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[FB] I'm tired of the games, I just want her back - Svetlana

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Hayden J. Barrow
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Sam 10 Nov - 18:52

I'm tired of the games, I just want her back
Svetlana & Hayden

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Le 10 septembre 2017. Les jours se ressemblent et se consument inlassablement. Tous identiques, pâles copies les uns des autres, je dois régulièrement trouver de quoi m'occuper l'âme et le cœur. La chose n'est pas simple quand on vit dans le Bronx, au milieu de la misère et des lamentations. Je ne peux pas vraiment choisir entre un resto chic avec mes bourgeois de collègues et une soirée guindée de gala qui se finirait au milieu de la nuit après le quarante-septième verre d'un champagne à la robe dorée. Mes activités de divertissement se limitent à échouer dans un bar miteux, où les sodas de sous-marques sont mélangés à des alcools trop forts, à bas prix, qui t'embrument le cerveau dès le deuxième verre. La consolation bas de gamme du pauvre, du déchet sociétal qu'on préfère ignorer et laisser patauger dans sa propre merde, parce que les solutions coûtent trop cher. Le bar qui accueille ma morosité latente et mon spleen du dimanche soir est minable, mais ça suffira. Après tout, je ne cherche pas un lieu où je pourrais trouver une agréable compagnie, ni des breuvages suffisamment exceptionnels pour justifier la perspective d'une soirée en solitaire. Depuis le tabouret accolé au comptoir, j'observe les clients qui vont et viennent, agitent leur main sous le nez du barman afin d'attirer son attention ou se ressemblent autour d'une table pour discuter de sujets plus ou moins intéressants avec leurs compagnons de soirée. C'est d'un ennui... Une gonzesse un peu trop éméchée, que je repère de l'autre bout de la salle, se met à jeter des coups d’œil furtifs dans ma direction, puis à marmonner des trucs à ses copines, qui commencent à pouffer en cœur. Je me tourne légèrement sur mon tabouret, espérant lui faire comprendre qu'elle n'a pas intérêt à traverser toute la salle en titubant pour m'infliger sa présence. Un bref coup d’œil jeté par dessus mon épaule me permet de réaliser qu'elle n'a pas reçu le message subliminal. À peine arrive-t-elle à destination qu'elle s'effondre sur moi, manquant de s'éclater les dents sur le bord de l'assise de mon tabouret. Je la rattrape de justesse et elle se met à rire bêtement en me proposant de rentrer avec moi. Je la dévisage, interloqué, et tente de lui expliquer poliment qu'il me sera malheureusement impossible de l'escorter jusqu'à mes draps, puisque j'ai ce que le commun des mortels appelle une petite amie. Enfin, je crois... Ma relation avec Svetlana n'a jamais été très claire, ni parfaitement définie, mais puisqu'on couche ensemble, je suppose qu'elle dispose de ce statut privilégié, par rapport aux autres femmes dont je ne visite pas le lit. Pourtant, ça doit faire maintenant presque deux semaines que je n'ai plus la moindre nouvelle de sa part. Silence radio complet. Pas un seul sms, pas un appel pour me rassurer, rien. Je ne sais pas vraiment comment interpréter ce mutisme soudain, cette prise de distance inexpliquée, mais avec Svet, je suis désormais abonné aux fluctuations incessantes. J'aurais pas craché sur un semblant de stabilité pour une fois, une putain de relation normale mais nan. 'Faut croire que même ça, j'y ai pas droit.

L'inconnue aux cheveux décolorés lâche un énième rire de crécelle avant de régurgiter l'intégralité du contenu de son estomac sur moi. J'ai un mouvement de recul au moment où son vomi se répand sur mon t-shirt, sans que je puisse rien faire pour faire disparaître de la mémoire des clients ce grand moment de solitude. Je repousse ma prétendante avec de grands gestes écœurés, sifflant quelques noms d'oiseaux peu flatteurs au passage, avant de descendre de mon tabouret. Je me précipite hors du bar à grandes foulées, pour fuir les ricanements de ces abrutis et retrouver l'intimité de mon appartement afin de pouvoir m'y changer. Je secoue lamentablement mon t-shirt pour tenter d'en faire tomber les plus gros morceaux, affichant une grimace de dégoût qui déforme mes traits jusqu'à ce que je puisse enfin jeter le vêtement souillé dans la poubelle de mon appart'. Je retire mon jean noir dans la foulée, pour enfiler quelque chose de plus confortable. Ma main qui s'égare dans mon armoire s'arrête sur un pantalon de jogging que je revêts plus souvent pour dormir que pour aller faire du sport. Je tente désespérément de trouver un haut au milieu de tous ces vêtements mal pliés et quand je saisis enfin un bout de tissu qui ressemble au coton de l'un de mes t-shirt à manches longues, la sonnette retentit. La porte d'entrée de l'immeuble est explosée depuis un moment, si bien que n'importe qui peut y rentrer, mais je doute qu'un cambrioleur opte pour cet amas de taudis dans l'espoir d'y trouver un magot inespéré. En plus, il ne prendrait pas la peine de sonner, à moins qu'il soit complètement con. Je suppose donc qu'il doit s'agir de Merle, qui a sûrement oublié de me prévenir de sa venue et qui n'a très certainement pas remarqué qu'il est un peu tard pour se pointer chez les gens par surprise. Torse nu, je me dirige vers la porte, que j'ouvre immédiatement, persuadé de découvrir ma meilleure amie derrière. Je marque un temps d'arrêt quand je constate qu'il s'agit de Svet, en chair et en os. Mes yeux s'écarquillent un peu, alors que je tente de feinter la nonchalance, sans grand succès. « Svetlana ? » Je me sens obligé de prononcer son prénom, comme pour m'assurer que c'est bien elle, et pas une espèce d'hallucination engendrée par l'alcool peut-être un peu trop fort que j'ai consommé ce soir. « Content de voir que t'es pas morte. » Je me sens obligé d'ajouter cette précision, un brin sarcastique, pour qu'elle comprenne au moins que sa disparition m'a quand même blessé. Un peu. Juste un peu. Maladroitement, j'enfile le t-shirt que j'avais encore entre les mains. « Bah reste pas plantée là. Entre. Sinon, la voisine du quatrième va encore jaser et raconter à tout l'immeuble que les nanas défilent chez moi. » Entre les allers et venues de Merle et Svet, il y a de quoi colporter des ragots, même si j'ai jamais compris cet intérêt mystique que les p'tites vieilles portent aux commérages. Je m'écarte un peu, suffisamment pour créer un espace entre mon corps et l'encadrement de la porte, afin que la jeune femme puisse enfin entrer et m'expliquer la raison de son retour aussi soudain qu'étonnant.
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Svetlana Maxwell
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Jeu 22 Nov - 23:00
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I'm tired of the games, I just want her back

Mon esprit embrumé s'est détaché de toute forme de réalité. Tel un naufragé que l'écume tente d'emporter. J'ai happé l'air sans jamais pouvoir le respirer. J'ai déchiré mon âme, comme s'il m'était plus évident ainsi de deviner ce qui la compose. J'ai acheté un bouquet de pensées, puis, je l'ai brûlé. J'ai observé ses couleurs pourpres s’embraser, se faire happer par les flammes, comme le naufragé se fait happer par les vagues. Mes défenses se sont brisées, mur de verre trop fragile, trop fissuré. Les secondes qui bordent mon existence, elles, se font happer par cette poudre blanche. J'ai observé un million de secondes s'écouler, et surtout couler, ensevelies sous cet amas de poudre. Je ne parvenais plus à respirer, alors, j'ai tenté d'émerger. D'imposer un long souffle à cette poudre, dans l'espoir qu'elle s'envole, et qu'elle me libère de mon addiction. Les nuits se sont succédées, et moi, un vieil album de The Clash en arrière fond, je ne suis pas parvenue à fermer les paupières. J'ai voulu affronter le sevrage seule, et quelle vaillante guerrière que celle qui se laisse abattre, mais dont la fierté impose de le faire dans le secret. Il est plus aisé de nier la douleur lorsque l’on est seule à subir ses cris, lorsque l’on essaie de pleurer mais que rien ne nous l’accorde, que tout reste sec… mais que mon cœur saigne. J’ai camouflé cette hémorragie par un sourire que personne n’a cru, mais, moi, j’ai essayé. Inlassablement, d’y trouver un sens, quelque chose, n’importe quoi. J’ai tenté de m’extirper des griffes de mon héroïne, une nouvelle fois, mais elles s’acèrent à chaque rechute, et me transpercent à chaque hurlement de douleur. L’hémorragie a fait rage, au fond de moi, sans que je n’y trouve une explication valable, une de celles qui me rassurerait bien plus qu’elles ne m’informeraient, en réalité. Je me serais relevée, la tête en ébullition d’idées pour me sauver, et j’aurais œuvré, jour et nuit, pour me sortir de cet enfer que j’ai moi-même aménagé, avec mes photos d’enfance joliment disposées sur un mur de brique.
Je ne suis pas parvenue à garder une notion des jours qui passaient, eux qui s’enchaînaient parfois si vite, et qui, d’autres fois, cessaient tout simplement. Le temps qui fait une pause, avant de reprendre à toute vitesse. J’ai voulu me détacher de l’héroïne, et fuir les tentations. J’ai tiré un trait sur les soirées, sur les balades nocturnes, sur les doses cachées sous le matelas… et sur toi, Hayden.

Il a toujours embrassé toutes mes passions, l’intégralité de mes tentations, avec tellement de puissance que je ne suis plus parvenue à démêler l’un de l’autre. J’ai cru que le manque de drogue masquait tout, qu’il justifiait mon attachement, que ce n’était pas lui que j’avais besoin de voir et de sentir contre moi, que c’était la dopamine qui n’avait pas parcouru mon corps depuis trop de temps. Cette sensation de manque était si forte qu’elle a prit le pas sur tout ce qui comptait pour moi, et a flouté les frontières de mes sentiments comme on donnerait un coup de pied dans un château de sable. Beau. Fragile. Pourtant, lorsque les jours ont passé et que je suis redevenue capable de respirer, que la douleur du sevrage s’est atténuée, quelque chose clochait. Du sang s’écoulait ; mon cœur saignait. Il n’avait pas cessé. Trop à vif, certainement, trop exposé, et surtout trop oublié. Comme s’il avait toujours été là et que je n’y avais pas prêté attention. La poudre s’est envolée, mais le manque, lui, s’est accroché. Comme fusionné avec mon âme, ou quelque chose de plus fort, de plus pathétique, surtout, qui me ferait rouler des yeux si je n’étais pas si certaine, tout à coup. Hayden manque à ma vie, bien plus que l’héroïne, bien plus que toutes ces conneries d’addictions et de souffrances puériles. J’ai voulu me raisonner, ne sachant que trop bien comment une personne termine lorsqu’elle suit mes pas de trop près, trop longtemps. J’ai voulu revêtir mon masque de déni, de mépris, aussi, croire ce mensonge, penser encore que ce n’est pas Hayden qui me manque mais ce qu’il vend. Mais je suis sobre, depuis une semaine, et je m’extirpe du déni, depuis une autre. J’envie ces soirées où une fumée s’échappait de nos lèvres, accompagnée de remarques sur le monde qui nous entoure, à quel point il craint, et comment on voudrait le refaire, à notre façon. Son regard agacé lorsque je le fais attendre et que je joue avec ses nerfs, lui, le grand impatient. Son froncement de sourcil lorsqu’il rate un plat, et que je me moque de lui. Et son sourire, doux et si expressif, quand ma réaction le surprend mais qu’il décide de faire avec, parce que c’est moi, et que je ris déjà aux éclats. Je suis sobre, mais peut-on réellement se sevrer d’une personne ? Il n’y a aucune source moins tarissable de manque que celle qui réside dans la personne que l’on… Oui, ça doit être ça. Ça suffira pour aujourd’hui.

Je suis montée dans ma voiture, j’ai pris une profonde inspiration, et j’ai conduit. Sans savoir où aller, ni ce que je suis partie chercher. Et je me suis retrouvée devant son immeuble. Au fond, si, peut être que je sais. Je pousse la porte de l’immeuble, éternellement ouverte, car éternellement explosée. Face à sa porte, mon doigt appuie sur sa sonnette avant de réaliser que les mots se sont défilés. Je n’ai pas le temps de m’imaginer un quelconque scénario, du moins, le premier meurs dans mes pensées lorsqu’il ouvre la porte. Un soupir imperceptible s’échappe de mon corps figé, comme si j’avais retenu ma respiration trop longtemps. Pourtant, la tête haute et le regard qui transcende, je n’ai absolument pas l’air d’avoir perdu une once de mon assurance. Son sarcasme résonne dans le couloir. J’encaisse. Je n’ai plus besoin que l’on me prouve mon degré d’incohérence, j’en ai bien trop conscience. Mon regard s’attarde sur son torse qu’il recouvre d’un t-shirt, tandis que je rentre dans l’appartement.

« Oh, tu sais, une russe, c’est du solide, ça meurt pas comme ça ! » Dis-je en haussant les épaules, sur un air léger.

Je reconnais pourtant tout le mensonge de cette simple phrase. Il ne se passe pas une seule fois où je met les pieds dehors sans qu’il m’arrive quelque chose : j’attire les emmerdes bien plus que les fleurs n’attirent les abeilles. Je ne m’en rend même plus compte. Comme s’il devait pleuvoir à chaque fois que l’on sortait. Au début, on râlerait. A la fin, on prendrait simplement un parapluie. Il ne se passe que difficilement des jours sans que je manque de mourir. Mais ça ne me dérange pas. Quelque part, c’est ainsi que je me souviens d’à quel point je suis en vie. J’ai trop tendance à en douter.

« Tu as passé une bonne semaine ? A défaut, t’as au moins tout l’immeuble qui pensera que c’est le cas, ça sauve un peu ta réputation, si on veut. »

Je ris, doucement. J’ose rire, sans me rendre compte de la durée qui s’est véritablement écoulée. J’ignore que cela fait deux semaines. Ou alors, mon subconscient m’empêche seulement de m’en rendre compte. J’ai perdu la notion du temps. Je me souviens tout juste m’être blindée de somnifères, lorsque la douleur du sevrage était devenue trop difficile à supporter, et que j’avais baissé les bras. Je pense avoir dormis pendant plusieurs jours, entrecoupés d’heures floues que les souvenirs ont épargnées, et pendant lesquelles je reprenais sûrement un somnifère. Plus facile de fuir que de se battre. Je ne me rend même pas compte de l’insolence de ma réponse. J’ôte mon trench coat que je dépose sur le canapé, tandis que je prend appui contre le dossier.

« Mauvaise soirée ? T’as une mine affreuse », plaisanté-je tandis qu’un sourire mutin prend possession de mon visage, et révèle mes fossettes trop discrètes pour être réellement remarquées.

J’ai ce ton léger, une confiance inébranlable, mon visage s’éclaire. Pourtant, au fond de moi, il doit bien y avoir quelque chose qui m’indique que les choses ne se passent pas comme d’habitude. Que quelque chose cloche, puisque je n’ai pas tenté de l’embrasser en arrivant. Son attitude est froide, tendue, et il y a cette lueur au fond de son regard qui entache ses yeux. Ceux dans lesquels je me plonge sans rougir, eux et leur couleur incertaine, mélange de vert émeraude et d’un gris pluvieux. Il n’a pas eu une vie illuminée de joie, Hayden. Il en a même été loin. Il a dû se créer son propre bonheur. Et je refuse de reconnaître ma faute, dans cette lumière qui s’est atténuée au fond de son regard, ce soir. Parce qu’au fond, qu’est-ce qu’une fille comme moi pourrait y changer ? Je ne suis indispensable pour rien au monde. On m’a souvent appris que ma présence peut combler de joie comme elle peut détruire, mais que mon absence, elle, n’est rien de plus qu’un monde qui continue de tourner.    
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Hayden J. Barrow
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Ven 7 Déc - 14:17

I'm tired of the games, I just want her back
Svetlana & Hayden

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Quand j’ouvre la porte sur cette silhouette que je connais par coeur et que je pourrais presque redessiner de mémoire au crayon gras sur un papier à grain, j’hésite entre lui tourner le dos pour qu’elle saisisse enfin l’intensité de la peine qu’elle m’a infligé, et la laisser entrer quand même, ne serait-ce qu’une heure, afin d’obtenir des explications sur sa disparition soudaine et inexpliquée. Elle me saoule, Svet, avec ses sautes d’humeur incessantes, qui se traduisent par des allers et retours dans ma vie, comme si elle pouvait claquer la porte puis l’enfoncer à grands coups de pied sans se préoccuper de mes sentiments. Lorsque je pose les yeux sur elle, je ne peux m’empêcher de la toiser avec une certaine froideur, parce que les premiers mots qui sortent de sa bouche ne sont même pas des excuses pathétiques. Parce que l’expression qui anime les traits de son visage n’a rien à voir avec la culpabilité. Peut-être qu’au final, elle sait même pas pourquoi elle est là. Elle est sûrement encore défoncée, même si cette étrange béatitude habituelle n’habite pas ses pupilles sombres ce soir. Mais en fait, je m’en fous. Je voudrais juste qu’elle s’en aille, pour ne pas qu’elle puisse meurtrir à nouveau mon ego blessé. Je voudrais qu’elle parte parce que je suis tout bonnement incapable de la foutre dehors comme elle le mériterait, avec un beau nom d’oiseau accompagnant le geste brutal. J’ai presque du mal à garder mon calme en la voyant aussi passive, comme si cette situation ne l’atteignait pas, comme si cette distance qu’elle m’a imposé n’avait touché que moi. J’ai presque envie de lui répondre un sournois dommage mais je sais que mes paroles dépasseraient ma pensée. Ce serait laisser parler ma colère, encore. Et ça lui prouverait juste que je me suis attaché, bien plus que je ne l’aurais cru. Peut-être que ça suffirait, encore une fois, à la faire fuir. « Ouai, c’est vrai. Vous, les Russes, vous êtes des coriaces. Vous êtes peut-être les seuls êtres humains de cette planète de merde à pas avoir engendré des bébés mutants après Tchernobyl. » Increvable, cette Svetlana, malgré toutes les merdes qu’elle peut infliger à son corps en un lapse de temps particulièrement limité. Je referme la porte derrière elle, en prenant soin de la faire claquer bruyamment. J’ai envie qu’elle sache que je suis contrarié. J’ai envie qu’elle l’entende. Même si elle en a rien à branler.

Je réajuste un peu mon t-shirt, que je viens tout juste d’enfiler, suivant du regard la jolie brune qui se comporte comme si elle était ici chez elle, et qui se dirige déjà vers le canapé. Mon coeur bat à deux milles à l’heure, assez pour que ma tête se mette à tourner un peu. L’alcool et la colère, ça donne vraiment un cocktail détonnant, pas du tout recommandable quand on est sur le point de passer un bout de soirée avec quelqu’un qui s’est torché le cul avec notre amour propre. « Tu devrais savoir que ça fait longtemps que je ne me préoccupe plus de ma réputation. » réponds-je en haussant doucement les épaules, sans même prendre la peine de commenter le déroulement de cette fameuse semaine, qui semble tant intéresser Svet. Elle devrait pourtant deviner que son silence m’a infligé suffisamment de peine pour me faire passer un assez douloureux moment, mais cette pensée ne semble même pas faire son chemin jusqu’à son cerveau. « Et toi, alors ? Tu as exploité cette nouvelle liberté comme il se doit ? » Je glisse le mot liberté dans ma phrase pour le présenter comme un synonyme de célibat, car je suppose que Svet et moi, nous ne sommes plus vraiment ensemble maintenant. Quel couple normal resterait plus d’une semaine sans se voir, sans s’échanger le moindre sms ou le moindre message ? J’ai pas une grande notion de ce qu’est la normalité mais je sais que c’est pas censé se passer comme ça. J’en suis même tout à fait convaincu. Au fond de moi, j’ai pas vraiment envie de connaître la réponse de Svet. J’ai peur qu’elle ne corresponde pas à ce que j’espère entendre et, qu’au contraire, elle constitue la matérialisation d’une amère désillusion.

Et enfin, Svetlana se décide à sortir de son éternel déni et à revenir au sein du monde réel, où de vraies personnes avec de vrais sentiments évoluent. Elle remarque ma mine déconfite, qui pourrait très bien trouver son origine dans les petites contrariétés de cette mauvaise soirée. Mais ce n’est rien à côté de cette visite surprise, qui ravive une douleur que je m’évertuais pourtant à essayer d’oublier. Mais ça, je vais bien me garder de le lui avouer, par excès de fierté et d’amour propre. « Merci. » me contenté-je de répondre froidement au compliment sur ma mine affreuse. « Une grognasse m’a vomi dessus dans un bar. Je te cache pas que j’ai connu mieux comme début de soirée. » ajouté-je en haussant les épaules, grimaçant un peu au souvenir de la substance visqueuse et couleur pâté pour chat qui couvrait mon t-shirt un peu plus tôt. « Tu veux boire ou grignoter quelque chose ? » lui demandé-je par politesse, même si ça m’écorchait vraiment la gueule. Je me dirige vers la cuisine, tire sur la poignée de l’un des tiroirs, et sort d’un sachet une tranche de pain blanc. La bouffe du pauvre quand on a même plus de quoi s’acheter un sachet de chips et qu’on a envie d’avoir l’estomac plein rapidement. Je défais la mie entre mes doigts et pousse quelques morceaux dans ma bouche, en espérant que mastiquer suffise à me calmer un peu. « Bon, qu’est-ce qui t’amène sinon ? Je suppose que t’es pas venue jusqu’ici uniquement pour prendre des nouvelles. » J’attends le moment fatidique où Svet m’avouera qu’elle est venue uniquement pour me réclamer une dose, et me briser le coeur par la même occasion.
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Svetlana Maxwell
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Jeu 3 Jan - 2:37
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C’est comme la foudre qui s’abat après une accalmie. Lorsque les épais nuages ont quitté le ciel, que la pluie s’est tarie, que les rayons du soleil s’immiscent dans ce paysage post-apocalyptique. C’est ce rappel à l’ordre, tandis que l’odeur de pluie séchée sur le goudron a embaumé les ruelles, et que l’on serait tentés de penser à un renouveau, de miser sur la case espoir de toutes ses forces. Juste un peu, juste un instant, un court instant, où tout aurait pu être plus beau, plus chaleureux. Mais un éclair déchire le ciel. Le soleil prend la fuite, le ciel panique et devient bien plus sombre, le froid prend possession de nos corps grelottants. C’est la porte qui claque bruyamment derrière moi, et sa voix qui gronde, increvables les russes c’est vrai, coriace, comme si c’était une insulte d’être en vie, de tenir le coup, comme s’il espérait le contraire. Et je sais, pourtant, qu’il ne voudrait me voir autrement qu’animée par la vie, mais la violence de ce coup s’avère fatale, et déclenche tous les déluges que j’ai eu l’air d’attendre durant l’intégralité de mon existence. Alors, légèrement appuyée contre le dossier du canapé, je laisse un soupir inaudible s’échapper de mes lèvres vermeilles, et je passe une main sur mon visage. J’essaie de maintenir mon sourire en place, de ne pas avoir l’air d’une ridicule gamine à qui on aurait volé quelque chose, de ne pas être de ces pathétiques femmes à se jeter aux pieds des autres. Parce que ce n’est pas mon genre, que ça ne le sera jamais, mais que je suis trop dure avec moi-même, et la moindre preuve de faiblesse dont je pourrais faire preuve suffit à m’irriter. Parce que perdre mon sourire pour une simple phrase, c’est accorder trop d’importance, et Dieu qu’il en a, de l’importance, mais il ne doit pas le savoir, pas autant, pas déjà, pas maintenant.

Ses remarques se font de plus en plus froides, comme des liens qui tireraient sur mon sourire pour le  minimiser, pour le descendre. Ironiquement, d’ailleurs, comme s’il avait la simple envie de m’empêcher de sourire, idée isolée de toute chose, comme si on se réveillait un matin avec cette idée saugrenue et infondée. Mais c’est plus facile de me focaliser sur tous les muscles qui me permettent de sourire et qui relâchent la pression, qui abandonnent, que de me remettre en question, maintenant. Dix-sept. C’est le nombre de ces vaillants muscles qui me font sourire, travaillant simultanément, et je pourrais tous les citer, d’ailleurs je le fais dans mes pensées, pour oublier que nous sommes sur un bateau qui s’enfonce dans les eaux profondes. Navire prêt à sombrer. Carcasse bientôt oubliée.

Et l’entendre prononcer ce mot, liberté, celui que je chérit et que je revendique, semble fissurer mon muscle cardiaque. Parce que j’ai peur d’un peu trop bien comprendre où il veut en venir, et que je commence à le connaître, Hayden, pour parfois deviner ce qu’il a en tête. Son regard ne me trompe pas, je saisis sa colère.

« Pardon ? »

Ma voix est à peine audible, trop subjuguée que je suis, à remettre de l’ordre dans mes pensées anesthésiées et assourdies par mes battements cardiaques. Je met un moment à réaliser ce qu’il est en train de me dire, de sous-entendre. Trop occupée à passer en revue les jours qui se sont écoulés, où j’ai tenté de remonter la pente seule, comme toujours, parce que c’est ainsi que je détiens le moins de risques de tirer les autres vers le bas. J’ai trop peur de me servir d’eux comme tremplin, de faire les erreurs que l’on m’a imposées et qui m’ont menées ici, allongées au fond d’un gouffre auquel je n’étais pas censée appartenir. La dernière fois que j’ai aimé avec toute mon âme, j’aurais pu expérimenter ce fameux « amour à en mourir » dont parlent certains artistes. J’aurais pu apporter une fin funeste à quelque chose qui ne demandait qu’à grandir. J’ai tenté de sauver quelqu’un qui remontait la pente, l’exorciser de ses démons, et j’ai pensé y parvenir, avant de réaliser que c’est moi qui les avait intériorisés, récupérés par mégarde. Et lui, il descendait toujours cette pente, son sourire figé sur les lèvres, comme si lui aussi avait cessé de vivre. J’ai tenté d’élever quelqu’un d’autre et j’ai sombré, parce que certains ne veulent parfois juste pas être sauvés, et qu’observer une chute vertigineuse les délecte. Parce que je refuse d’agir avec Hayden de la même façon, parce que je ne suis pas moi-même certaine de la force de mes motivations, parce que je ne suis même pas suffisamment persuadée d’avoir le droit d’exister. Et sans cette certitude, c’est cette conjecture qui se rapproche de trop, celle où un gars à qui la vie a tout pris pourrait s’effondrer, et étouffer sous les ruines fumantes de la personne qu’il était. Parce qu’il aurait fait un mauvais choix, un de ceux que j’ai fait.
Parce qu’il aurait pris mes démons, et moi, son avenir.
Je reste bouche-bée et l’observe silencieusement se diriger vers la cuisine, après qu’il m’ait asséné d’une énième réplique emplie de froideur. Incapable de réaliser ce qui a pu le blesser, puisque s’absenter, s’éloigner, c’est ce que j’ai toujours fait lorsque je devenais trop corrosive, et c’est également ce que j’aurais aimé que l’on fasse avec moi, pour moi, par le passé. Reculer plutôt que de me laisser sauter. Suivre quelqu’un dans sa chute ne nous permet pas de remonter. On est juste l’imbécile qui a sauté. Celui qui va s’écraser, cent pieds plus bas.
Et je me retrouve, interdite, à l’écouter me raconter sa soirée affreuse, avec celle qu’il décrit comme une grognasse. Je me tend, sous la pensée futile qu’il ait pu se passer quelque chose avec ladite grognasse, ou avec une quelconque autre, si c’est bien là ce qu’il sous-entendait en mentionnant l’exploitation d’une nouvelle liberté. Mes yeux s’écarquillent, je suis sifflée, je pense avoir poliment décliné son invitation à m’offrir quelque chose à boire, ou à manger, ma voix me semble déjà lointaine. Comme si réaliser prenait toute mon énergie vitale, que j’étais prête à être court-circuitée, que l’on pourrait s’électrocuter rien qu’en me frôlant. Et il m’assène cette dernière phrase, arme tranchante, masse de vérité qui s’abat sur mes épaules, sur mon crâne qui bourdonne également, sur mes convictions qui s’étiolent. Je ne suis jamais restée silencieuse autant de temps, bouleversée par des choses qui me dépassent certainement, mais qui me frappent enfin et provoquent une grande inspiration. La première après un souffle coupé. Importante. Profonde. Mes pas sont rapides, grandes enjambées, je traverse la salle et me pose face à lui alors qu’il se retourne, plaquant mes mains de chaque côté de sa taille, sur le plan de travail de la cuisine. Je l’enferme, entre le meuble et mon corps, dans mon regard fougueux. Je fulmine, sans déterminer le destinataire de cette colère, sans réaliser que c’est moi.

« Qu’est-ce que tu insinues, hein, Barrow ? Que j’ai passé les derniers jours à me taper tout New York ? Que je débarque ici pour m’en vanter ? Non mais t’es malade ou complètement con ?, sifflé-je avec véhémence, incapable de calmer les mes palpitations cardiaques et ma respiration en peine. C’est quoi, ton problème, au juste ? »

Et je ne vois pas du tout ce que j’ai pu faire pour m’attirer ses foudres et qu’il me refuse son sourire. Je suis partie de chez moi dès que j’ai pu tenir sur mes pieds, dès que je me suis souvenue de comment je m’appelais, dès que j’ai réalisé ne plus avoir besoin des somnifères. Sortir de cette routine où le sommeil permettrait d’échapper à ses démons, où les cauchemars finissent par déborder sur la réalité. Alors, j’aurais dû regarder quel jour on est. J’aurais dû. J’aurais pu réaliser que cela fait deux semaines pendant lesquelles je me suis laissée pour morte, et pas seulement quelques jours, trop nombreux étant ceux pendant lesquels je n’ai que somnolé, trop éloignée de l’éveil.

« J’sais pas ce que t’as bouffé, mais tu devrais faire gaffe, au cas où t’as découvert un truc qui file une intoxication cérébrale. Alors quoi, tu crois que j’viens là pour te balancer une sorte de… tableau de chasse ? Tu m’as pris pour une salope, Hayden ? Il s’est passé quoi, ces derniers jours, pour que tu changes d’opinion sur moi ? »

Et je ne comprend pas, même si je le voudrais, parce que ça ferait trop mal d’admettre qu’on puisse compter vraiment. Autrement que dans les films où tout est visuel, autrement que dans les livres où tout semble facile. C’est réel. Nous deux, je pensais que c’était réel.
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Hayden J. Barrow
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Dim 13 Jan - 23:02

I'm tired of the games, I just want her back
Svetlana & Hayden

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]J’trouve que pour quelqu’un qui vient de se faire snober pendant deux semaines par celle qui est censée être ma petite amie - mais est-ce que je peux encore seulement considérer que c’est le cas ? Est-ce que Svetlana soupçonne au moins de ce que cela implique ? -, j’m’en sors plutôt pas mal sur l’échelle du sang-froid. J’ai toujours su que Svet était une fille instable, un volcan sur le point d’entrer en éruption à tout instant, mais le gros con que je suis a également toujours pensé - trop naïvement - qu’avec moi, elle se comporterait d’une manière différente, parce que je nourrissais le maigre espoir de compter pour elle, ne serait-ce qu’un peu. Ou, en tout cas, suffisamment pour qu’elle daigne m’envoyer au moins un texto lorsqu’elle aurait besoin d’air, parce que j’aurais pu comprendre, voire même essayer de l’aider. Mais non, comme d’habitude, Svetlana ne pense qu’à son petit nombril d’égoïste. Elle fait ce qui la soulage un peu - et ce qu’elle fait le mieux, en somme - : fuir. Fuir quand plus rien ne va, quand elle ne parvient plus à contrôler la situation, quand elle sombre et qu’elle veut se convaincre que s’en aller, c’est la meilleure décision qu’elle puisse prendre pour les autres, ses proches, qu’elle prend pour d’éternels assistés incapables de faire leurs propres choix, quitte à ce qu’ils soient mauvais. Au final, Svetlana n’a jamais été foutue que de penser à elle-même, et personne d’autre, disparaissant pendant des jours sans se demander si son absence me ferait souffrir, bien plus que sa présence qu’elle juge sans doute toxique. Et malgré ça, malgré le chagrin qu’elle m’inflige sans s’en rendre compte, j’ai été incapable de lui reclaquer la porte au nez lorsque j’ai croisé son regard. J’aurais dû, sans doute. Et qu’est-ce que ça m’aurait fait jubiler, intérieurement, de l’envoyer chier aussi violemment, faisant fi de ses sentiments, comme elle l’avait fait avec moi. Mais encore une fois, je m’étais montré faible face à son visage enjoué et lumineux. À la voir, qui aurait pu croire que son attitude me déchirait intérieurement, son sourire me faisant le même effet qu’une éventration en bonne et due forme. Mais au lieu de l’envoyer chier, cette foutue russe à la con, je l’avais accueillie quand même, je l’avais laissée rentrer chez moi, comme si rien n’avait changé. Certes, je lui avais servi quelques phrases cinglantes et froides, mais c’était bien peu de choses à côté de ce qu’elle avait infligé à mon ego déjà meurtri. Pourtant, à chaque fois que j’ouvre la bouche, Svet se raidit un peu plus, sans rien me répondre. Clouer le bec à Svetlana Maxwell, c’est une première. Mais à quoi doit me préparer son mutisme ? À une bombe à retardement.

Un seul mot s’évade d’entre ses lèvres. Un seul mot sous la forme d’une question et qui ne présage rien de bon. Je tourne la tête vers elle, le souffle coupé et le coeur battant, attendant la suite avec une certaine appréhension parfaitement palpable. Appuyé contre le meuble qui se trouve derrière moi, mes mains posées sur le bord de celui-ci, mes doigts se crispent nerveusement et mes paumes deviennent moites. Je ne baisse pas les yeux, plantant mon regard dans celui de Svetlana, attendant qu’elle m’assène soudainement un coup aussi inattendu que sournois. À grandes enjambées, elle traverse toute la pièce, jusqu’à se planter devant moi, juste avant de me percuter avec son propre corps. Juste avant qu’elle ne s’arrête, j’ai un réflexe de léger recul mais mes hanches viennent immédiatement buter contre le bord du plan de travail. Je suis bientôt encerclé par les deux avant-bras de Svetlana, qui se tendent de part et d’autre de mon bassin, pour m’emprisonner. Qu’est-ce qu’elle essaye de faire, là, au juste ? Elle espère m’intimider ? Me faire peur ? Ma respiration s’accélère tant je commence à m’enflammer intérieurement. Le ton qu’elle emploie est tellement agressif et cinglant que je ne trouve rien à répondre immédiatement. Je suis tout simplement scotché sur place, blessé par son culot, son absence d’empathie, sa froideur. J’ai peur de ne pas reconnaître la jeune femme dont je m’étais entiché au fond de ses rétines sombres qui ne sont traversées que par la colère et la rancoeur. Il me faut quelques secondes pour que toutes les connexions se fassent entre mes neurones, pour que je parvienne à rassembler toutes les choses les plus douloureuses que je pourrais lui dire - les fameux « vieux dossiers » - afin de la mettre à terre, comme elle était parvenue à me mettre à genoux. « Nan mais attends, c’est toi qui es en train de me demander ce qui s’est passé ces derniers jours, là ? Et c’est moi que tu traites de con ? Tu rigoles là, j’espère, hein ? Dis-moi que tu déconnes ! » Rapidement, mon ton monte dans les tours, si bien que la voisine doit avoir entendu très distinctement ce que je viens de dire, sans avoir besoin de coller son oreille contre la cloison qui sépare son appartement du mien. Les murs n’ont jamais été particulièrement épais, mais là, avec un volume aussi fort, elle peut assister aux Feux de l’amour en direct, et sans télévision. « C’est toi qui te casses pendant des jours, sans même me donner la moindre nouvelle, sans daigner répondre à mes messages, et c’est moi qui dois te rendre des putains de compte ?! » Mes mains se posent brutalement sur ses fins poignets, que je fais céder dans un geste brutal, pour la repousser assez rudement, et qu’elle s’éloigne de moi. J’ai besoin d’air, j’ai besoin de respirer. Svet m’étouffe quand elle est aussi proche de moi, à me souffler au visage son haleine aux effluves coléreuses et mesquines. « Pousse-toi ! » m’écrié-je en m’éloignant de quelques pas. « Franchement, tu crois que j’en ai quelque chose à foutre que tu te sois envoyé en l’air avec la moitié de New York ? Nan, t’en fais pas, j’ai bien compris que j’avais tout intérêt à en avoir rien à branler de ce que tu peux faire pendant que j’suis pas là, parce que de toute façon, j’ai jamais eu le droit de me préoccuper de toi, pas vrai ? Tu m’as prouvé, une fois de plus, qu’on a jamais vraiment été ensemble, toi et moi. » L’impensable est dit, prononcé, lâché, sur le ton le plus froid que je puisse employer. Ca va faire mal, ça va piquer, mais je sais que ça aura au moins le mérite de me soulager, l’espace d’un instant. « Je t’ai jamais demandé la lune, Lana, jamais. Moi, j’voulais juste une putain de relation stable, pour une fois. Une histoire qui foire pas après deux semaines mais rien que ça, c’est trop te demander. J’ai jamais été sur ton dos constamment, j’me suis jamais montré trop collant, je t’ai toujours laissé de l’espace. Tout c’que j’te demandais, c’était que tu me laisses une place dans ta vie. Que tu m’accordes un peu d’importance. Tu crois que j’vais tenir à ce rythme-là combien de temps hein ? Parce que moi, j’ai pas l’intention de te voir disparaître toutes les semaines sans rien dire, en attendant sagement que tu reviennes quand ça te chantera, t’entends ? Un couple, ça s’fait à deux, alors si y a que toi qui comptes dans l’histoire, vaut peut-être mieux qu’on en reste là, toi et moi. » Une phrase trop impulsive, comme d’habitude, que je regrette dans la minute où elle est sortie de ma bouche. Mais c’est trop tard. Ce qui est dit est dit et ne peut être effacé.
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Svetlana Maxwell
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Lun 18 Fév - 0:53
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I'm tired of the games, I just want her back

Sa respiration s’accélère. Je le sens à son souffle chaud qui me heurte et qui dégringole sur ma peau. L’électricité de l’air me traverse, grillant une à une toutes mes convictions. Colosse de marbre contre moi, homme que rien ne semble pouvoir impressionner, et qui a pourtant tenté de reculer. Le  cynisme d’un aimant qui finit par éloigner celui qu’il attirait. Deux électrons libres qui en ont assez de s’entrechoquer. Sa voix gronde et me transporte, incapable de déterminer s’il me fait vibrer ou trembler. Incapable d’identifier les émotions qui se heurtent au fond de moi et dont je tait la remontée à la surface. Son ton s’envole, sourd, menace de n’avoir mis aucune once de sérieux dans mes précédentes accusations, peur de ses réactions. Des images, trop usées faute d’avoir été trop observées, défilent devant mes paupières, polaroids de souvenirs endommagés. Les assiettes qui volent à travers la pièce, le bruit du verre qui s’éclate contre le carrelage, les éclats de voix, les coups de poing dans les murs, le monde qui tremble. Aaron qui me regarde avec ces yeux fous. Fous de rage. Les mains qui terminent leurs courses sur le corps vacillant de l’autre, désireux de faire absorber notre détresse. Et mon corps qui se teinte des couleurs du ciel tout en m’enlevant l’espoir de le revoir, lui et son soleil étincelant. C’est la voix tonitruante de cet homme brisé qui me replonge dans les souvenirs que je partage avec un autre dont la vie l’était tout autant. Mais, je ne faiblit pas, jamais, pas alors que ses pupilles s’arrêtent sur moi et que je vois en lui tout ce que j’espérais pour un avenir plus radieux. Un nuage moins gris que les autres, mais bien loin d’un soleil qui me brûlerait les ailes. Ses mots m’écorchent et ses mains me repoussent, faisant céder mes poignets, tandis que je bascule en arrière sans ménagement, et me ressaisis de quelques pas maladroits. Un souffle s’échappe de mes lèvres, appel d’air incontrôlé provoqué par la chute de mon myocarde au fond de ma poitrine. Probablement s’est-il brisé, lors de sa chute, puisque l’on dit souvent de lui qu’il est fait de pierre, sans préciser qu’il se révélerait précieux, diamant fragile, rubis friable.  

Pousse-toi

Je chancelle, il s’éloigne. Je bascule, il m’empoigne. Mon regard se fixe, inanimé, sur le sol immaculé. La brutalité de ses gestes, la férocité dans sa voix. Je suffoque. Il disparaît dans mon dos, je suis incapable de bouger, d’esquisser le moindre mouvement. Mes doigts refusent de se soulever. Mon corps s’est figé. Mes yeux brûlent. Un incendie s’est déclaré dans mes rétines. J’ai chaud, j’ai froid, je ne comprend pas. J’essaie d’encaisser, chaque mot, chaque syllabe qui dévalent sa voix, chaque son qui émane de ses cordes vocales. Une mélodie criarde, et je donnerais n’importe quoi pour la faire taire. Faites taire ces mots qui m’enflamment, ces lames qui m’empalent, je suis criblée de balles. Aucune n’est perdue. Visée avec précision. Dans le mille. La cible s’affale.

C’est moi, qui suis perdue, ballottée de pensée en pensée, incapable de faire le tri, parce que tout est trop important, lui, il est trop important. La stupeur, lorsque je l’entend me dire clairement qu’il n’en aurait rien à foutre que je me sois envoyée tous les êtres vivants de cette ville nocturne, et le croire, malgré tout. La détresse, lorsque ces mots ma lacèrent, et que je semble avoir prouvé une vérité affirmée, celle que nous n’ayons jamais été ensemble. Mensonge commun, partagé, enjolivé, choyé, même, un mensonge que j’ai trop aimé et qu’on aurait déguisé en vérité. La douleur, lorsque son ton froid me heurte ; je me suis écrasée sur la glace en pleine envolée.
J’entends enfin l’enfant torturé qui habite son âme, celui qui ne faisait que quémander un petit peu de stabilité, d’amour sans que tout soit compliqué, une attention pure et sans frivolité. Celui qui a juste espéré quelque chose de mieux, à défaut de quelque chose de bien. Avoir évolué dans un monde sombre et espérer un renouveau, une raison de se battre, mais surtout, une raison de ne plus avoir à le faire, jamais, une sécurité qui survivrait à chaque instant. La sérénité, enfin. Le calme après la tempête. L’arc-en-ciel qui succède à la pluie battante. Mes insécurités s’y sont opposées, à ce temps paisible, incapable de lui offrir ce qui aurait peut être le rendre heureux. Alors, est-ce que c’est ça, qui l’apaise ? Est-ce que considérer que je n’ai jamais existé lui permet d’avancer ? Est-ce que réaliser qu’il n’a jamais rien éprouvé l’empêche de sombrer ? Est-ce qu’il est à ce point nécessaire d’effacer jusqu’à mon souvenir pour se sauver ? J’ai baissé la tête, et voilà des secondes, des minutes pendant lesquelles je n’ai pas bougé. Jusqu’à limiter les mouvements de ma poitrine qui se soulève. Jusqu’à ressentir chaque battement de mon cœur mortifié. Et la colère qui vient jusqu’à gronder au fond de moi, qui fait trembler mes lèvres. Le dernier. Le coup de grâce. Mes paupières se ferment lentement. Mes yeux piquent avec hardeur. Mes poings se serrent jusqu’à faire blanchir la jointure de mes doigts. Mon corps se tend. Mes pieds acceptent de faire basculer le poids de mon corps et, lentement, je me retourne afin de lui faire face. Les traits éteints, durs, et les sourcils qui commencent à se froncer. Deux semaines. Ce sont bien les mots que j’ai pu happer dans ce flot de colère, qualifiant enfin ces secondes qui se sont écoulées sans que je sois capable de les associer à la réalité. Période d’absence bien plus longue que prévue, doublée, décuplée. Le trouble doit se lire sur mon visage. J’encaisse, avec tant de force que cela se mue en étincelle dans une forêt d’été. Herbe sèche. Flamme naissante. Forêt incendiée. Ville ravagée. Pays rayé de la carte. C’est mon monde qui est en train d’exploser, et tout ce que j’ai c’est une allumette face à un feu de forêt.

« Tu veux savoir ce que j’ai fait, pendant ces deux dernières semaines ? », prononcé-je d’une voix beaucoup trop lente pour ne pas être inquiétante, décortiquant chaque lettre, chaque son détaché sans prudence.

Un silence. Une pause. La rage qui bouillonne, l’impression de suffoquer qui se transforme en implosion.

« Je dormais. Ah, ça te choque, hein, que j’me sois pas envoyée du connard imbu de lui-même ou de la salope en quête d’attention. J’espère que t’es prêt à supporter autre chose que tes putains d’idéaux, parce qu’il va falloir t’accrocher, mon p’tit père. J’voulais changer, j’voulais t’offrir ce que tu voulais, et j’voulais voir le bout du tunnel, alors j’ai voulu me sevrer. Tu vas pas me dire que t’aurais voulu voir ça, l’héro c’est monstrueux quand ça t’attrape, Hayden, tu le sais, mais c’est encore plus destructeur quand ça te lâche. Alors j’me suis shootée aux médocs pour mieux supporter cette douleur qui m’aurait fait abandonner. T’aurais pas non plus apprécié d’me voir débarquer à trois heures du mat’ pour te demander ma dose. J’me suis réfugiée dans le sommeil pour plus rien ressentir de ce manque qu’aurait pu me flinguer. Alors à chaque fois que je rouvrais les yeux, j’avais envie d’crever, alors je reprenais un somnifère. A ça non plus, t’aurais pas voulu y assister. », sifflé-je avec agressivité, incapable de retenir ce flot de douleur qui empoigne mes poumons et les serre jusqu’à faire sortir la rage qui me tord les entrailles.

Je fais quelques pas vers lui, mais je garde une certaine distance. Non par pudeur, mais par sécurité, de peur de faire fuir ma bête sauvage qui m’a bien fait comprendre que ma présence l’intoxiquait. Pourtant, quand ils plongent dans les siens, mes yeux ambrés reflètent beaucoup plus la lumière qu’à leur habitude. Eux qui sont éternellement secs, promesse faite par un traumatisme de ne plus jamais verser de larme. Et les voilà, briller de mille feux, pour la première fois depuis des années, faiblesse appuyée contre le bord de mes paupières. Larmes que je ravalerai, je le sais, incapable de les laisser glisser le long de mes joue, pudeur émotionnelle. Mais des larmes qui s’appuient quand même au balcon des fenêtres de mon âme. Des larmes qui me narguent.

« Mais tu sais ce qui était le plus dur, Barrow ? C’est quand j’me suis réveillée après une semaine à comater ; parce que j’suis lâche, hein, tu l’as dit toi-même, et que la sensation de manque n’avait pas disparu. Parce que c’était plus l’héro, Hayden. C’était toi. Bordel. C’était toi qui me manquait. Et putain que ça faisait mal. J’voulais pas ressentir ça, pas comme ça, et merde, t’es corrosif, t’es comme un virus qui a muté et y’a même pas de vaccin. Alors c’est ça ? C’est comme ça que tout ça se finit ? J’ai attendu de redevenir consciente, j’ai conduit à travers cette putain de ville dans ma putain de caisse qui rend l’âme, pour te rejoindre dans ce putain d’appart et t’entendre dire que toi et moi ça ne sert plus à rien. »

Cette fois, c’est ma voix qui lâche la corde lancée par mon arrogance. Ma voix qui tremble, qui trahit les gouttes salées qui floutent son image, son regard poignant qui s’échappe. Son visage qui deviendra une ombre. Je suffoque, la colère acérant mes mots, et la détresse poignardant son être.

« Et puis merde, pour toutes les autres fois, Hay’, si tu voulais de mes nouvelles souvent il fallait me le demander, comment je suis censée savoir que tu en as besoin, hein ? Comment tu voulais que je devine qu’on pouvait avoir besoin de moi ? C’est écrit où, ça ? »

Je passe mes mains sur mon visage, d’une fermeté qui rougit mes joues halées, faites-moi taire, faites disparaître ces saloperies de larmes qui me menacent. Je propulse mes bras en avant et le pousse avec force, de la même façon qu’il l’a fait plus tôt. Combat mené avec grande évidence contre moi-même, colère à vouloir me neutraliser, m’exterminer, et lui faire comprendre que ce combat n’est pas contre lui, jamais. Que c’est plus facile de se battre contre les autres que contre sa propre ombre.

« Et tu sais quoi ? T’es qu’un connard à croire que je m’en fous de te perdre. T’es qu’un putain de connard, tu le sais, ça, hein ? Tu peux pas juste... me tourner le dos... Nous abandonner et m’dire qu’on a jamais existé, que ça a jamais été réel, tu peux pas juste me montrer que tu vas m’oublier à peine j’aurais passé cette putain de porte que t’auras jamais réparée et… et moi j’peux rien y faire. T'as volé toutes mes armes. J'ai plus rien. Je peux me sevrer de l’héro, mais j’peux pas me sevrer de toi. »

Courroux qui résonne dans l’appartement de par son agressivité, et, sous cape, quelque chose qui se brise.
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Ven 15 Mar - 23:42

I'm tired of the games, I just want her back
Svetlana & Hayden

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Les doigts qui se crispent douloureusement, je tente de soutenir tant bien que mal le regard de Svetlana. Ne pas céder, ne pas baisser les yeux ni les armes, ne pas lui laisser prendre le dessus, alors que je suis déjà en miettes face à elle, complètement vulnérable, mis à nu. C’est la colère qui me submerge, qui s’empare de moi et me nécrose le coeur de l’intérieur. L’organe palpitant à toute allure, faisant trembler la fine veine bleutée qui parcourt ma tempe, et qui menace de se décrocher d’un instant à l’autre. La pression artérielle est tellement forte que j’en ai mal au crâne. J’ai la sensation que ma tête va exploser d’un instant à l’autre, et que la déflagration va répandre des bouts de cervelle dans les quatre coins de mon appartement minable, dont les murs sont les seuls témoins de ma dégringolade sentimentale. Intérieurement, je suffoque. J’aurais préféré que cette conversation n’ait jamais lieu, parce que c’est tellement plus simple de se voiler la face, de placer ses mains sur ses oreilles, ses yeux et ses lèvres, et d’attendre que le mauvais moment passe enfin. « Bah ouai, vas-y, j’serais curieux de savoir. » sifflé-je, les pupilles assombries d’un voile de colère, les iris azures devenant soudainement grisâtres. Mes narines se mettent à palpiter en attendant la réponse de la brune incendiaire. Que va-t-elle bien pouvoir me dire ? Quel est son but ? Va-t-elle me dire la vérité, peut-être une vérité que je n’ai pas envie d’entendre, ou me mentira-t-elle, pour ne pas assombrir sa réputation déjà trop triste ? Je fulmine et mon esprit s’agite et tourne comme un lion en cage, sans pouvoir s’exprimer par le biais de mon corps. Je n’ai pas envie de donner la satisfaction, à la russe, que cette situation me touche et m’atteint bien plus qu’elle le devrait. En fait, je n’ai pas envie qu’elle me découvre dans mon état le plus pitoyable, parce que l’idée de lui laisser penser que ces deux semaines d’ignorance m’ont achevé me contrarie au plus haut point. L’aveu qu’elle me crache au visage me décroche un haut-le-coeur. Un sevrage. Qui l’aurait cru ? Pas moi. Moi le dernier, d’ailleurs. Je ne sais même pas quoi lui répondre tant je ne m’attendais pas à ça. En fait, je m’attendais à tout sauf à ça. Pourquoi a-t-elle voulu se sevrer ? Pourquoi ? Dit-elle la vérité ou me mène-t-elle en bateau ? Comment savoir ? Je tente de détailler son visage pour tenter de déceler, sur ses traits, le moindre indice de trahison, mais non, rien. Juste de la crispation et des yeux bien trop humides pour ne pas être sincères. « Mais bordel de merde, Lana, j’en savais foutre rien, de tout ça, moi ! D’ailleurs, comment voulais-tu que je sache ? Comment ? Comment, bordel ? J’ai eu aucune nouvelle et toi, tu t’offusques que j’ai pas deviné que t’étais en train d’te faire un p’tit sevrage des familles toute seule chez toi, comme si ça avait la moindre chance de fonctionner ? Tu t’étonnes que j’me sois imaginé le pire, mais tu ne m’as rien dit, Svetlana. RIEN. Comment j’étais censé savoir ? » Parce que prévenir, c’est surfait. Prévenir, c’est has been, c’est pour les pauvres nazes comme moi. Les queen, comme Svetlana, elles sont au-dessus de ça. Svet, elle fait sûrement dans la télépathie, et je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même de ne pas avoir saisi le message qu’elle m’avait envoyé par la pensée.

Je me mordille la lèvre inférieure, bouffé par l’anxiété et la colère. J’en ai marre de Svetlana. Elle me sort par tous les trous. Elle a eu tort, je le sais, mais elle est bien trop fière pour l’admettre. Elle préfère se cacher derrière des excuses et des prétextes soi-disant héroïques plutôt que de reconnaître tout simplement son erreur. Mais non, Svetlana Maxwell, elle ne commet jamais d’erreur. La profession qu’elle a choisie lui interdit d’être dans l’erreur, parce que le moindre faux pas, la première mauvaise décision, peut être fatal pour celui qui l’a subi. Mais là, on parle pas d’une putain d’opération chirurgicale. Là, il est question de sentiment et la russe ne peut pas se permettre de dégainer son habituelle froideur face à ce genre de situation. Mon coeur n’est pas qu’un putain d’organe qu’il faut faire redémarrer. C’est ce qui fait qu’elle me brise, sans même s’en apercevoir. « Mais si j’te manquais tellement, pourquoi tu m’as pas appelé une seule fois ? Pourquoi tu m’as pas envoyé un seul message ? À t’entendre, on pourrait croire que tout c’que t’as fait, tu l’as fait pour moi, dans l’ombre, parce que les justicières, comme toi, elles agissent toujours à l’abri des regards, pas vrai ? À t’entendre, on dirait que j’devrais te remercier pour tout ça, sauf qu’il y a aucun moment où tu t’es demandé comment j’allais. Tu m’as jamais appelé pour savoir comment j’vivais ton absence. » J’expulse les mots comme un noyé tenterait de faire sortir l’eau de ses poumons, à bout de souffle. Je ne pensais pas que Svetlana serait capable de me pousser la tête sous l’eau à ce point. Elle ne comprend pas que l’on puisse avoir besoin d’elle. Elle ne comprend pas que je puisse avoir besoin d’elle. Dès lors, comment suis-je censé la convaincre qu’elle se trompe ? Je ne sais même pas quoi lui répondre. Je suis tellement sous le choc de ces paroles que je me contente de ciller en entrouvrant légèrement la bouche. « Comment ? Mais j’en sais rien, moi ! Parce que ça coule de source, parce que ça va de soi, et que t’es la seule pour qui ça semble pas être logique ! Et si t’es toujours pas convaincue, Lana, bah j’te l’dis : ouai, j’ai besoin de toi. Et pendant ces deux semaines où tu m’as pas donné le moindre signe de vie, j’avais besoin de toi. » Ma voix devient vacillante et incertaine, tremblante et sourde. Mes yeux se couvrent d’une légère pellicule lacrymale, qu’un nouveau battement de cils suffit à faire céder. Une première larme dégringole le long de ma joue, pour finir par mourir dans ma barbe. Une autre lui emboîte bientôt le pas. En reniflant bruyamment, je passe le revers de ma manche sur ma joue pour tenter d’effacer les sillons humides. « Sauf que j’en peux plus, Lana. J’suis fatigué. J’suis au bout du rouleau. Tu comprends, ça ? J’arrive au bout, là. T’imagines pas à quel point ces deux semaines de silence m’ont miné. Alors j’ai besoin de savoir. J’ai besoin de réponse. Qu’est-ce que tu veux, Lana ? Qu’est-ce que tu attends de moi, exactement ? Tu veux vraiment qu’on reste ensemble ou tu veux qu’on en reste là ? » Ma voix s’éteint dans un gémissement douloureux, que je tente d’étouffer, sans succès.
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Svetlana Maxwell
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Sam 20 Avr - 17:31
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I'm tired of the games, I just want her back

Il est des maux si forts, si profonds, qu’ils nous donnent l’impression d’être trop apparents. De dépasser du voile derrière lequel on le dissimule. De s’illuminer dans la nuit, de briser le silence par un long hurlement agonisant. Des maux que l’on ne pourrait ignorer qu’en en ayant expressément l’intention. Notre sourire nous semble si faux, que même un aveugle devrait le remarquer, on en est persuadés. Personne ne pourrait passer à côté de ce monstre en fumigène sombre qui s’accroche à notre dos, un poids à nous voûter, à nous allonger sur le sol. Et pourtant, si. Les gens passent, et ne le voient pas, ce titan de suie et de cendres. Les gens croient nos sourires. Ils croient nos rires. Et c’est suffisant, je pense, ça l’est largement, pour laisser présumer d’un avenir heureux et d’un ciel lumineux. A trop faire semblant, on en oublie l’aspect de la vérité. On se berne soi-même, mais surtout les autres, qui ne peuvent décemment deviner ce que l’on tente désespérément de rendre invisible. J’étais persuadée que si Hayden avait besoin de savoir quelque chose, il lui suffirait d’observer, comme si ouvrir les yeux était suffisant pour comprendre ce qui ne peut se distinguer.

Je perçois ses éclats de voix et sa colère sourde, qui font vibrer violemment chacune de mes convictions pourtant érigées avec une stabilité que je pensais inébranlable. Il ne savait pas. Bien sûr qu’il ne le savait pas. Avais-je seulement l’intention de le tenir au courant de ce combat que je m’imposais ? Non. Assurément que non. Trop peur de l’attirer dans les abysses avec moi, certainement, ou trop peur d’y rester piégée, à être trop proche de ce qui me fait y plonger. S’il l’ignorait, peut être que tout aurait été pour le mieux, que je ne l’aurais pas entaché de mes démons, qu’il aurait été sain et sauf, loin de la menace que représente une petite amie camée en sevrage artisanal. Trop peur de l’influencer, de le bouleverser, qu’il soit un peu moins le Hayden Barrow que j’ai pu connaître, trop peur de le miner jusqu’à ce qu’il ne devienne que l’ombre de lui-même, comme cela a pu m’arriver par le passé. Je suis désormais bien trop loin de l’image que je renvoyais, l’adolescente aussi modèle que rebelle, trop optimiste, trop gentille, que l’empathie a fait brûler dans un enfer caché. Ses mots me frappent avec une violence inouïe, et apaisent, quelque part, cette auto-justification toxique qui n’a eu de cesse de m’aveugler. Hayden n’est plus un enfant, depuis longtemps déjà, à défaut d’avoir grandi un petit peu trop vite. Il aurait compris. Il aurait pu gérer. Il en était capable. Mais je lui ai retiré ce choix qui lui appartenait pourtant, tentant d’accomplir un rôle de justicière que personne ne m’a demandé de revêtir.

Ce sont d’autres mots qui s’échappent, cette fois, et qui me font relever les yeux sur cet homme bouillant de rage. L’impression de plonger dans une eau glacée et de s’étouffer, de grelotter mais de se liquéfier, aussi, par le feu qui sévit à l’intérieur. « J’ai besoin de toi ». Le cligne des yeux plusieurs, fois, peu certaine d’en comprendre le sens, ou d’être suffisamment préparée à l’idée de pouvoir compter pour qui que ce soit. Pour peu que ce soit faux, la méfiance aura pris le dessus, et écarté jusqu’à la pensée la plus raisonnable. Mais, cette fois, les cibles ont été trop touchées, trop lacérées. Elles sont tombées, et il ne reste que moi, dressée face à lui. Vulnérable. Et je le déteste, de me rendre si vulnérable, par l’exposition de mes sentiments mis à nus, impossible de les réfréner. Effrayée de ne plus savoir comment me protéger, avec tous ces murs qui ont cédé. Une larme s’échappe de ses yeux. Elle n’est pas solitaire. Il pleure. Hayden pleure. Sa voix s’éteint, j’étouffe. Il gémit, je lâche les armes.

« Ce n’était pas logique. Non. Ça ne pouvait pas l’être, parce que j’ai trop entendu l’inverse, que ma présence tirait vers le bas et… j’avais peur d’agir comme…, lâché-je enfin alors que ma voix se craquelle, jusqu’à mourir au fond de ma gorge, le regard embué qui vogue dans la pièce, et la respiration haletante. Je pensais juste qu’il y avait des guerres que je devais mener seule. J’avais peur que ton regard change. Ce sevrage de merde, c’est quelque chose que j’ai trop vu chez les autres et… je voulais pas te traiter comme ça. J’voulais pas que tu me vois dans cet état. T’as raison, tu mérites mieux que ça. »

Mes yeux cherchent une échappatoire à cette anxiété qui fait trembler tous mes membres, les poings serrés, l’impression de chuter, mais les pieds qui demeurent un peu trop ancrés dans le sol. Mes iris rencontrent les siennes, osent les affronter, me propulsant sur un champ de bataille que j’avais tant pris le soin d’éviter, trop peur d’y mettre les pieds. Mais les obus y ont plu sans attendre que naisse mon courage, et ma lâcheté a estropié son regard auparavant joyeux. Parce que j’ai mené cette guerre les yeux fermés, pour moins la voir. Pour nier les effets qu’elle avait, parce que je ne les aurais pas supportés. Cette fois, je vois. Son état. Son âme. Je le vois, lui. Un soldat dans une armure d’acier, que j’ai pourtant réussi à amocher, par une confiance pas assez allouée, et des sentiments emprisonnés comme pour les empêcher de me blesser. Un pas prudent en avant, mon regard s’enfonce dans le sien, cherchant simultanément dans chaque œil, le moindre signe, le moindre éclat.

« Je n’ai jamais su ce que je voulais. Mais je sais ce que je ne veux pas, annoncé-je après une pause, avant de reprendre une profonde inspiration, saccadée par les hoquets de sanglots bloqués dans ma gorge. Je ne veux pas te réduire à une simple survie. Je ne veux plus jamais te voir aussi blessé. Je ne veux pas être égoïste, parce que je sais que tu ne seras jamais absolument épanoui avec moi, mais j’veux pas penser à ça non plus. J’veux pas te faire des promesses parce que j’ai trop peur de te mentir, mais si c’est le moment pour être honnête, je ne peux pas non plus te dire que tu ne comptes pas. Parce que c’est faux. Et ça me fait peur, d’avoir à ce point besoin de toi. J’avais peur de tout mélanger, avec l’héroïne, de ne plus savoir quoi dissocier. Mais... c’est tellement différent. J’pensais pas pouvoir vivre sans héroïne, pourtant, j’aurais voulu m’en détacher plus tôt. Mais toi… Je peux vivre sans toi, Hayden. »

Mes pas m’ont menés jusqu’à lui. Sa respiration est profonde, gorgée de rage. Son souffle chaud et ses yeux ardents m’hypnotisent. Ma main monte et se pose prudemment sur sa joue, le pouce chasse une larme de cristal. Elle roule, presque à scintiller sous les halogènes, et glisse sur la pulpe de mon doigt.

« Je peux vivre sans toi, mais je ne le veux pas. Plus jamais, murmuré-je d’une voix tremblante, malgré une inspiration qui se voulait apaisante, et qui finalement, n’a provoqué que des vibrations désespérées dans tout mon corps. Je ne peux pas te protéger comme ça, dans le silence, alors… Je ne te dis pas que ça sera facile, mais je vais apprendre… à te parler, de tout, même si ce n’est pas glorieux. Plus de mensonges. Je ne t’abandonnerai plus. Je suis tellement désolée de … ne pas gérer. D’être complètement conne quand il me prend d’aimer un peu trop. »

Les fameux mots encore jamais prononcés auparavant, toujours sous-entendus, comme s’il suffisait d’être doux pour le laisser supposer, comme si ça suffisant, tout simplement. Face à la détresse de le perdre, ce sont mes barrières qui chutent sur le sol, et on entend, au loin, un cesser le feu, la fin d’une guerre qui a fait trop de blessés. La poudre qui constelle le sol et les milliers d’étoiles éteintes devant un tel désastre, mais, pourtant, une lueur d’espoir qui subsiste lorsque mes pupilles se plantent dans les siennes.
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Your bottle’s almost empty, you know this can’t go on. The needle’s breaking your skin, the scar is sinking in. And now your trip begins. But it’s all over for you.  ▬ When you’re on the edge and falling off, it’s all over for you.
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Hayden J. Barrow
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Sam 11 Mai - 17:45

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Svetlana & Hayden

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]À bout de souffle, dans l'attente des paroles que j'espère salvatrices de Svetlana. Je ne pensais plus jamais la revoir, ou peut-être pas avant qu'elle ait besoin d'une nouvelle dose, que j'aurais été en mesure de lui fournir. Et là, j'aurais eu la certitude que Svetlana n'en a rien à faire de moi, et qu'elle me considère simplement comme son fournisseur officiel. Mais peut-être est-ce le cas, et que je ne suis tout simplement pas encore au courant. Les personnes dépendantes sont souvent les plus manipulatrices et, dès que Svetlana courbe légèrement l'échine et baisse les armes pour ouvrir son cœur, je ne peux m'empêcher de me méfier. D'un revers de la manche, j'essuie maladroitement les larmes qui avaient grimpé jusqu'au bord de mes yeux, et qui ont fini par dégringoler, par faiblesse, le long de mes joues barbues. Je déteste être dans cet état de vulnérabilité face à Svetlana, je déteste lui prouver, par des signes physiques évidents, que son absence m'a profondément touché. Je préférerais être insensible à toute cette souffrance, laisser mon cœur s'endormir pour toujours pour ne plus avoir à m'inquiéter quotidiennement pour elle, mais c'est impossible. Ce n'est jamais la raison qui prend le dessus quand il le faudrait. « Et ça fait combien de temps que tu mènes ce combat seule ? Plusieurs mois ? Des années peut-être ? Ça fait combien de temps que t'essayes de te convaincre que tu vas parvenir à arrêter seule ? Et ça fait combien de temps que tu te prends la dure réalité au coin de la tronche, comme on se prendrait une gifle en plein visage ? » Svetlana croit-elle sincèrement qu'elle va s'en sortir de cette façon ? Ou essaye-t-elle de se convaincre elle-même, à force de s'être nourrie, depuis toujours, de désillusions ?

Ses paroles sonnent comme une révélation étrange, qui n'a rien de foncièrement rassurant, quand on les décortique en détail. Svetlana tient à moi, ça semble être l'évidence à laquelle elle a été confrontée au moment de cette tentative bancale de sevrage. Cool. Tant mieux. Je devrais me réjouir, je suppose. Et pourtant, je n'y arrive pas. Qui aurait pu croire que mon gagne-pain deviendrait aussi la source de mon principal malheur ? « Tu as besoin de moi. » Je roule des yeux, les lève au ciel et pousse un soupir douloureux et cynique. « Et il t'a fallu être six pieds sous terre pour t'en rendre compte ? Est-ce tu vas à chaque fois avoir besoin de passer par ce stade pour réaliser que notre relation n'est pas complètement futile ? Et si tu ne peux pas t'empêcher de me faire souffrir, mais que tu n'as pas envie de me blesser... » Je sais que la suite de ma phrase va sonner comme la déflagration d'une bombe. Une déflagration sourde, lointaine, qui explose les tympans avant même qu'on le réalise. « Pourquoi tu restes ? » Et au moment où Svetlana me dit qu'elle peut vivre sans moi, ma respiration s'arrête instantanément. Mon cœur manque un battement, une micro-seconde sur un électrocardiogramme agité, sans doute. Mais une micro-seconde suffisamment longue pour me faire blêmir instantanément. Puis, revient ce soulagement. Nécessaire, mais temporaire. Celui qui dit que les choses ne sont pas aussi graves qu'elles en avaient l'air, que toute cette douleur n'est qu'une exagération produite par mon imagination. Svetlana s'approche et pose sa main délicate sur ma joue ruisselante et humide. « Et si c'était trop tard ? » Ma main se pose sur son poignet et se referme sur celui-ci, pour l'éloigner de mon visage enflammé par cette crise de larmes. Mon cerveau brûle douloureusement dans ma boîte crânienne. « Et si on avait atteint un stade de non retour, Lana ? Et si j'y arrivais plus ? » Ma voix s'étouffe et se meurt dans un ultime sanglot, un sanglot qui s'évanouit tout au fond de ma gorge nouée. « J'ai besoin de temps pour réfléchir... À ce que je suis encore en mesure de m'infliger, si tu ne peux pas m'assurer que ça ne se reproduira plus... » Je lâche le poignet de Svetlana et baisse la tête en fermant doucement les yeux. Peut-être que lorsque je les rouvrirai, elle se sera évaporée. C'est sa spécialité, après tout. Mais non. Lorsque mes paupières se soulèvent à nouveau, elle est toujours là, face à moi, comme un accusé qui attend sagement sa sentence, planté devant le juge. Je la contourne, m'approche de la porte que j'ouvre et me tourne vers la jeune femme. « Va-t-en s'il te plaît. » Ces paroles sortent de ma bouche comme des assauts douloureux, qui transpercent mes cordes vocales de part en part. Ce n'est pas un adieu, c'est un simple au revoir, le temps de méditer, mais peut-être que Svetlana va l'interpréter d'une toute autre manière.
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