représentation où nous nous rencontrions, j'arrive tout de suite, lui indiquai-je préférant aller la chercher directement en bas, concluant qu'elle devait posséder d'innombrables bagages. Mes pieds se glissèrent dans des chaussures, totalement au hasard, et si j'avais fait attention, j'aurais certainement jugé le choix des godasses mauvais. Faisant mon possible pour descendre les escaliers du premier étage au rez-de-chaussée au plus vite, j'arrivai au niveau du grand battant que je m'empressai d'ouvrir, un sourire sur les lèvres. Mes pupilles se posèrent immédiatement sur Aishwarya, la fameuse danseuse professionnelle que j'avais eu la chance de rencontrer un jour, il y a de ça plusieurs années, mais, subitement, mon regard ne put s'empêcher de s'abaisser sur une jolie créature qui se tenait à ses côtés et qui, étrangement, lui ressemblait beaucoup. Mes sourcils se levèrent d'incompréhensions et aucun mot ne put sortir de ma bouche. Mon regard se reporta sur la principale intéressée, attendant patiemment qu'elle puisse m'expliquer ce que la présence d'une fillette signifiait réellement. Après les présentations faites, mes yeux retombèrent sur le visage de la petite fille et une jolie esquisse s'afficha sur le bas de mon visage, m'abaissant en me retenant sur une partie du mur à ma droite qui maintenait l'encadrement de la porte. Je m'appelle Joshua, me présentai-je posément à la petite demoiselle aux cheveux bouclés et au regard sombre, tu vas venir passer des vacances chez moi, lui indiquai-je en ne laissant pas mon sourire s'effacer, tu aimes les vacances, n'est-ce pas, lui demandai-je posément en prenant une voix douce et délicate. Je me relevai par la suite en adressant une mine de compassion à la jeune femme et me reculai du chemin pour les laisser entrer. J'habite au premier étage, déclarai-je en me jetant sur les maigres affaires qu'elles avaient apporté avec elles, je m'en occupe, t'en fais pas, dis-je à la maman pour la rassurer montant avec elle jusqu'à la porte de mon appartement que j'avais laissé ouverte. J'attendis qu'elles prennent leurs aises pendant que je laissais les valises dans le couloir tout en me déchaussant, les invitant à se diriger dans la pièce de vie.
 (c) Meimei


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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Mar 11 Juil - 16:31


never let down
a friend
joshua & aishwarya

Cela cogne. Une fois. Puis deux. C’est son cœur qui bat, si puissamment qu’on dirait qu’ils sont deux. La préparation est méticuleuse, chirurgicale même. L’adrénaline pulse à ses tempes, si fort qu’elle commence à l’étourdir. Depuis des jours elle prépare cette fuite en avant, à scruter scrupuleusement tous les indices, à répertorier les heures pour être sure. Car elle ne peut échouer dans cette entreprise-là. On peut tomber pour mieux se relever, être piétiné pour ensuite se redresser grâce à une main tendue, mais il est des violences auxquelles on parvient à n’échapper qu’une fois. Il faut saisir sa chance, ne la laisser passer sous aucun prétexte. Elle avait eu peu de temps pour se préparer : quelques jours tout au plus, pour prendre la décision qui bouleverserait sa vie entière dans un sens comme dans l’autre. Si elle se trompait, ce serait la fin. Elle n’aurait plus qu’à goûter à l’amertume délicate du sang qui dans sa bouche, avait coulé plus d’une fois, et ce jusqu’à la fin. Souvent Isaac était allé trop loin, mais cette fois-ci il avait franchi les dernières limites, abattant les ultimes barrières qui l’empêchaient de croire qu’elle pourrait lui échapper enfin. Odieux personnage, putréfié de ses vices, gangréné par ses propres aigreurs, il avait osé lever la main, sur ce petit être qu’elle s’était juré de protéger  envers et contre tout. Une simple bêtise d’enfant, qui s’était soldée par une gifle monumentale qui l’avait précipitée au sol, la terrorisant jusque dans les tréfonds de son être. Il aurait sans doute continué, en répétant quelle « mauvaise graine » elle était, si seulement Aishwarya ne s’était pas interposée. Il avait pris cela comme une entrave à son autorité, comme la remise en question de ce symbole de père qu’il n’incarnait que dans l’injure. « Va te cacher. » lui avait-elle crié, lui ayant appris à se calfeutrer sous son lit dès lors que l’homme haussait le ton et devenait incontrôlable. « Va te cacher ! » avait-elle répété, grondant cette fois-ci avant que son mari ne l’empoigne par les cheveux à l’arrière de la nuque en vociférant dans sa barbe naissante. Une soirée qu’elle n’oublierait pas, car elle avait été la dernière, mais aussi l’une des pires.

Après cela, la fuite lui était apparue comme une évidence. L’homme s’était absenté dès le jour suivant pour un voyage d’affaire qui arrivait à point nommé. Toute sa vie elle se souviendrait de la texture de ses lèvres sur le haut de son épaule, quand, le lendemain matin, lors du petit déjeuner, il s’était penché vers elle pour lui murmurer : « Si tu ne me causais pas tant de soucis … Tout cela ne serait pas nécessaire. C’est pour ton bien que je fais ça. Il faut que tu apprennes où est ta place. Mais en attendant … Soyez bien sages. Je reviens dans cinq jours, Bowes sera là pour veiller sur vous en mon absence. » Sa place. Quelle place ? Tremblant de tout son être, cette nuit-là, elle y avait laissé deux côtes, et plus encore. Car si sur les traits de son visage on ne voyait rien, la peau dissimulée sous ses vêtements, elle, commençait déjà à se teinter de lueurs noirâtres. L’homme était parti, et à peine eut-il franchit le seuil de la porte que le plan se mit en place dans sa tête. Il leur fallait quitter le manoir avant son retour, quoiqu’il arrive, quoiqu’il lui en coûte. Les résolutions s’enchaînèrent alors : trouver quelqu’un ou un endroit où aller ; acheter un nouveau cellulaire qu’il ne pourrait pas tracer ; échapper à la surveillance de Bowes qui la suivait partout dans son sillage ; préparer quelques affaires, juste le nécessaire, pour ne pas éveiller la curiosité ; trouver un moyen de pression contre lequel il ne pourrait pas lutter ; vider son compte personnel, au cas où il déciderait de lui couper les vivres.  C’est dans cette perspective qu’elle avait décidé de tenter de renouer avec Joshua, qu’elle n’avait pas revu depuis des années. Inconnu de son mari et de toute sa clique, il était l’un des seuls chez qui elle pourrait se cacher le temps que les choses se tassent. Ils n’auraient jamais l’idée de remonter jusqu’à lui, de toute façon, ils ignoraient qui il était.

Tout s’était déroulé plus ou moins sans encombre. Grâce à une vigilance accrue, elle avait réussi à enchaîner les processus sans se faire prendre, jusqu’au jour fatidique de son départ. Aishwarya avait envoyé un ultime message à Joshua en début de journée pour le prévenir de son arrivée, et soulagée d’obtenir une réponse rapidement, la seule pensée d’avoir un endroit sur où atterrir lui avait donné les forces nécessaires pour continuer. Le seul détail dont elle avait dû se débarrasser, c’était Bowes. Homme de main de son mari, grand irlandais bâti comme une armoire à glace, son antipathie n’avait d’égal que sa loyauté envers Isaac. Nombre de fois il avait vu son patron lever la main sur elle, jamais en revanche il n’avait amorcé l’ombre d’un geste pour l’en empêcher, bien qu’elle eut cru distinguer un jour une lueur de tristesse, voire de compassion dans ses grands yeux gris. Elle s’était occupée du problème à l’ancienne, comme on dit. Et il s’en était fallu de peu pour que l’homme découvre le pot aux roses, à moins qu’il n’ait consciencieusement rien dit. Le fait est qu’elle avait réussi à lui faire boire un verre de citronnade, dans lequel elle avait placé un puissant somnifère. Quelques minutes plus tard, abandonnant son rôle de « protecteur », il s’était avachi sur le sol, rejoignant abruptement les bras de Morphée quand Aishwarya se précipitait déjà dans sa chambre pour y récupérer son sac d’affaires, ainsi que celles d’Aaliya. Brisant en deux son ancien cellulaire, elle s’était ensuite engouffrée dans le taxi qu’elle avait commandé, passant en vitesse chercher la petite fille avant la fin de l’école, avant de se rendre chez son ami qui lui avait soigneusement communiqué son adresse.

« Tout va bien meree jaanee (ma chérie), tout ira bien maintenant. » répétait-elle en posant doucement ses lèvres sur le sommet de la tête de la petite fille, qui, lovée contre son corps dans la voiture, ne comprenait pas encore bien ce qui se passait. Elle n’avait guère eut le temps de lui expliquer. Essoufflée par l’effort, et surtout par les émotions qui la tiraillaient toute entière, enfin elles purent sortir du véhicule, et sonner. Une main autour de sa jambe, comme désirant se cacher derrière sa silhouette, Aaliya ne parlait pas. Depuis l’intermède d’il y a quelques jours, les mots ne lui venaient presque plus. Aussi lorsque le jeune homme chez qui elles allaient séjourner apparut enfin sur le seuil, elle eut instinctivement un mouvement de recul, tentant de se cacher plus encore en lui jetant malgré tout un regard curieux. Il avait un sourire jovial, de ceux qui rassurent. Il avait l’air gentil aussi. Plus gentil que son « paternel » qui ne ressemblait en rien à un père comme tous les autres. « Excuse-moi de débarquer comme ça, à l’improviste. » avait murmuré la jeune indienne avant de réaliser que dans la précipitation, elle avait oublié de le prévenir qu’elle n’était plus une, mais deux. « Jaanee (chérie), tu peux dire bonjour … Joshua est gentil, tu n’as rien à craindre de lui. » la rassura-t-elle en posant sa main derrière sa tête. La petite de trois ans et demi hésita, le toisant de ses grands yeux sombres. « Oui j’aime bien les vacances … » consentit-elle enfin à répondre d’une petite voix, avant de s’approcher enfin. « Liya. » se présenta-t-elle du bout des lèvres, avant de suivre à l’intérieur. Avant de disparaître derrière la porte, Aishwarya avait jeté un coup d’œil à droite et à gauche, dans la rue, afin de s’assurer que personne ne les avait vues. La paranoïa la tenaillait. « Merci encore … de bien vouloir nous accueillir. » répéta la jeune femme une fois qu’ils furent rentrés dans l’appartement. S’immobilisant dans l’entrée, elle retint Liya par les épaules, lui intimant de retirer ses chaussures avant de s’aventurer un peu plus loin dans l’habitacle. De son côté, elle fit de même en enlevant les siennes, la pressions retombant peu à peu en son corps encore tuméfié, et douloureux. Se massant les côtes, patientant que la porte fut refermée, elle libéra Liya pour la laisser aller regarder le séjour, et prfita des quelques secondes où elle se retrouvait seule avec Joshua pour lui avouer l’évidence : « Je … Je l’ai quitté. Je suis partie. » C’était la première fois qu’elle le disait à voix haute, et surtout devant quelqu’un. Cela aurait dû la soulager, et pourtant, juste après, ce fut comme si tout le sol se dérobait peu à peu sous ses pieds. Elle l’avait quitté, oui, enfin. Elle était partie.

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mais il serait peut-être bon, il serait peut-être temps de se demander si la perfection n'est pas dans l'enfance, si l'adulte n'est pas qu'un enfant qui a déjà commencé à pourrir. @renébarjavel ≈ la nuit des temps › © alaska.  

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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Mar 11 Juil - 21:15


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Aishwarya & Josh'
   

Une fois tous trois entrés dans l'appartement, je déposai les affaires de mes deux nouvelles colocataires au coin d'un des meubles qui se trouvait près de la porte d'entrée et poussai mes chaussures de ma prothèse pour les ranger de manière alignée près des autres paires. Grâce à l'avancée des nouvelles technologies, ma jambe articulée, celle que je portais à la place de mon membre gauche inexistant, ressemblait à toute autre jambe, hormis la matière qui, forcément, était tout sauf faite de chair. Je possédais donc une mi-cuisse, un genou articulé, un mollet, une cheville dont j'avais partiellement la possibilité de la mouver et un pied, de la même taille que celui de droit. Affublé principalement de jeans ou de vêtements de sport pour les sorties sportives, rien ne laissait paraître le triste accident que j'avais subi il y a cinq ans de cela. Arrête de me remercier, songeai-je à demander à Aishwarya qui ne cessait de s'excuser indirectement, ce n'est pas comme si tu m'étais inconnue, déclarai-je, tournant mon portrait vers le sien afin de lui offrir une esquisse amicale. Je n'avais pas l'habitude d'héberger mes amis, ni de les faire entrer dans mon appartement puisque ma profession actuelle ne leur permettrait pas de comprendre comment je pouvais m'offrir un tel luxe mais la jeune femme qui se tenait non loin de moi était différente. En quoi ? Et bien, premièrement nous avions exercé le même métier, ce qui lui permettait d'avoir des indices quant aux financements divers et variés des représentations, des participations aux clips de célébrités, des spectacles, des tournages de films en danseurs du deuxième ou troisième plan et des concours internationaux. Deuxièmement, j'avais eu un feeling avec elle. Quand bien même ce dernier n'avait été qu'amical, le mariage de nos connaissances artistiques s'apparentaient parfaitement, s'alliaient magnifiquement, ce qui avait, d'ailleurs, eu tendance à en faire jalouser ma principale partenaire qui ne cessait de faire la moue lors des soirées que nous passions entre danseurs. Et puis, sans que je ne puisse m'y attendre, sa voix se mit à trembler, ce qui fit que mon corps se redressa, sachant que je devais m'attendre à une annonce importante. Je ne la connaissais pas beaucoup d'une relation privée, parce qu'il n'y en avait jamais eu, mais il y avait des gestes, des mimiques et des intonations qui ne trompaient pas. J'avais bien analysé le coup. Lorsqu'elle réussit à s'exprimer, sa fillette s'étant aventurée dans la pièce d'à côté pour découvrir l'endroit où elle allait séjourner, ma mâchoire se serra et mon regard ne put que la fixer longuement. Je l'ai quitté. Pour d'autres, ces mots pouvaient signifier tout et n'importe quoi, mais pour moi, qui avais déjà eu une terrifiante suspicion quant à son bonheur auprès de cet homme qui se voulait être son époux, cela représentait énormément. Du tout au tout, tous les souvenirs de ces fois où je l'avais vu fatiguée, mal en point, nauséeuse ou blessée revinrent comme un boomerang en plein milieu de la figure, incapable de s'arrêter à nous heurter. Encore. Encore. Encore. Et encore. Difficilement, ma gorge, qui s'était rétractée, força afin que je puisse avaler ma salive et un soupir s'échappa de mes narines alors que mes yeux s'abaissèrent vers le sol, sans réel point d'appui à scruter. C'est mieux comme ça, pus-je uniquement dire en reprenant un grand bol d'air, gonflant ainsi mon torse largement pour me déplacer jusqu'à elle, et ainsi poser délicatement une main compatissante sur l'une de ses épaules. Je vais faire un peu de thé, proposai-je à Aishwarya en souriant que très légèrement.

Détournant le corps de la jeune femme, l'invitant à me suivre dans la cuisine, là où elle pouvait, de toute façon, garder un oeil sur sa fille adorée, je vins chercher la théière en terre cuite, apportée directement de la Terre de mes origines, dans l'un des placards de la cuisine équipée et la sortis de sa cachette pour la placer sur le plan de travail, profitant que les petits sachets et les différentes saveurs soient juste à côté pour les attraper également. Ta fille est mignonne comme tout, déclarai-je en tournant, rien qu'une seconde, mon faciès vers elle, lui confirmant ce compliment en relevant les coins de mes lèvres tendrement. Elle te ressemble beaucoup, ajoutai-je avant de commencer la préparation des mélanges, seule chose que je savais réellement faire dans ce genre de pièce, de toute façon. Le thé. Le café. Oui. Les plats. Les desserts. Non. Je n'étais pas doué pour édifier un repas, ça avait toujours mené à la catastrophe. Même moi, je n'avais pu en manger plus d'une cuillère. Grâce au ciel, il existait des restaurants qui livraient, des plats préparés que l'on pouvait acheter dans les grandes surfaces ou les petites supérettes et puis les traiteurs. Que j'aimais les traiteurs ! Elle a le droit de jouer à MarioKart, demandai-je à la maman, préférant avoir son approbation avant de la mettre sur un jeu tel que celui-ci. En effet, je n'avais pas réellement prévu de me retrouver en compagnie d'une enfant et j'avais présumé pouvoir parler avec Aishwarya, yeux dans les yeux, entre adultes, si bien que je n'avais trouvé que ce moyen peu éducatif pour éloigner la gamine qui n'avait pas à subir les soucis des grandes personnes, histoire que je puisse comprendre et, également, réconforter mon amie sans que la petite demoiselle ne prenne part à ça. Je fais chauffer l'eau et je vais lui montrer, indiquai-je à la plus vieille, de quelques mois, me dépêchant de manier la coutume du thé à la chinoise très rapidement avant de m'éloigner du plan de travail pour rejoindre la petite poupée qui contemplait quelques décorations sans aucune valeur. Hey, m'exclamai-je en arborant un sourire digne des plus grands charmeurs. Tu veux que je te montre un jeu super cool, interrogeai-je la demoiselle qui porta un regard vers sa mère afin d'en avoir l'approbation. Qu'elle était bien éduquée ! Assieds-toi sur le canapé, lui demandai-je en m'avançant vers la grosse boite que j'allumai de la pulpe de mon index, n'oubliant pas d'apporter la manette de jeu à la petite. Je reculai alors jusqu'à pouvoir m'asseoir à ses côtés et attendis le chargement avant d'en faire les manipulations nécessaires, notamment au niveau du level, lui installant en mode novice. Regarde, c'est super simple, commençai-je, le tout, c'est d'essayer de finir premier à chaque parcours. Tu as une jolie voiture de princesse avec un cerf volant en forme de couronne. Vu que tu es une belle demoiselle, je suis sûr que tu ne peux que gagner, affirmai-je, hochant la tête afin de confirmer mes dires encore plus. Tu appuies juste derrière pour accélérer, de l'autre côté pour ralentir et tu bouges le joystick pour bouger. Je compte sur toi pour ne pas avoir d'accidents, plaisantai-je en lui cédant la manette.

Une fois coachée, je me permis de la regarder un instant, rien que le premier tour et, malgré quelques erreurs de parcours, elle se débrouillait comme une chef. Après tout, ils étaient nés dans cette génération où toutes les technologies n'avaient plus de secrets pour eux. Parfait, dis-je en applaudissant pour la féliciter, je crois que j'ai trouvé une personne pour me succéder sur le podium, taquinai-je sur le coup en laissant un rire s'échapper d'entre mes lippes. Je te laisse continuer, je vais aller parler avec ta maman. Nous sommes juste derrière si tu as besoin, d'accord, questionnai-je Liya en lui adressant un clin d'oeil complice avant de me glisser hors du canapé, rejoignant ainsi sa maternelle avec un sourire des plus larges. Elle est excellente, fis-je en secouant la tête, charmé par autant de mignonneries, tout en me déplaçant vers l'eau qui avait atteint la température adéquate. Versant le liquide dans deux tasse, portant les deux sachets préparés par mes soins dans chacune d'elles, j'apportais ces dernières sur le îlot central où mon amie avait déjà pris place et m'installai sur la chaise juste à côté d'elle, de façon à ne garder discrète notre conversation. Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu décides de le quitter, commençai-je du tout au tout après un silence lourd et pesant. Tu me semblais épanouie et resplendissante dans ta vie de couple, tu me disais que tout se passait à merveille entre vous et que tu ne changerais pour rien au monde, avouai-je, parlant d'une voix basse. Combien de fois elle avait reçu des compliments et s'était empêchée d'y répondre alors que les jeunes hommes n'y avaient pas mis tant d'importance. Combien de fois je la voyais baisser les yeux à chaque fois qu'elle croisait le regard d'un inconnu, comme si elle se sentait coupable d'une trahison envers l'homme avec qui elle vivait. Combien de fois, après nos soirées, elle semblait changer de visage, si bien qu'elle ne me paraissait plus la même comme ayant peur d'être découverte heureuse avec d'autres par son mari. Combien de fois je n'eus réponse à mes messages couverts de sympathies... Il t'a fait du mal, interrogeai-je la concernée d'un air grave et sérieux, la regardant comme si une seule réponse suffisait à me faire perdre mes moyens. Un seul oui, et, bien que j'étais probablement l'homme le plus pacifiste de tout le continent, une envie de meurtre pourrait me déraciner de toute cette culture bouddhiste, zenifiante, à laquelle j'étais rattaché. Pourquoi ? Parce que l'on ne pouvait se permettre de toucher une femme et de s'en accaparer comme si elle était notre propriété. Jamais...

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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Sam 15 Juil - 17:13


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Elle n’était pas une inconnue, non. Mais depuis des mois maintenant elle n’avait donné aucune nouvelle. Lui non plus. Qu’était-il advenu de lui tout le temps où la vie les avait séparés ? Comment cela s’était-il passé pour lui, quand, prisonnière dans sa tour d’ivoire brutale, elle avait été coupée du monde qui l’entourait ? Son sourire apaisa ses craintes pourtant. Il avait toujours eu cette expression foncièrement bienveillante qui vous donne envie de croire que tout ira mieux, et que le pire est derrière vous à présent. Etait-ce le cas aujourd’hui ? Ou sa fuite en avant serait-elle le déclencheurs de maux plus terribles encore que ceux qu’elle venait de quitter ? Observant sa silhouette qui s’éloignait dans l’appartement, elle ne lui avait répondu que par un sourire contrit, et reconnaissant. Il y eut ensuite un temps d’arrêt durant lequel Aishwarya n’osait bouger, ou prendre ses aises dans cet appartement qui n’était pas le sien. Elle ne s’était pas sentie chez elle dans un endroit depuis des années, et aujourd’hui, si accueillant soit l’endroit, ne faisait pas exception à la règle. Mais l’endroit avait tout pour être confortable : cosy, bien agencé, soigneusement décoré et avec goût, il y avait de l’espace, une belle exposition et des meubles de qualité. Elle ne pouvait que valider son choix de cet appartement, qui en plus de cela, était situé dans un quartier de qualité. Une question lui brûlait les lèvres plus que toutes les autres à son sujet : dansait-il toujours ? D’y penser, elle s’était mise à détailler avec discrétion sa silhouette qui se mouvait ici et là dans l’appartement. Toujours gracile, bien que sa démarche dénotait un très léger déséquilibre sur l’une des jambes. Presque invisible à l’œil nu, mais une évidence pour quelqu’un habitué à regarder le corps humain se tordre, s’incurver et se distendre au gré de mouvements éminemment calculés. S’était-il blessé lui aussi ? Le genou, pour un danseur professionnel, cela  pardonnait rarement. C’était le talon d’Achille en quelque sorte. Mais elle était loin de se douter de l’accident qu’il avait vécu, et des conséquences que cela avait eu sur son harmonie physique. Les questions viendraient bien assez tôt sans doutes, car pour l’heure, ils en étaient aux retrouvailles, et surtout : aux explications.

L’aveu prononcé enfin à voix haute, il lui fallut un certain temps avant de réaliser ce qu’il signifiait, et tout ce que cela allait impliquer pour elle et sa fille. Ses lèvres tremblèrent légèrement, un nœud au fond de sa gorge se serra peu à peu. C’est mieux comme ça, venait-il de lui répondre. Comme s’il s’agissait d’une évidence, d’une chose qu’elle aurait dû savoir depuis longtemps.  Comment admettre que toutes ces années, elle avait eu peur ? Une peur nichée, ancrée tout au fond de ses entrailles, si puissante qu’elle lui interdisait de faire face à la violence d’un homme qui la terrifiait ? Il avait fallu qu’il lève la main sur Liya. Qu’il menace la seule chose qui avait encore de la valeur à ses yeux. Cela avait été cela, l’élément déclencheur. Sans lui, sans doutes n’aurait-elle jamais eut la force de le quitter, d’entreprendre ce périple vers l’inconnu duquel elle ne savait pas comment elle ressortirait. Hochant la tête de bas en haut, tous les mots encore bloqués au fond de sa gorge, elle trouvait l’idée d’un thé merveilleuse. De quoi calmer ses nerfs.

« Mer … Merci. » put-elle seulement articuler, à ce compliment qui lui fit chaud au cœur. Oui, Aaliya lui ressemblait beaucoup. Trait pour trait en vérité. Elle avait seulement hérité des cheveux bouclés de son père. Père qui n’était pas exactement celui qu’elle pensait en réalité. Cela aussi, il lui faudrait lui dire. Assumer les conséquences de ses actes. Les revendiquer pour les sauver toutes les deux, car c’était là la seule échappatoire envisageable désormais. « Oui, oui, bien sûr. » Et la petite fille en fut ravie. Chez elle, elle n’avait jamais eu le droit de jouer à des jeux vidéo, son « père » trouvant cette activité réservée aux « gamins sans cervelles » et aux « parents laxistes qui ne savent que faire de leur progéniture ». Aussi, s’installant confortablement sur le canapé, silencieuse au début, elle détaillé intriguée la manette de jeu, attentive alors qu’il lui expliquait comment cela fonctionnait. « Ça existe les voitures comme ça ? » lui avait-elle-même demandé, référence à cet avatar virtuel qu’elle adorait déjà. Du rose. De la fantaisie. Du cerf-volant, elle ne pouvait pas mieux rêver. Et en plus les petits personnages balançaient des carapaces de tortues, des bananes, il y avait des arcs-en-ciel, et des bruitages rigolos, elle était aux anges à présent. « Pas d’accident, d’accord. Je peux foncer dans l’arc-en-ciel là ? » Plus loquace que de prime abord, il lui fallut peu de temps pour comprendre le concept du jeu, et commencer à devenir plus aventureuse, un rire cristallin s’échappant parfois de ses lèvres quand son personnage se retrouvait sonné par un autre adversaire plus coriace.

Entre temps, Aishwarya s’était assise sur l’un des tabourets de la cuisine. Ses muscles étaient tendus à l’extrême, si raidis par l’anxiété qu’elle se sentait parfois secouée de tremblements irrépressibles. Il y avait ses côtes aussi, qui la faisaient toujours souffrir. Elle n’avait pas osé se rendre chez le médecin pour qu’il examine l’ampleur des dégâts. Une fêlure probablement, rien de dramatique. Mais il lui semblait dans la précipitation avoir oublié le baume qu’elle étalait sur ses hématomes pour en soulager les douleurs. Prévisibles, et légitimes à la fois, les questions tombèrent alors de la part de son ami. Hésitante au début, elle savait pourtant lui devoir des réponses. Il avait la gentillesse de l’accueillir chez lui, d’être là pour elle alors que rien ne le forçait à le faire, elle lui devait au moins cela : la vérité. « Il est allé trop loin … Cette fois-ci. » murmura-t-elle d’abord, presque honteuse. Son regard se posa sur la tasse fumante de thé qu’il venait de lui servir, et il lui fallut un moment avant d’oser affronter enfin son regard. « Je sais … Que tu te doutes de quoi il s’agit. » Pour la violence. Pour les coups portés. Il les avait devinés autrefois, quand ils dansaient parfois ensemble. Et même s’il n’avait pas forcément mis l’explication de la violence conjugale sur ces derniers, il devait s’être douté alors, de cette évidence que l’on a parfois du mal à accepter, ou même tolérer. A moins qu’il ait réellement cru à ces sourires  falsifiés qu’elle distribuait alors, à ces élans de caractères feins, joués, qui ne représentaient en rien ce qu’elle était à l’intérieur, à savoir : une femme brisée. « Tu n’imagines même pas à quel point il est parfois plus facile de feindre que tout va bien, plutôt que d’avouer dans quel enfer tu vis au quotidien. » avoua-t-elle, du bout des lèvres, le bout de ses doigts tremblants traçant délicatement le contour du bord de sa tasse brûlante. Elle s’arrêta enfin, ses lèvres se pinçant de nervosité. Si seulement il savait, si seulement il pouvait envisager, le nombre de fois où elle avait cru que ce jour serait le dernier. Rien que d’y penser des nausées montaient au creux de son ventre. « Moi ce n’est rien. Mais … Il … Il a voulu s’en prendre à elle. » admit-elle enfin, horrifiée, ses doigts se posant sur ses lèvres pour étouffer un hoquet. « Il l’a frappée … Si fort … Je ne pouvais pas le laisser faire. Il aurait continué … » Et d’un seul coup, comme une vague irrépressible, des larmes se mirent à couler sur ses joues. Sa paume rejoint son front, dissimulant son visage. Dans des hoquets discrets, afin que liya ne distingue rien, elle bredouilla encore : « Il aurait continué … Encore et encore … Moi je pouvais le supporter. Mais elle … Elle est si fragile. C’était … c’était mon devoir de la préserver … Et j’ai échoué. » Ce n’était pas totalement vrai. Au moins était-elle parvenue à prendre son courage à deux mains, à gifler ses terreurs pour partir enfin. Mais à quel prix ? Liya avait déjà vu et entendu trop de choses. Des choses que son esprit d’enfant refoulerait pour mieux l’assaillir en temps voulu. Des choses gravées au fond de son être, et contre lesquelles elle ne pourrait plus rien. « J’ai échoué Joshua. » Une respiration sifflante lui échappa, elle ne pleurait plus, mais son visage, décomposé, semblait maladif tout à coup. Et ses côtes encore, qui la faisaient souffrir. L’adrénaline lui avait fait oublier la douleur, mais à présent qu’elle redescendait en son corps, cela lui semblait pire encore. Ou était-ce son cœur, qui, trop lourd dans sa poitrine, pesait au point d’en devenir douloureux.


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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Sam 15 Juil - 23:03


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Aishwarya & Josh'
   

Feindre que tout va bien. A ces mots, je ne pus que baisser lentement mes pupilles sombres et minérales, aux couleurs souvent référées comme étant celles des ténèbres, noirceur représentant le mal, quand bien même mon regard n'avait jamais eu l'audace de s'exprimer aussi méchamment que l'océan macabre dans lequel mes yeux avaient été noyés. Feindre que tout va bien. Cette phrase fût répétée de nombreuses fois par une voix silencieuse à l'intérieur de mon crâne, car j'avais déjà connu une part de ce fardeau plusieurs dizaines d'années auparavant, alors que je n'étais âgé que de quatre ans. Enlevé à mes parents consentants pour suivre une institution d'élites en Chine, éloignés de mes géniteurs 355 jours par an pendant près de huit ans, j'avais longuement refoulé mes sentiments, ceux-ci m'indiquant clairement que je ne me plaisais pas dans cette enceinte bien trop gardée où le travail, la force et le courage étaient dûment demandés, auquel cas les punitions macabres étaient les résultantes de nos actes manqués. Ces appréhensions que je ressentais à chaque fois que je me devais de leur dire au-revoir une fois de plus, après dix jours de vacances passés auprès d'eux, devaient être refoulées, auquel cas la fierté de la famille serait remise en cause pour l'éternité. Feindre que tout va bien. Je connaissais ce fardeau. Certainement pas pour les mêmes raisons, mais elles étaient toutes aussi destructrices. Plongé dans mes pensées, me remémorant des souvenirs bien enfouis dans cette case "passé" que je n'avais pas ouverte depuis longtemps, c'est la voix de la jeune femme qui me réveilla. Et encore plus les mots qu'elle prononça. Alors qu'elle évoqua indirectement avoir subi beaucoup de supplices prodigués par son propre mari, l'homme auquel elle aurait dû pouvoir donner sa confiance infinie, elle finit par avouer ce qui s'était abattu sur son enfant. Ma tête se releva aussitôt et mes yeux ne purent que la fixa froidement. Ce regard ne lui fut pas dédié, mais je n'avais su réagir autrement face à la surprise qui m'envahit soudainement. Elle continua, difficilement, ses aveux et mes pupilles ne purent que glisser discrètement jusqu'à l'endroit où la gamine était installée, entendant alors ses rires qui controversaient clairement avec ce que sa mère venait de me confesser. Son propre père s'en était pris à elle, et je me demandais alors comment une chose pouvait arriver. Comment pouvait-on réellement lever la main sur une fillette ? Mes yeux se plissèrent d'effrois et de tristesse aussi, parce que je ne pouvais concevoir un acte aussi barbare. On avait le droit d'être en colère et d'élever parfois la voix par épuisement, mais...

Je ne pus continuer la réflexion que j'avais débuté, parce que la douce maman sombra silencieusement, laissant s'exprimer des maux qu'elle n'avait probablement jamais pu confier à une personne autre qu'à elle même. Le poids de ceux-ci était si lourd que je me demandais comment elle avait tenu aussi longtemps. Face à ces perles d'eau salées qui coulaient graduellement sur son visage, j'ouvris très légèrement mes lèvres, attristé par sa propre souffrance et portai une main sur le siège pour l'approcher d'elle discrètement, tentant de ne pas alerter la petite par le son que pourrait faire les pattes du tabouret où j'avais pris place. Mon coude gauche se posa sur l'îlot central autour duquel nous étions installés et mon pouce vint naturellement cueillir quelques larmes. Face à cette confession qu'elle se persuada de détailler encore un peu, je ne pus qu'hocher brièvement la tête par compassion et compréhension, continuant ce geste de mon doigt afin d'effacer toute trace sur son visage aux traits indiens. Je ne pouvais rien faire de plus que de lui faire comprendre que j'étais présent, que j'étais là et que je ne comptais pas la laisser tomber. Peut-être le faisais-je timidement, à ma façon, peut-être aurais-je du la prendre dans mes bras et l'enlacer aussi fort que je l'aurais pu, mais je ne me voyais pas risquer d'intimer notre relation dans un moment aussi désastreux que celui qu'elle vivait à cet instant. Je ne connaissais pas les détails des violences qu'elle avait encouru pour me permettre de possiblement lui faire peur par une étreinte amicale.

Ma phalange se stoppa malgré tout face au mépris qu'elle se fit d'elle-même. M'arrêtant sur sa peau beaucoup halée que la mienne, ma main glissa dans le vide pour rejoindre la table et mes sourcils se froncèrent comme jamais ils ne l'avaient fait auparavant devant elle. On ne pouvait pas appeler ça de la colère, j'étais juste chagriné de l'entendre dire une chose pareille en son égard. Tu n'as pas le droit de dire ça, tonnai-je sans hurler, utilisant simplement une voix des plus graves qui soit, renforçant mon action qui marqua des rides tout en haut de mon nez. Tu as fait ce qu'il fallait, fis-je en fixant furieusement le visage de la jeune maman, tu ne pouvais rien faire d'autre que d'attendre le moment propice pour toi, affirmai-je en essayant du mieux que je le pouvais de lui enlever cette pensée de la tête. Tu t'en es rendue compte avant qu'il ne soit trop tard, c'est le principal, déclarai-je, grâce à toi, vous êtes toutes les deux saines et sauves, appuyai-je en reprenant un air sérieux, défronçant chaque trait de mon portrait peu à peu, ta fille est en vie Aishwarya, concédai-je à lui rappeler en levant, cette fois-ci, mes sourcils assez haut pour lui faire comprendre que c'était ce qui importait vraiment, et tu es là aussi, fis-je après un court silence parce qu'effectivement, elles auraient pu toutes les deux sombrer sous les coups assassins de cet homme qui, apparemment, n'en avait que faire de cette illégale violence qu'il faisait subir à la femme de sa vie. Vaut mieux tard que jamais, conclus-je en ne pouvant déporter mon regard de son faciès, incapable de la lâcher du regard, probablement parce que je me sentais loin d'être capable de la laisser tomber dans une situation aussi délicate, si bien que je cherchais, toujours, le côté positif des choses. Bien que ça semblait pratiquement impossible, je dis, tu as certainement perdu beaucoup de choses matérielles en partant de chez toi et un aspect financier loin d'être discutable, commençai-je, mais dis-toi que tu as gagné la liberté, un avenir serein pour ta fille loin des disputes et de la violence... et tu peux être certaine d'avoir retrouvé un ami qui sera toujours là pour t'épauler, affirmai-je en acquiesçant de la tête chaleureusement, laissant, enfin, une esquisse prendre place sur mes lippes colorées de roses aux contours bordeaux, je ne pense pas que tu sois réellement perdante, signalai-je en haussant les épaules, un air interrogateur prenant place sur mon visage.

Ma main vint chercher la tasse où le breuvage semblait avoir cessé de prendre le parfum des plantes minutieusement choisies pour défaire tout stress et toute anxiété. Ma main souleva rapidement le contenant et je portai le bord de celui-ci jusqu'à mes lèvres, me délectant du thé et de ses saveurs en fermant à moitié les paupières, les rouvrant après avoir bu quelques gorgées. Reposant l'objet à sa place, portant mon regard sur l'une des gouttes qui avait échappé de mes lippes et qui tentait de fuir, je ne pus ré-freiner ce qui me venait à l'esprit. Je suis probablement l'un des responsables, déclarai-je d'une voix basse avant de relever les yeux sur la personne de mon amie, tout ceux qui t'ont côtoyé et ont fermé les yeux sont responsables de l'aggravation de ta situation, détaillai-je avant de tenter de m'expliquer. J'ai toujours eu des doutes, depuis la première blessure qui a marqué ton visage, finis-je par dire d'un air dépité et coupable, j'ai fait l'erreur de ne pas avoir insisté lorsque tu me balançais des raisons aussi absurdes les unes que les autres, continuai-je avant de soupirer, me dépêchant de déporter mon regard vers l'un des coins de la cuisine. Je n'aurais pas du prendre peur de perdre notre amitié, avouai-je à l'instant, lui faisant alors comprendre que si je n'avais pas tenté de prêcher le faux pour savoir le vrai, c'était uniquement, et seulement, parce que j'avais eu peur qu'elle me prenne pour un homme assoiffé de curiosité, bien trop prétentieux de se croire permis d'entrer dans l'intimité des gens et qu'elle abandonne notre relation amicale par la suite parce que... Mine de rien, bien que nous ayons passé que des soirées d'après-représentations ensemble, je m'étais attaché à cette habitude que nous avions de danser sur la piste, je m'étais attaché à ces sourires échangés, ces vagues conversations... Je m'étais attaché à elle d'une profonde et sincère sympathie, finalement. Et je m'en excuse, terminai-je en rencontrant ses pupilles des miennes avant de joindre discrètement mes paumes, plaçant ces mains jointes contre mon nez et ma bouche dans un signe de profond respect et penchai ma tête vers l'avant, assez pour que l'arrière de mon cou soit visible, signe de mes coutumes qui symbolisait le fait que je me remettais à elle par compréhension de mes erreurs et que j'étais prêt à tout pour qu'elle puisse me pardonner.
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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Dim 16 Juil - 13:04


never let down
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Le regard dont il la tança, sur le coup, la glaça d’effroi. Et pendant un instant, juste un, il lui sembla que tous ses nerfs se cristallisaient sous sa chair, que le sang chaud s’était figé, cessant de pulser dans ses veines. Horrifiée de dire tout haut ce qu’elle avait jusqu’alors dissimulé tout bas, la honte s’empara de son être, sclérosant toutes les parcelles fragiles de dignité qu’il pouvait lui rester vis-à-vis d’elle-même. Elle avait laissé cela arriver. Elle avait laissé Isaac la gifler au point de la faire tomber, au point de la terrifier. Elle l’avait laissé croire que cet odieux personnage était la figure paternelle à laquelle elle devrait se raccrocher, alors même qu’il n’avait jamais posé sur elle autre chose que des regards suspicieux et dédaigneux. Comme s’il avait toujours su, au fond, qu’elle n’était pas de lui. Et plus elle grandissait, plus Aishwarya avait senti l’étau se resserrer autour de sa gorge. Une partie d’elle se réjouissait qu’elle n’ait hérité d’aucun de ses gênes. Au moins aurait-elle une chance, peut-être, d’évoluer sans porter en elle le souvenir ou les instincts d’une violence inexplicable. Car Aishwarya avait eu beau chercher, tenter de comprendre : elle n’avait jamais réussi à deviner les fondements de cette essence malsaine que son mari avait toujours portée en lui. Certains penseraient sans doute qu’il s’agissait des conséquences d’un traumatisme particulier. Qu’il n’était pas né foncièrement mauvais, mais que la vie et les expériences avaient fait de lui ce qu’il était devenu. Il devait y avait dans cette théorie un peu bancale un fond de vérité. Mais elle avait eu beau tenter de le questionner durant le peu d’instants de tendresse qu’ils avaient partagés, jamais il ne s’était ouvert à elle. Jamais il ne s’était montré autrement que viscéralement dédaigneux envers la gent féminine, comme s’il vouait à leur égard une forme de haine. Le fait que sa première épouse soit décédée dans des circonstances mystérieuses aurait sûrement dû lui mettre la puce à l’oreille. Mais il semblait si charmant à cette époque-là, façade dont il savait se parer à la perfection et qui parvenait à duper même les meilleurs. Encore naïve qu’elle était alors, gorgée de cette vie qui la rendait plus lumineuse qu’une autre, elle s’était jetée à corps perdu dans le piège sans se douter de l’horreur et des tortures qui l’attendraient une fois qu’elle y serait emprisonnée.

Face au geste qu’il amorça dans sa direction, main tendue vers une souffrance indicible, ses instincts s’affolèrent. Les membres raidis à l’extrême depuis des jours, contractés par des douleurs à la fois physiques et morales qu’il était difficile d’appréhender vu de l’extérieur, elle avait l’impression de n’être plus que réactions abruptes et à fleur de peau. Raison pour laquelle, lorsque son pouce effleura l’humidité de sa joue, elle eut sur le coup un léger hoquet de surprise. Comme un animal blessé, et acculé, qu’une main bienveillante cherche à apprivoiser, sa peau se tendit plus encore, et ses mains, apposées sur l’ilot, se crispèrent sur la surface plane. Elle n’avait pas reculé pourtant, un soupire sous-tendu traversant sa cage thoracique jusqu’à rendre sa respiration légèrement sifflante. Les épaules de la jeune indienne s’affaissèrent légèrement. Ses paupières suivirent le mouvement. Elle avait oublié la saveur délicate d’une main tendue, et plus encore la tiédeur réconfortante d’un ami qui vous rassure, et vous apaise. Elle avait oublié tout cela, oui. Elle avait oublié les codes qui régissent les comportements dits « normaux » entre les êtres humains.

A ses mots ses paupières se rouvrirent, et deux grandes prunelles couleur ébène le regardèrent avec attention. Elle aurait aimé le croire, pouvoir se débarrasser d’un revers de main de toute cette culpabilité latente qui lui retournait les entrailles. Mais elle en était pour l’heure incapable. Il était trop tôt pour cela. « Je le savais … Je l’ai su … Presque depuis le début … » bredouilla-t-elle, traversée par un nouveau hoquet d’horreur face à cette réalité évoquée sans fard. Oui elle le savait, bien avant que Liya ne naisse, bien avant que les horreurs atteignent leur paroxysme. La route vers l’enfer s’était amorcée quelques semaines seulement après leur mariage. Il était trop tard alors. Accablée par le poids des traditions et des responsabilités, elle s’était enlisée dans cette union malsaine qui lui avait pourtant apporté, pendant un temps, une notoriété sans égale dans un milieu de privilégiés. Jeune alors, elle avait cru que la violence, et la présence d’un homme capricieux, colérique et insensible à ses côtés, était le prix à payer pour de tels privilèges. Pour pouvoir danser sur les plus grandes scènes d’Europe. Pour s’adonner à cette passion qui à elle seule, parvenait à l’emplir de suffisamment de joie pour qu’elle ne sombra pas toute entière. Mais il avait fallu qu’il lui retire cela aussi. Qu’il mette un terme à ce qui maintenait son âme en vie. Tout était de sa faute. Elle aurait dû refuser dès le départ, quitte à abandonner ses rêves de petite fille au passage. Elle aurait dû défier son père. Rompre avec toutes les traditions qui l’avaient enchaînée dans un mariage sans amour. Elle aurait dû … Elle aurait dû … Elle aurait dû … Que de regrets et de remords qui s’accumulaient en son sein, et commençaient à l’étouffer peu à peu. Que de remords qui l’empêchaient de le croire tout à fait, lorsqu’il lui murmurait qu’elle avait fait ce qu’il fallait, et qu’il valait mieux trop tard que jamais. Elle ne le croyait pas, jusqu’à ce constat qu’il fit, et qui la figea toute entière : Ta fille est en vie, Aishwarya. Ça, juste cela. Et alors qu’il lui faisait réaliser l’évidence que ses émotions lui masquaient jusqu’alors, son regard se biaisa jusqu’à rencontrer la silhouette de la petite fille, qui riait en se concentrant sur son jeu. Aishwarya ne pleurait plus, toutes les larmes sur ses joues asséchées par l’inéluctable vérité qui venait de la traverser toute entière. Sans détourner les yeux de ce spectacle candide, son expression se figea, incarnation d’une beauté froide qui ne la quitterait plus vraiment après cela. « S’il avait levé sa main sur elle, encore une fois … Je l’aurais tué. » Avec lenteur, ses prunelles assombries par la haine dérivèrent jusqu’à rencontrer celles de son ami. Qu’il comprenne, enfin, que ce n’était pas tant par crainte de son mari qu’elle avait décidé de fuir, mais aussi par peur des instincts qu’il avait su faire naître en elle. S’il s’en était pris à Liya une fois de plus, si la violence avait atteint le point de toucher l’innocence enfantine, elle l’aurait tué. Sauvagement, brutalement. Elle l’aurait tué de toutes les façons possibles, et imaginables, quitte à plonger corps et âme dans le sordide, afin qu’il ne puisse jamais les atteindre. Si elle n’était pas partie aujourd’hui, c’est sans aucun doute le drame qui aurait fini par se profiler à l’horizon. Et il n’y aurait pas eu de retour possible alors. Non, il n’y aurait plus rien eu, à part du noir, et quatre murs épais entre lesquels se repentir.

« Nous serons libres uniquement si je parviens à obtenir le divorce. » Sans le consentement de cette séparation, autant dire qu’elle n’aurait plus qu’à passer sa vie à fuir. Car influent qu’il était, il avait des appuis partout. Elle était d’ailleurs à peu près sure que la plupart des avocats new yorkais un tantinet réputés étaient corrompus jusqu’à l’os par des portes monnaies comme celui d’Isaac. « Il ne sait même pas encore … Que je suis partie. Il était en voyage d’affaire à l’étranger … Il devait rentrer ce soir … » Tout était une question de temps à présent, avant que Bowes ne se réveille, n’alerte son patron, que ce dernier se déchaîne de colère et n’envoie des sbires à leur recherche. Il lui faudrait faire vite. Dès le lendemain, elle devrait avoir trouvé un avocat afin d’obtenir une protection. Il lui fallait dissimuler aussi tous les documents qu’elle avait emportés avec elle en partant, et qui lui serviraient de moyen de pression pour obtenir de lui le divorce. Pour ce soir, elle ne pouvait rien, à part tenter de se reposer et retrouver ses esprits. Mais dès le lendemain, tout se précipiterait.

« Ne dis pas de bêtises … » avait murmuré Aishwarya, posant de grands yeux éberlués sur les traits sibyllins de son ami. Elle ne comprenait pas, cette culpabilité qui le tenait tout d’un coup. Comme s’il avait réellement pu faire quelque chose à l‘époque, alors qu’elle-même n’y aurait sans doutes pas consenti. Pourtant sa réaction la toucha, au plus haut point. Le cœur au bord des lèvres, des larmes menaçant encore au bord de ses paupières, ce geste qu’il eut à son égard, inattendu, marqué d’un profond respect, eut raison de ses dernières barrières. Ses traits se décomposant, elle attendit qu’il ait redressé la tête pour prudemment, poser ses paumes glacées sur le dessus de ses mains tièdes. « Tu n’y es pour rien … Jamais. » lui confia-t-elle avec la plus grande des sincérités, le fait qu’il la croit sur parole devenant primordial à ses yeux. « Tu es là aujourd’hui, c’est tout ce qui compte. » Ses pouces tracèrent avec délicatesse un arc-de-cercle sur ses mains tendues, maintenues entre les siennes comme le seul lien qu’il restait à présent entre elle, et une réalité moins rude. « Tu es là, et je ne te remercierais jamais assez pour cela. » termina-t-elle enfin, lui adressant pour la première fois depuis son arrivée un sourire timide, mais d’une sincérité absolue.



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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Dim 16 Juil - 21:06


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Aishwarya & Josh'
   

Ma tête se redressa naturellement après quelques dizaines de secondes, mais mon regard ne put se permettre de croiser à nouveau celui de la jeune femme, par culpabilité, par honte certainement, aussi. Mes lèvres s'étaient entrouvertes pour laisser passer un soupir désespéré, haïssant particulièrement ce moi inconscient d'autrefois, celui qui n'avait pas réussi à plonger son nez dans les affaires privées de la demoiselle. Soudain, des mains fraîches, presque glacées touchèrent le dos des siennes, et ce fut ce geste qui m'autorisa à relever ces pupilles beaucoup trop foncées pour un homme aussi gentil et patient que moi, plongeant mes yeux dans les siens tout aussi noirs. Les mots qu'elle prononça étaient d'autant plus beau que ce mouvement de pulpes qu'elle commença à effectuer sur mon épiderme halé d'une couleur malgré tout différente de sa peau à elle. Cela apaisa les jurons qu'inconsciemment je me jetai dans la figure via cette petite voix que nous étions toujours les seuls à entendre lorsqu'elle apparaissait, mais ça ne résolvait aucunement la situation. Oui, j'étais là maintenant. Oui, je lui avais ouvert ma porte. Oui, j'avais l'intention de l'aider. Mais elle avait eu le temps d'énormément souffrir jusqu'alors, et sa fillette n'en avait pas moins été victime physiquement et psychologiquement. Un souffle s'échappa de mes narines alors que mon océan ténébreux se jeta sur la tasse de thé qu'elle n'avait pas encore touché.

Tu devrais le boire avant qu'il ne soit trop froid, dis-je sans pouvoir cacher dans ma voix ce petit doute concernant mon rôle dans cette histoire, ça va t'apaiser, continuai-je avant de laisser glisser mes mains, emportant avec elles les siennes dans ce vide qui semblait éternel, jusqu'à ce que nos phalanges tombent sur nos membres inférieurs respectifs. Il y a environ douze ans, j'ai connu un avocat qui m'a sorti de l'embarras, déclarai-je en reportant mes jambes sous le îlot central de la cuisine, agrippant de nouveau le thé qui ne fumait plus, depuis, c'est devenu une bonne connaissance que je croise de temps en temps en toute sympathie, avouai-je avant de porter la tasse jusqu'à mes lèvres pour boire quelques gorgées du breuvage tiède, et j'ajoutai, je pourrais probablement le contacter pour toi après le dîner, lui proposai-je, ayant nettement l'intention de faire bien plus pour rattraper mes erreurs d'antan. Je ne travaille pas avant onze heures demain, fis-je après un court silence pendant lequel j'avais repris encore de ce liquide aux senteurs orientales, je pourrais garder Liya le temps que tu le rencontres, soumis-je à la jeune maman en relevant mes yeux sur son visage, lui adressant un sourire convaincu. Je ne te promets une heure de rendez-vous, mais par expérience, je sais qu'il ne lui suffit pas plus de vingt minutes d'entrevue pour trouver des solutions aux problèmes, tentai-je de convaincre Aishwarya d'accepter mon aide en levant mes sourcils, l'incitant à accepter cette main que je lui tendais.

Et si je te montrais l'endroit où vous allez dormir toi et Liya, avançai-je en frappant le bout de mes phalanges contre la table réservée aux petits-déjeuners conviviaux, lui proposant d'un geste du menton de finir rapidement sa tasse avant la visite guidée du logement où elles allaient rester jusqu'à ce que les tensions s'apaisent et que les papiers soient acceptés. Je ne comptais pas les laisser tomber comme j'avais pu le faire ces dernières années. Levant mon fessier du tabouret sur lequel j'avais pris place, je me dirigeais vers le couloir où j'avais laissé toutes leurs affaires et pris les deux seuls sacs qui les accompagnaient pendant le voyage vers l'inconnu, vers cette nouvelle vie qui pouvait paraître effrayante aux premiers abords, mais qui les enchanterait bien plus que de vivre avec un bourreau, un schizophrène, un homme pour qui la violence est la seule manière de s'exprimer. Revenant dans la grande pièce de vie, je tournai le visage vers Liya qui était encore captivée par son jeu, si bien que je ne préférais pas la bousculer, j'imaginais fort bien que sa chère maman lui expliquerait par la suite la disposition de l'appartement. Suis-moi, fis-je à Aishwarya, l'invitant à me suivre jusqu'à une grande porte en bois à la poignée à la couleur de l'or, d'un jaune magnifique que nos deux pays adoraient arborer jadis sur les monuments religieux. Tu peux l'ouvrir, s'il te plait, demandai-je poliment à mon amie, les deux mains prises et donc incapable de le faire par mes propres moyens. Entre, je t'en prie, cette pièce t'appartient jusqu'à ce que tu trouves un endroit paisible où t'installer, la priant, par ces paroles, de prendre le temps qu'il lui faudra. Je la laissais donc passer en premier l'encadrement et lui emboîtai le pas.

Un grand lit deux places était posé contre le mur à notre gauche surplombé d'une tête de lit en papier peint brune typique d'Orient. La literie était surélevée d'un tour en boiserie finement choisi à la fois contemporaine et design. Les draps, beaucoup plus clairs, à la limite de la couleur chantilly, apaisait l'atmosphère, notamment grâce aux dorures travaillées des taies d'oreillers et aux pompons ivoires qui entouraient le drap des coussins. Une large fenêtre permettait à la pièce d'avoir une luminosité parfaite pour la journée et un volet permettait de trouver le sommeil facilement, une lumière douce et rassurante pouvant être actionnée juste au-dessus des tables de chevet beige, de la même couleur que le mobilier qui faisait face à la couche. Je n'avais pas prévu que vous seriez deux, me désolai-je en grimaçant légèrement, si ça te gêne de dormir avec ta fille, je pourrais aller acheter un lit une place à mettre juste à côté du tien, trouvai-je comme seule solution, sachant pertinemment que la mezzanine avait été envahie par ma cousine qui venait vivre à la maison chaque week-end. Posant les maigres affaires des Indiennes sur une chaise, je me retournai sur la jeune femme en esquissant un agréable sourire. Ça te va, questionnai-je cette dernière, attendant impatiemment la réponse, espérant de tout coeur qu'elle se sentirait bien au sein de mon logement, entre ces murs que je leur avais dédié, à elle et sa princesse. Votre salle de bain se trouve juste à côté, dis-je en pointant le mur qui se tenait à ma droite. Tant que ma cousine n'est pas là, elle sera uniquement à vous deux. Y'a tout ce qu'il faut à l'intérieur alors serre-toi, affirmai-je d'un léger hochement de tête avant de frapper vivement mon front, j'oubliais, commençai-je, les toilettes se trouvent juste à l'entrée.
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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Mer 19 Juil - 11:48


never let down
a friend
joshua & aishwarya

Mimétique, son regard ébène s’abaissa sur la tasse qui ne fumait plus. Le breuvage s’était en un rien de temps refroidit, à moins qu’ils soient là, à discuter depuis des heures maintenant. Il lui semblait qu’elle venait tout juste de franchir le seuil de son appartement, tant les tensions en son corps étaient toujours poignantes. Un soupire sous-tendu la traversa de part en part, ses épaules si dégagées d’habitude s’affaissèrent plus encore. Signe d’une reddition face à tous les maux qui l’accablaient. Pour ce soir, peut-être valait-il mieux laisser de côté les angoisses  au profit d’un repos salvateur. Elles ne risquaient rien ici. Fourmillante qu’était la ville de New York, il leur faudrait des heures, voire des jours avant de retrouver leur trace. Sauf si le chauffeur de taxi décidait d’avoir la langue bien pendue, mais compte tenu de la somme rondelette qu’elle lui avait fourni, elle espérait au moins qu’il demeurerait muet quelques jours, le temps qu’elle réussisse à trouver un avocat digne de ce nom qui accepterait de s’occuper de son cas. L’esprit tournant à vive allure, incapable au fond de se calmer même si son faciès restait stoïque, seuls ses sourcils, légèrement froncés, auraient pu trahir les sournoiseries qui se tramaient en son for intérieur. Aishwarya glissa ses doigts autour de la tasse devenue tiède et la porta à ses lèvres entre-ouvertes, résolue à présent à devenir plus forte qu’elle ne l’avait été durant toutes ces années passées aux côtés d’Isaac. Oui, il lui fallait s’endurcir. Si ce n’est pour elle, au moins pour Liya qui ne comprendrait pas tout à fait ce qui lui arrivait.

« Pourquoi as-tu eu affaire à lui ? » lui demanda-t-elle en écho, question naturelle aux vues des circonstances. Il lui fallait savoir si l’homme était fiable ou non. Le fait qu’il soit une connaissance de Joshua aidait déjà grandement. Mais corrompus que pouvaient être les hommes par les bourses bien garnies et les influences détestables, il lui fallait se méfier. Car d’un mauvais choix de l’avocat pouvait résulter sa perte, et l’enfermement dans une existence pire encore que celle qu’elle avait déjà connu auparavant. Peut-être devrait-elle songer à contacter son propre père ? Mais il avait toujours répondu absent le peu de fois où elle lui avait envoyé des appels au secours. Alors à quoi bon ? Il ne la soutiendrait pas. Il préfèrerait croire qu’Isaac disait vrai plutôt que d’envisager l’idée que sa fille avait pu être une « mauvaise épouse ». Toute sa réputation en dépendait. Et en Inde, on était naturellement très à cheval sur les traditions. Surtout dans une caste comme la leur. « As-tu confiance en lui ? Est-il fiable ? Parce qu’Isaac n’hésitera pas à essayer de l’acheter pour qu’il refuse de me défendre. » De cela, elle était persuadée. C’était même une évidence. « S’il peut me rencontrer, ce serait bien oui … Merci. Liya … Elle ne doit pas retourner à son école. Pas tant que ce n’est pas sûr. » Pas tant qu’une injonction contre lui n’aurait pas été prononcée. Nul doute que s’il mettait la main sur la petite, il n’hésiterait pas à s’en servir pour faire pression sur elle. Et tout le monde savait qu’une maman était prête à toutes les redditions pour épargner la vie de son unique enfant.

« Oui …Oui bonne idée. » Ainsi auraient-elles leur propre chambre ? Une chance, elle qui n’aurait pas été dérangée par le fait de camper dans son salon le temps de trouver une autre solution. Car elle ne comptait pas s’imposer dans son quotidien et son intimité trop longtemps. De nature peu intrusive, Aishwarya n’aimait pas particulièrement s’imposer dans la vie de son entourage, encore moins d’amis qu’elle n’avait pas vu depuis des années. Le fardeau qu’elles incarnaient, il n’aurait pas à le porter longtemps. Elle ferait en sorte que ce ne soit pas le cas. Quoiqu’il en soit, quittant les tabourets sur lesquels ils étaient installés jusqu’alors, la jeune indienne suivit son ami jusqu’à la chambre qui serait leur pendant leur séjour. Confortable, bien agencée, joliment décorée … Avec même leur propre salle de bain. Elle n’aurait pu rêver mieux franchement. Et toutes ces inspirations orientales … Cela l’inspirait énormément. Voire l’apaisait, elle qui avait toujours été très attachée aux traditions. « C’est toi qui a décoré ? C’est beau … » fit-elle, se permettant de s’asseoir sur le bout du lit pour observer les détails colorés qui se déployaient ici et là sous leurs yeux. « On dormira toutes les deux, ne t’en fais pas. » De toute façon, Liya avait tendance à faire des cauchemars lorsqu’elle ne dormait pas dans son propre lit. Tout changement d’environnement, même momentané, avait tendance à la bouleverser un peu dans son équilibre. Et de fait, il n’était pas rare qu’elle vienne se réfugier auprès de sa mère quand celle-ci dormait seule. « C’est parfait Joshua, je ne te remercierai jamais assez. » fit-elle, profondément sincère. Ainsi sa cousine demeurait ici aussi ? Sans doute aurait-elle l’occasion de la croiser. « Ça te fais beaucoup de monde dans ton quotidien d’un seul coup, j’en ai conscience. Dès que j’aurais trouvé une solution nous partirons, ce ne sera pas long. » Voulut-elle le rassurer, pour lui signifier qu’elle ne comptait pas s’installer. Elle appréciait cette solution temporaire qu’il lui proposait, ais celle-ci devait demeurer ainsi : « temporaire ». Se hissant sur ses jambes engourdies, Aishwarya fit quelques pas dans la pièce, soucieuse. Pour aller voir cet avocat, ou n’importe quel autre, elle savait avoir à apporter des preuves, des images, ou même des documents qui serviraient à renforcer le dossier. Elle détenait déjà sur une clef usb des copies des livrets de compte de son cher mari, qui lui permettraient de faire pression sur lui. En effet ces derniers montraient clairement certains placements d’argent douteux, dans des banques étrangères. Quant à la violence conjugale … Elle ne voyait qu’une seule solution pour étayer ce fait. « Je suis désolée de te demander ça mais … Accepterais-tu … De prendre des photos ? … De moi. » Hésita-t-elle, bredouillant presque, mais devant profiter du fait que Liya était occupée. Elle n’avait pas eu le temps jusqu’à alors, ne pouvant se tourner suffisamment d’elle-même pour photographier les hématomes qui cisaillaient son dos et ses côtes. La preuve par l’image, irréfutable surtout si elle était datée de la veille. Elle ne voulait pas que sa fille la voit dans cet état. Raison pour laquelle elle s’arrangeait toujours pour que la petite ne puisse pas entrer dans la salle de bain lorsqu’elle se douchait, ou se changeait. Soucieuse de préserver l’image qu’elle avait encore d’elle, Aishwarya veilla à refermer la porte de la chambre. Puis elle se dirigea vers son sac, et en sortit un petit appareil photo numérique qu’elle tendit à son ami, consciente qu’elle lui demandait là quelque chose de difficile. « Si … Si tu ne le sens pas tu n’es pas obligé. C’est juste que … Pour ce qui est dans le dos … Je n’arrive pas à le faire moi-même … Et il me faut des preuves … Pour l’avocat. Je ne peux pas demander à Liya … C’est impossible.  » Des preuves que ses blessures ne pouvaient pas avoir été faites par de vulgaires maladresses, ou accidents ménager.

Le cœur battant dans sa poitrine, oppressé par la honte et le dégoût qu’elle avait alors d’elle-même et de ce corps qui trop longtemps avait été un réceptacle pour une haine farouche et misogyne, l’indienne se recula de quelques pas, se plaçant sous la lumière la plus claire. Les muscles tremblants, avec une lenteur compassée, le bout de ses doigts parvint progressivement à déboutonner le chemisier couleur crème qu’elle portait jusqu’alors. Un, puis deux, puis trois. Arrivée vers la fin, alors que sa chair se révélait déjà en transparence du tissu, elle lui tourna le dos, laissant glisser dans un froissement le haut le long de ses bras. Devant ses yeux qui n’avaient rien demandé, les meurtrissures d’une chair autrefois candide. Un hématome violacé s’étendait de dessous l’omoplate, rejoignant dans un arc-de-cercle le sommet de la hanche. Un autre, partait des côtes sous la poitrine, s’étalant en ombres diffuses jusqu’au milieu du dos. Sur une épaule, comme des lacérations. Trois griffures parallèles qui montraient que les ongles avaient été plantés dans la chair jusqu’au sang. Et cela, ce n’était que la partie immergée de l’iceberg, car ne poussa pas le vice au point de retirer son jean, et ses sous-vêtements. Selon elle, cette seule bribe de témoignage suffirait. Pour le reste, elle verrait avec des professionnels, s’il était utile de répertorier toutes les morsures subies par sa chair. « Je … Je suis monstrueuse. » avait-elle murmuré, sa tête penchant vers l’avant, sa paume venant masser son front, alors que secouée de tremblements et de frissons indistincts, il lui semblait qu’affronter le regard d’autrui était une torture plus rude encore que celle de subir les violences en elle-même.




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mais il serait peut-être bon, il serait peut-être temps de se demander si la perfection n'est pas dans l'enfance, si l'adulte n'est pas qu'un enfant qui a déjà commencé à pourrir. @renébarjavel ≈ la nuit des temps › © alaska.  

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MessageSujet: Re: [FB] Never let down a friend w/ Aishwarya   Mer 19 Juil - 13:58


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 Never let down a friend
Aishwarya & Josh'
   

J'étais heureux qu'elle puisse apprécier l'endroit qui leur était destiné et plutôt fier, il fallait l'avouer, d'avoir réussi à réaliser de cet espace ce que j'avais imaginé dans la plus profonde des réflexions lorsque j'eus à en choisir la décoration. Mais une ombre vint faire disparaître le sourire que j'avais arboré jusqu'à présent. La jeune femme semblait perdu dans ses pensées, arpentant la pièce de quelques pas. Mon regard se voulait interrogateur et mes sourcils ne cessaient d'émettre des hoquets bourrés d'informations visuelles que je n'arrivai aucunement à décrire. Les yeux dans le vague. Une marche lente et perdue. Un faciès plus que perturbé. Des traits hésitants. Une démarche peu gracile. Où tout ça devait m'emmener ? Que devais-je comprendre de ces signaux ? Pour le coup, j'aurais aimé avoir le temps de les déchiffrer à l'aide de mon livre qui traitait du comportement pour pouvoir lui remettre une aide perspicace beaucoup plus rapide et, pourquoi pas, l'aider à se dévêtir de ces fardeaux auxquels elle pensait. Bien heureusement, elle n'hésita pas plus et tourna la tête vers moi, la mienne affichant un air surpris. De toi, répétai-je en m'exclamant comme si je demandais plus de détails suite à sa demande on ne peut plus étrange. Sur le coup, j'avais pensé à des photographies qui ressortaient de chez le professionnel pour son activité artistique. Peut-être tentait-elle de postuler dans une autre compagnie de danse, là où elle ne risquait de rencontrer personne de son entourage et où son futur ex-mari ne pourrait la retrouver si aisément. Ma main vint alors frictionner ma nuque, embêté à l'idée qu'elle puisse penser que j'étais devenu un habitué de l'appareil photographique, parce qu'il en était tout autre. Et puis... Le reste suivi après que j'eus le fameux objet entre les mains et je compris. Je n'eus pas besoin de demander plus d'explications parce que ce qu'elle voulait était tout autre. Non, elle ne voulait pas apparaître dans un magasine. Non, elle ne voulait pas remplir un nouveau book. Non, elle ne voulait pas changer sa photo sur son curriculum vitae. Je vais le faire, avais-je répondu dans le vif de l'action, bien qu'intérieurement, je ne savais pas si j'en étais réellement capable.

Baissant les yeux sur l'appareil numérique afin d'en comprendre le mécanisme, détaillant la manière de l'utiliser, je trouvai rapidement le bouton qui me permettait de le mettre en marche, puis tournai une roulette de façon à me positionner sur le réglage automatique de la lumière, portant mon oeil tout contre le hublot pour me familiariser avec l'engin, relevant ce dernier vers le corps de la jeune femme, je me sentis soudainement gêné lorsque, dans la fenêtre, je pus apercevoir ses mains qui commençaient à déboutonner son chemisier. D'un coup vif, je baissai l'appareil et tournai la tête vers un autre coin de la pièce, essayant de faire abstraction de ce qui se passait juste en face de moi. Ce n'est pas tant le fait de voir une femme se déshabiller qui me perturbait, mais elle était mon amie, une très bonne amie. Qui plus est, elle venait de vivre un sacré traumatisme aux côtés de son époux et rien que cette pensée de la savoir mariée me confrontait à l'idée que je n'étais aucunement en droit de la voir se défaire de ses vêtements aussi facilement. Oui, elle était engagée et c'était le corps d'une femme meurtrie que je m'apprêtais à voir. D'une femme meurtrie et d'une maman déboussolée. Je raclai ma gorge discrètement, n'ayant relevé mon regard sur son enveloppe corporelle avant qu'elle ne se soit tournée dos à moi. Je vais en faire plusieurs, indiquai-je à Aishwarya alors que j'avais l'oeil bloqué contre la fenêtre de l'appareil, tu garderas celles qui te conviennent le mieux, ajoutai-je avant de prendre une grande inspiration, gonflant au maximum mes poumons avant de m'encourager d'une voix faible, très basse pour qu'elle ne puisse l'entendre. C'était difficile d'entrevoir ces blessures, ces cicatrices aussi qu'elle ne devait pas s'imaginer porter encore, ces hématomes violacés, verts, bleus et rouges par endroit. Je n'avais jamais eu l'occasion de voir un corps aussi marqué. Même le mien, qui avait subi beaucoup de supplices lors de mon enfance, mais surtout dans l'accident, ne comptait pas autant de souffrances écrites. A un moment, je ne pus continuer. Après plusieurs clichés où elle était restée patiente, où elle avait levé le bras pour que je puisse toucher de l'objectif ses côtes, où elle était plongée dans le silence comme si elle accepte tout ça sans feindre la moindre faiblesse, je ne pus continuer. Excuse-moi, dis-je en détournant les yeux, abaissant par la même occasion l'appareil avant de fermer mes paupières, pinçant mes lèvres comme horrifier par la douleur qu'elle avait enduré pour être inscrites de tous ces sévices.

Je pouvais paraître fort lorsqu'il s'agissait de coups durs de la vie qui me concernait, mais pour les autres mon empathie revenait très vite, au galop, si bien qu'il me semblait insupportable, visuellement, d'être témoin de ça. A ces mots, mes yeux s'ouvrirent sur elle et je m'en voulus de lui avoir fait comprendre que son corps avait été martyrisé, à tel point que je ne la reconnaissais plus, elle à qui les vêtements de couturiers lors des représentations lui seyaient si bien. Non, fis-je en secouant la tête, m'approchant de la commode pour porter l'objet photographique sur le dessus avant, d'un pas pressé, la rejoindre, agrippant sa main de la mienne, relevant son visage qu'elle avait baissé, honteuse de cette anatomie qu'elle traînait depuis trop de temps, ne dis pas ça, repris-je avant de plonger mes pupilles dans son océan sombre, brillant et lumineux lorsqu'elle me le permit. Tu ne vas plus subir ça, affirmai-je en faisant aller mes yeux dans les siens, passant de l'un à l'autre comme pour lui interdire de les baisser, de dévier son regard ou même de tenter de fuir le mien. C'est fini, m'exclamai-je avant de caresser le dos de sa main de mon pouce, tant que tu te tiendras loin de lui, ton corps ne souffrira plus et il redeviendra ce qu'il a toujours été, affirmai-je avant de serrer ses doigts entre les miens, levant ma main droite sur son visage pour la défaire de ses mèches de cheveux qui lui cachaient le visage, portant attention à ce geste que je réitérai jusqu'à ce que sa chevelure se tienne éloigner de son portrait. Tu n'es pas affreuse, fis-je après un court instant de silence, retrouvant le blanc de ses yeux des miens, tu es toujours la Aishwarya élégante, légère et gracieuse que j'ai rencontré ce premier soir de représentation, déclarai-je sincèrement en laissant une esquisse s'afficher sur mes lèvres, lentement, s'agrandissant seconde après seconde avant que mes pupilles ne la dévisage furtivement pour, aussi vite, dégager mes mains de sa joue puis de ses doigts, comme si je venais de lui faire affront. Désolé, me pressai-je de m'excuser en reculant de plusieurs pas, jusqu'à cogner de ma jambe la chaise sur laquelle j'avais posé leurs sacs.

L'avocat, repris-je essayant de passer très vite à autre chose, l'avocat dont je t'ai parlé, continuai-je d'une voix légèrement paniquée, il m'a sauvé d'une affaire concernant l'immigration il y a treize ans, avouai-je sans détailler les faits, parce qu'ils me regardaient intimement, n'ayant pas vraiment apprécié ce petit passage devant la Justice, alors que je devais attendre plusieurs semaines pour avoir un rendez-vous afin de me libérer des griefs qui m'étaient reprochés à tort, il m'a permis de m'en défaire quarante-huit heures après, indiquai-je alors que je lui avais répondu que trop brièvement tout à l'heure, lorsque nous étions encore dans la cuisine, attablés autour de l'îlot, n'osant pas reporter mes pupilles sur son corps encore à moitié-dénudé, préférant contempler le sol qui avait gagné, étrangement, de l'importance à mes yeux. J'ai confiance en lui, insistai-je après avoir laissé une maigre pause nous plonger dans le mutisme. Tu... Tu as faim, questionnai-je Aishwarya, relevant, enfin, mon regard sur sa personne, essayant d'éviter de détailler ses courbes qui apparaissaient floutées dans mon champ de vision, on a un traiteur indien génial dans le coin, lui proposai-je.
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