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Lola T. Manning
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Mer 16 Jan - 0:15

And after all this, won't you give me a smile ?
Jacob & Lola
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Tout ce dont tu avais besoin, c’était partit. Peu importe la destination finalement, tant que New-York n’était plus ton point de repère. Une journée, deux ou une semaine, ça non plus ça n’a pas vraiment d’importance. A trop longtemps rester dans la grosse pomme, tu as juste ressenti ce besoin d’aller voir ailleurs. Et puis tu n’es pas seule, preuve que ce n’est pas de la solitude dont tu rêvais mais de quelque chose de bien différent. Un SMS, quelques mots échangés et vous voilà dans cette voiture, en direction du Vermont, direction Woodstock. Rien que le nom fait rêver et pourtant, rien à voir avec ce festival auquel tu aurais tant rêver de d’assister. 1969, c’était à Bethel, dans l’Etat de New-York alors non, rien à voir avec cette ville, votre destination pour tu ne sais pas exactement combien de temps. Toi, t’es juste dans ta petite bulle de bien-être aux côtés de Jacob, à compter un peu tout ce que tu peux voir par la fenêtre et qui attire un tant soit peu ton attention. Tu fais comme chez toi dans cette voiture qui n’est ni la tienne, ni la sienne. Une location qu’il t’a dit, ça t’importe peu. Ton siège à moitié allongée, tes chaussures retirées et tes pieds sur le tableau de bord, c’est comme ça que tu te sens bien, te fichant un peu de l’image que tu renvoies. En général, t’es un peu trop timide mais Jacob, c’est différent. Il est celui en qui tu dois avoir confiance, celui qui peut t’apporter des réponses, un peu plus qu’il ne l’a déjà fait en tout cas. T’es peut-être pas comme toutes ces filles qui se dévoilent bien trop facilement, tu as ta pudeur, t’es juste toi-même. « Tu peux répéter cette histoire de Spotify et de blue… bluetooth là ? » Tu as un sourire amusé, tes lunettes de soleil que tu descends vaguement sur ton nez pour le regarder alors que lui continue de fixer la route. Tu es de la vieille école Lola, en matière de musique, c’est les vinyles, ce sont les vieilles gravures sur cassette trop démodées aujourd’hui. Les disques ? Ca passe encore mais c’est ton dernier recours. Le reste c’est un autre monde, un autre langage pour toi et t’es pas certaine de vouloir que ça change. Penchée en avant, le geste suffit pour que tu attrapes ton sac et en tire un disque, t’avais prévu le coup, ne sachant pas vraiment la voiture que vous auriez. Et là, les cassettes, c’est décidément un peu trop vieux pour la cadillac qui vous traîne dans le Vermont. « A défaut d’avoir le lecteur de cassettes, on va se contenter de ça. » Et tu glisses le disque dans la fente de l’autoradio. Une gravure que tu connais par coeur évidemment pour avoir chacun des vinyles dans ta collection personnelle. Silence, lecture et c’est London Calling, The Clash qui retentit dans la voiture et toi, t’es la plus heureuse de ça. Tu pourrais en parler pendant des heures probablement, l’écouter pendant tout autant de temps sans jamais te lasser. Tu fredonnes les paroles qu’en temps normal, tu hurlerais si tu étais seule, une preuve de ta retenue, du peu de bonne tenue qu’il te reste encore aujourd’hui. « Tu veux pas me parler un peu d’elle ? » Tes jambes que tu croises, faisant tomber un pan de ta robe sur le côté, à ton regard que tu portes sur lui, tu essayes de paraître sereine mais c’est difficile, compliqué quand le sujet principal de votre voyage débarque à l’improviste, venue de nul part entre deux parole de Clash.



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Jacob E. Peters
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Mar 22 Jan - 14:38
Partir. Après tout pourquoi pas ? Rien ne m’oblige à partir longtemps, à partir un jour, sans retour, sans me retourner, ne rien regretter. Je peux juste m’éloigner de toute l’agitation de ces derniers jours. D’un côté les choses se sont brisées, de l’autre elles se sont accélérées. Qui l’eut cru ? Moi le premier je n’aurais jamais pensé que cette hypothèse serait un jour réelle. Mon manuscrit publié ? Je peine encore à y croire. Moi Jacob Peters, auteur. Ça sonne plutôt bien vous me direz. Je devrais peut-être faire des cartes de visite. Oui bon, c’est un peu trop, je sais. Mais admettez quand même que ça pourrait être plutôt classe.

Le voyage ? Ah oui. Le Vermont. C’est une longue histoire. Il y a quelques jours Lola et moi avons échangé quelques messages sur notre envie respective de nous éloigner de New-York un temps, pour diverses raisons, qui ne sont évidemment pas les mêmes d’un côté et de l’autre. Notre amitié est née plutôt bizarrement. Pour tout vous dire, je n’ai pas cru à sa première approche, je l’ai même prise pour une folle en me demandant ce qu’elle me voulait. Puis après un certain nombre de recherches, de coup de téléphone et de remise en question sur ma façon de penser, j’ai fini par admettre que finalement, tout était possible. Lola est la sœur de Méloé. La sœur jumelle en fait, grâce à un miracle assez incroyable. Lola et Méloé étaient sœurs jumelles mais elles n’avaient pas le même père. Oui, c’est possible, croyez-moi, j’ai vérifié à toutes les sources que j’avais sous la main que c’était bel et bien quelque chose de faisable. Je vous passe tous les détails mais ils se trouvent que les filles sont nées d’une mère porteuse qui a reçu une fécondation in vitro de deux hommes ce qui a créé un cas de superfécondation et donc deux œufs distincts : Lola et Méloé. Pour de plus amples détails, je vous renvoie à Google qui sera bien plus érudit que moi sur la situation.

Méloé ne m’avait jamais parlé de sa situation. Je ne sais même pas si elle était au courant qu’elle avait quelque part une sœur jumelle. Quand bien même, est-ce que c’est vraiment le genre de choses dont on parle à tout le monde ? Même nos amis les plus proches ne sont pas toujours en mesure de comprendre certaines situations. C’est de toute façon une question à laquelle je ne pourrais très certainement jamais répondre. Une réponse parmi tant d’autres.
Dans certains de ses traits Lola me fait penser à Méloé. Je la retrouve souvent dans son magasin de disques, comme ça pour papillonner, pour parler, pour découvrir. Et des fois je l’observe. Sa manière de froncer les sourcils lorsque son ordinateur lui résiste, ou son sourire lorsqu’elle a l’occasion de partager sa passion avec l’un de ses clients, dans ces moments là je vois sa sœur. J’ai souvent eu un pincement au cœur en me rendant compte de leurs similarités mais aujourd’hui c’est différent. J’aime revoir un peu de Méloé en Lola et pouvoir me souvenir. Je ne veux pas oublier et elle m’en empêche, à sa façon.

Tout est prêt. J’ai déposé Benjamin dans sa deuxième maison, j’ai organisé mes rendez-vous pour me dégager du temps, j’ai mis assez de vêtements propres dans mon sac et surtout, je n’ai pas prévu de prendre la Jeep. Souvenez-vous de ce qu’il s’est passé la dernière fois que j’ai eu la merveilleuse idée de prendre ma voiture pour faire une distance de plus de dix kilomètres. À peine à la moitié du chemin elle s’était mise à fumer, comme si elle allait prendre feu, nous obligeant à nous arrêter Keala et moi. S’en était suivi notre première dispute. La première de la série maintenant que j’y pense. À croire que finalement cette Jeep porte malheur. J’aimerais éviter de foutre en l’air mon amitié avec Lola comme je l’ai fait avec Keala et j’ai donc loué une voiture pour le trajet, afin d’éviter tous les risques possibles. Et entre nous, je ne donne pas cher de la Jeep face à la neige.

Avant de nous lancer sur la route, j’ai pris le soin d’expliquer à Lola comment fonctionne spotify dans la voiture. Lola ou le paradoxe à l’état pur. D’un côté c’est une youtubeuse beauté depuis des années, donc on peut penser qu’elle gère relativement bien les nouvelles technologies. De l’autre, et ce dès qu’on touche à la musique, c’est une puriste qui refuse les nouvelles choses pour rester dans sa zone de confort. Alors je suis prêt à parier que si j’ouvre le sac à ses pieds je vais y trouver au moins deux ou trois CD. Mais pour le moment elle ne dit rien et me laisse envoyer de la musique à travers l’application.
L’ambiance dans la voiture est bon enfant, détendue. Lola a allongé son siège pour se mettre à l’aise pendant que je chante sans aucune pudeur les paroles de ce qui passe. Et puis Lola, égale à elle-même, se perd face à Spotify. Je vous l’avais dit que ça finirait comme ça. Je souris et tourne la tête vers elle. Son air amusé me laisse penser qu’elle aussi savait que les choses se termineraient de cette manière. Elle a voulu faire l’effort, je ne peux pas lui en vouloir, c’est plutôt mignon de sa part. Mais elle n’est pas faite pour ça. Je coupe l’application en la voyant se pencher sur son sac pour en ressortir un CD. J’aurais dû parier !
À défaut d’avoir un lecteur de cassettes ? Toujours plus loin avec la musique celle-ci !

- Oh excuse-moi d’avoir voulu prendre quelque chose de confortable pour que tes fesses soient à l’aise pendant les quatre longues heures de trajet qui nous séparent de Winhall !

Je lui tire la langue. Je la connais, Lola, elle aurait été la première à ronchonner si elle s’était retrouvée dans un vieux taco qui n’avance pas. Il ne faut pas croire, elle a son caractère la jolie blonde. Elle a ses défauts aussi, un peu boudeuse, un peu têtue, mais elle reste attachante et me fait rire.

- Promis, la prochaine fois je trouverais une voiture avec un lecteur de cassettes !

Les premières notes de London Calling résonne dans la voiture. Mes doigts tapent en rythme sur le volant. Elle a de bons goûts musicaux, je ne peux pas lui retirer ça. London Calling fait partie de mes chansons préférées. Je me souviens écouter cette musique à l’aéroport avant de prendre mon avion pour l’Angleterre. À l’époque je ne connaissais les Clash que de très loin et je ne m’étais jamais penché plus que ça sur leur musique mais le fait de trouver « London » dans un de leur titre m’avait convaincu que ça pourrait m’aider à me mettre dans le bain. Vous connaissez la chanson, vous comprenez ses paroles, vous vous doutez bien que ça n’aide en rien à se mettre dans une quelconque ambiance londonienne au vingt-et-unième siècle mais je m’étais laissé emporter par la musique. Finalement mon trajet s’était au son du rock des années 70. Je crois qu’il est plus rassurant de voyager à l’autre bout du monde quand on est entouré des Queens, des Clash ou encore des Led Zep. Allez savoir.

Et puis sorti de nulle part, la question qui me fait immédiatement tourner la tête. Bien sûr, j’aurais dû m’y attendre. Après tout, le voyage en lui-même est tournée vers elle, Méloé. Winhall, dans le Vermont, n’est pas une destination que nous avons choisi par hasard. C’est là que l’histoire s’est arrêtée.
Nous n’avons jamais vraiment pris le temps de parler de sa sœur. Par brides, par sous-entendus, mais il était sûrement trop tôt pour aborder le sujet plus en profondeur. J’imagine qu’elle n’était pas prête, je sais parfaitement que je ne l’étais pas. Et puis les mois ont passé et il est temps d’avancer. Je prends une inspiration à peine visible pour me donner du courage.

- Quand j’étais en dernière année au lycée j’ai visité plusieurs universités avant de faire mon choix. L’Université de Chicago était dans ma liste. Quand je suis arrivé je l’ai tout de suite repéré avec ses grands yeux noisette et son aura. Elle dégageait quelque chose de particulier et je crois que tout le monde se sentait attiré d’une certaine manière vers elle. Et elle le rendait bien. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi souriant et altruiste, particulièrement avec des inconnus. Comme tu t’en doutes, j’ai totalement craqué pour elle. Comme tu t’en doutes également, elle a totalement craqué pour le beau gosse qui nous faisait visiter la fac.

Je marque une pause et je me tourne vers Lola en me retenant de rire. Inutile de le cacher, ma longue et douloureuse histoire avec la gente féminine ne date pas d’hier.

- J’ai quand même réussi à me retrouver dans le même groupe qu’elle durant le week-end et nous avons un peu sympathisé. Elle m’a dit qu’elle s’appelait Méloé et qu’elle voulait étudier l’économie et que Chicago était son choix numéro un, grâce à Milton Friedman et son influence sur toute la pensée autour de l’économie qui avait influencé le monde durant la deuxième partie du vingtième siècle et était né ici, à l’université. Ouais voilà, j’ai fait la même tête que toi quand elle me l’a dit ! Si ça peut te rassurer, je n’avais aucune idée non plus de qui était Milton Friedman avant que ta sœur ne m’en parle. Mais elle était brillante et sa culture impressionnante. C’est d’ailleurs elle qui m’a appris ce qu’est l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie ! C’est la peur des longs mots si tu te poses la question.

Entre nous, cette information ne m’avait jamais servi à rien avant aujourd’hui mais pourtant elle ne m’est jamais sortie de la tête pour autant. Mais c’était aussi ça Méloé. Elle vous marquait sans que vous vous en rendiez vraiment compte. Elle s’arrangeait toujours à laisser une petite marque de son passage en vous.

- Et puis nous sommes rentrés chacun chez nous, sans échanger ni numéro, ni facebook, ni aucun autre contact. Alors j’ai continué ma vie, j’ai passé mon diplôme et j’ai été accepté à Chicago alors j’y suis retourné quelques mois après. Voilà, tu as deviné. Dès le premier jour j’ai croisé Méloé et elle m’a reconnu, à ma plus grande surprise. Nous sommes allés manger une pizza ensemble sur le campus. Tu savais qu’il y avait une des meilleurs pizzerias du monde sur le campus de Chicago ? Ok, peut-être pas du monde mais qu’est-ce que c’était bon ! Une spéciale de la pizzeria, la préférée de Méloé, avec de la sauce tomates, des épinards, des pepperonis, des boulettes de viande et de la mozarella. Moitié champignons pour elle, moitié piments pour moi et supplément croute au fromage.

Mon ventre gargouille légèrement à l’évocation de ce souvenir. Je ne suis pas retourné à Chicago depuis la fin de mes études mais je serais prêt à faire des milliers de kilomètres rien que pour cette pizza. Il faudrait que j’y amène Sidney un jour où elle vient chez mes parents avec moi. Ces pizzas sont faites pour être partagées et je suis sûr qu’elle en serait dingue !

- Comme prévu, Méloé a commencé à étudier l’économie pendant que je faisais mon petit bout de chemin dans les lettres. Mais pourtant on a continué à se voir au moins une fois par semaine autour d’une pizza. Elle faisait partie de l’équipe universitaire de football. Elle n’avait jamais joué avant d’arriver à Chicago et, crois-moi, le résultat était hilarant. Je dirais qu’il lui a fallu au moins trois mois avant d’arriver à shooter correctement dans un ballon sans manquer la balle ou de tuer quelqu’un. Ouais, voilà, pas l’une de ses plus grandes qualités. Mais elle aimait ça. Ça lui permettait de se dépenser et de rencontrer du monde. J’allais la voir au foot et elle venait me voir au baseball. C’est toujours sympa d’avoir des supporters quand on fait du sport. C’était une vraie furie quand on allait voir des matchs d’ailleurs, peu importe le sport. Elle était prête à bondir à chaque injustice, hot dog à la main, bière dans l’autre. Elle aimait beaucoup danser, sortir, rencontrer des gens. Et comme toi elle aimait la musique. Toutes les sortes, en vinyles particulièrement. Tu le savais ?

Je laisse la place au silence quelques instants, pour laisser le temps à Lola de digérer ce que je viens de lui dire. Je réalise que je lui en ai peut-être dit beaucoup, voire trop, d’un coup.

- Ça va ? Tu veux que je continue ?
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Lola T. Manning
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Mar 29 Jan - 23:10

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Jacob & Lola
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La technologie, c’est bien loin de ton univers habituel. Tu es plutôt de la vieille école Lola, ce n’est un secret pour personne. Dans tes croyances et tes actions, tu restes jeunes, mais tu es aussi attachée à cette vieille musique bien mieux sur des cassettes ou des vinyles que sur ces plateformes qu’il a essayé de te faire intégrer. Ca peut être bien, t’es loin de dire le croire, ni même de le penser mais c’est juste pa spour toi. La remarque qui se fait à la volée alors que tu ne peux t’empêcher de garder un sourire sur tes lèvres. C’est plaisant de ne pas avoir à chercher tes mots avec Jacob et de juste pouvoir dire ce qui te passe par la tête. Rares sont ceux qui sauraient supporter ton caractère. Discrète, tu l’es toujours mais tu ne te gênes souvent pas pour dire ce que tu penses, quand tu le penses. Tu es un contraste à tout toute seule. Si tu sais être maladroit et discrète, tu sais aussi bien souvent ce que tu veux et quand tu le veux. Un soupir résonne dans la voiture, un soupir exagéré dont tu es l’auteure, dont tu n’as pas honte alors que ton regard va se poser sur le conducteur. T’es pas certaine qu’il sache te supporter bien longtemps, ce voyage est un peu un test, tu vas essayer de faire des efforts, tu le peux en tout cas parce que c’est pour la bonne cause, c’est pour toi qu’il a accepté et tu lui dois bien ça. « Tu marques un point, et puis je reconnais qu’elle est pas si mal cette voiture. » Même si elle n’a pas de lecteur de cassette. Tu ne le dis pas mais tu le penses fortement en réalité. T’es trop de la vieille école, il te faudrait probablement évoluer vers du un peu plus récent, que ça soit pour toi ou juste pour le confort de tes clients, tu pourrais diffuser de la musique plus facilement par exemple. C’est noté dans un coin de ton esprit, tu essayeras d’apprendre même si c’est loin d’être sûre que tu y parviennes. Vos caractères sont semblables autant que différents, ça t’amuses juste toi, de le voir te tirer la langue comme un enfant. C’est toi normalement qui fait ça, c’est ta façon de faire, accompagné de ce petit air boudeur que tu ne réserves qu’aux occasions spéciales. C’est pas tous les jours que tu vas dans un autre Etat, que tu pars pour le vermont de toute façon alors en soit, cette journée est à elle seule suffisamment spéciale pour ne rien faire comme tu peux en avoir l’habitude. Tu ne diras jamais non à un lecteur cassette mais tu gardes ça pour toi, te contentant d’insérer le CD dans la fente du lecteur, profitant des premières notes de London Calling qui retentit. Les yeux clos, la tête qui dodeline en rythme, tu souris en l’entendant marquer le rythme sur le volant quand toi, tu te contentes de chanter. T’as pas honte de tes goûts musicaux, de cette vieille musique qui a bercé ton enfance, ton adolescence et qui encore aujourd’hui te fait passer de bons moments. T’es bien là, comme si rien ne pouvait gâcher ce moment de quiétude. Mais il faut croire que tu en as décidé autrement à venir poser cette question sortie un peu de nulle part. Elle. Celle que tu as découvert être ta soeur, jumelle en plus de ça après que ta mère t’ai appris qu’elle avait perdu la vie. C’est pas vraiment ainsi que tu aurais dû apprendre les choses mais c’est trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour changer les choses alors à défaut, tu fais avec ce que tu as pour en savoir plus, pour la connaître par procuration, au travers de Jacob. Ce sujet est délicat pour toi, bien que tu ne la connaissais pas alors pour Jacob, tu préfères ne pas imaginer ce que ça peut lui faire, tu t’en veux déjà presque d’avoir lancé ce sujet alors qu’il est au volant. Mais il te laisse pas tomber, il est là à commencer son récit et toi, tu gardes la tête appuyée contre l'appuie tête, elle est tournée vers lui et tu l’observes. Tu souris, tu ris même à sa manière de conter les choses. Il semblait terriblement attaché à elle pour en parler de cette manière, si bien que tu pourrais presque voir la lueur qui brille dans son regard, celle du regret, celle du passé douloureux ou simplement des souvenirs qui font mal quand il refont surface. Tu t’en veux un peu oui de lui faire ressentir tout ça mais tu as comme besoin d’en apprendre plus, pour te sentir proche d’elle. « Ca commençait bien, comme un conte de fée et là, tu viens de tout gâcher en faisant tomber la princesse amoureuse du vilain crapaud. » Tu veux en plaisanter, en rire même si c’est son histoire parce que tu refuses qu’il se sente mal à cause de toi, c’était pas le but de la manoeuvre bien que tu te doutes que la suite sera compliquée. Bien évidemment que tu ne sais pas qui est Milton Friedman, ça serait bien trop facile. On te parlerait musique qu’il n’y aurait pas de soucis mais là, c’est autre monde pour toi, c’est un univers tellement différent que ça te laisse un peu sans voix, à le regarder les yeux grands ouverts comme si la réponse allait te tomber du ciel. « Okay je vois qu’on avait à faire à une intello. J’arrive pas à croire qu’elle et moi on puisse être si différente. Je sais que ce ne sont pas les gènes qui font les choses, que j’ai grandit avec notre mère et qu’elle ne l’a jamais connu mais je ne sais pas, j’imaginais pas ça comme ça. » Tu ne devrais peut-être pas le couper comme ça mais tu as besoin de commenter, de dire ce que tu penses de tout ce qu’il peut t’avouer et t’apprendre sur Méloé. Tu apprends à la connaître, elle ne sera bientôt plus une étrangère avec qui tu as partagé neuf mois. Chicago, tu y as déjà mis les pieds, à quelques reprise, pour affaire en réalité mais tu n’imaginais pas que ta soeur y avait fait ses études et désormais, tu sais que tu ne verras plus cette ville de la même manière. Si tu viens à y retourner, tu te demanderas sans cesse ce qu’elle aimait là-bas, si elle aussi elle venait dans tel ou tel endroit, un peu comme si tu l’avais à tes côtés finalement. Tu gardes cette pensée pour toi, ne voulant pas le couper cette fois et tu accueilles ses mots concernant les pizzas avec un éclat de rire. Tu les imagines facilement tous les deux à partager de la pizza comme des amis de toujours. C’était une belle amitié à en croire les paroles de Jacob et tu doutes un jour de trouver quelque chose d’aussi beau. T’es peut-être pas friande des pizzas et pourtant, à l’entendre parler, tu trouverais presque le moyen d’avoir faim. « Si je retourne à Chicago un jour pour le travail, je crois que je vais devoir t’emmener rien que pour que tu me fasses découvrir ça. » Un rire résonne alors que tu te remets à regarder droit devant toi. The Clash fait place à The Who, My Generation. Un véritable hymne à leur époque, dans les années soixante et aujourd’hui encore, c’est un plaisir de les écouter, d’entendre cette musique comme au premier jour de ta découverte de ce titre. Il semble pourtant imperturbable dans son récit et tu fais taire ton sourire pour baisser un peu le son et te concentrer sur ses mots. Elle étudiait l’économie quand lui était en lettres. Ils avaient pourtant le sport en commun, quelque chose que tu n’affectionnes pas tant que ça, encore une différence plus que flagrante entre elle et toi. Tu te permets même de te demander ce que ça aurait donné si vous aviez eu l’occasion de grandir ensemble, de vous connaître même sans savoir qui vous étiez l’une pour l’autre. Laquelle aurait le plus pris de l’autres ? Que se serait-il passé ? C’est pas des questions auxquels tu auras des réponses c’est certain mais ça te plait de te demander ça et d’imaginer des scénarios divers et variés. Mais tous les deux, Jacob et Méloé, c’était un peu comme des âmes soeurs sur certains point et dans le fond, ça t’amuse qu’il n’y ait jamais rien eu de plus, c’était platonique, fusionnel aussi même s’il y a une question qui te brûle les lèvres mais tu gardes pour plus tard. Il y a une chose dont tu es certaine, elle était bien plus sociable que toi, elle tenait bien ça de votre mère, tu ne peux le nier. Un détail que tu gardes pour toi, tu te contentes d’être étonnée par ce qu’il te dit, par le fait qu’elle pouvait aimer les vinyles, comme toi. Non tu ne savais pas, ta mère ne t’en a pas parlé et peut-être qu’elle-même l’ignorait à vrai dire. Durant tout le récit tu as fait celle qui allait bien, celle qui commentait chaque anecdote comme si ça allait aider à faire passer la pilule mais en réalité, tu réalises que c’est pire désormais. Naturellement, tes bras viennent de se croiser sur ton ventre pour faire passer la douleur fantôme. Fantôme car tu sais de quoi elle vient, pourquoi elle est là. C’est la nervosité et l’angoisse, c’est la peur de désormais en savoir plus sur cette soeur que tu n’as pas connu. Après seulement quelques minutes, tu as l’impression de bien mieux la connaître mais tu sais que tu n’es pas au bout de tes surprises. Tu souris à Jacob, pour le rassurer et lui faire comprendre que oui, tu vas bien. « Ca va, je suis juste surprise par tout ce que tu me dis. Je n’avais pas réalisé que vous étiez proche à ce point tous les deux. » T’es peut-être un peu nerveuse à vrai dire, ça se voit à ta lèvres que tu ne cesses de mordiller. C’est plus fort que toi ce genre de geste, bien que ça n’arrive pas souvent. « Tu as finis par lui dire qu’elle te plaisait ou tu as gardé ça pour toi ? » C’est un peu indiscret comme question mais aujourd’hui qu’elle n’est plus là, tu te demandes s’il l’a fait, s’il lui a dit ou s’il ressent des regrets quelconque de ne pas lui en avoir parlé plus tôt. « Comment elle était ? Physiquement j’entend. On a la même mère mais pas le même père alors… me regarde pas comme ça, surveille la route ! C’est une histoire un peu compliqué, maman a fait un déni de grossesse pour Méloé, les médecins n’ont rien vu du tout alors elle a reçu d’un nouveau donneur, mon père, son meilleur ami. C’est étrange et très rare mais ça existe, on était déjà unique avant même de naître. » Tu ne sais pas si elle connaît cette histoire, si elle savait qu’elle avait une soeur ou pas en réalité, ça t’aurait fait plaisir de la connaître en tout cas car à en croire Jacob, c’était quelqu’un de vraiment bien.



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Jacob E. Peters
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Lun 11 Fév - 2:39
Lola me fait rire. Son âme d’enfant rêveuse finit toujours pas refaire surface, peu importe le sujet que nous abordons. Ici par exemple, à parler de la vie amoureuse de sa sœur, elle fait tout de suite référence à un conte de fée et toutes ces connexions comme la princesse et le crapaud. Elle n’a quand même pas tort sur le fond. Méloé avait tout d’une princesse. Pas celle qui ne sait rien faire hormis les beaux yeux aux garçons en espérant faire un beau mariage. Non plutôt une princesse moderne, le genre que Disney essaye de nous montrer depuis quelques années. Une princesse comme Tiana dans la Princesse et la Grenouille, qui sait ce qu’elle veut, où elle va et se donne les moyens d’y arriver. Mais qui tombe aussi sur un garçon qui peut tout faire chavirer. Un garçon ou un accident.

- C’est toujours comme ça de toute façon. Même dans les films, la fille tombe toujours amoureuse du mauvais garçon au début. Quelle arnaque, non ?

Je lui lance un regard complice en lui répondant sur le ton de la plaisanterie. Elle a raison, il y a des choses qu’il vaut mieux dédramatiser parfois. C’est sûrement mieux que d’enfouir tout ce qui nous fait mal au fond de nous-mêmes en attendant que les choses explosent. Rire c’est une façon comme une autre de dire les choses et de faire passer un message. Et c’est surtout quelque chose que je maitrise assez bien alors je suis loin de me plaindre du ton de cette conversation.
Elle commente chacune de mes anecdotes, tous les points de mon histoire et ça n’est pas pour me déplaire. Tout conteur aime sentir l’attention de son auditoire mais encore plus dans une situation comme celle-ci. Je préfère sentir Lola réceptive à ce que je lui dis plutôt que de me rendre compte que je la blesse à chacun de mes mots.

Une intello. Oui, c’est un peu comme ça qu’on pourrait la qualifier, en quelque sorte. Mais pas le genre d’intello de films, les geeks qui ne sortent pas de chez eux, un peu comme Kenny dans la série The Middle. Non plutôt une intello du genre que toutes les filles envient et que tous les hommes veulent. L’équivalent de Belle, dans la Belle et la Bête si vous voulez. Vous commencez par être charmé par sa beauté et c’est finalement sa tête qui vous envoute. Mais à aucun moment vous ne vous en plaignez, croyez-moi !
Lola prend peu à peu conscience de toutes les différences qui l’opposaient à sa sœur. Pour moi ce genre de choses me semble plus que normal. Nous sommes trois enfants dans ma famille, j’ai un frère ainé et une petite sœur. Nous avons tous les trois les mêmes gènes, été élevés de la même manière mais pourtant tout nous oppose. De nos caractères à notre physique, il n’y a que nos yeux bleus et nos cheveux bruns qui peuvent nous lier.

Mon commentaire sur les pizzas la fait rire ce que j’apprécie. Je suis conscient que le moment est assez lourd et que la tension est de mise alors un rire aussi franc ne peut que détendre l’atmosphère au sein de l’habitacle. Retourner à Chicago pour manger une pizza mi-piments, mi-champignons ? Je pense que c’est tout à fait dans mes cordes ! Et surtout que ça pourrait être un bel hommage quand on y pense. Non vraiment il me faut une de ces pizzas, je n’en ai jamais retrouvé d’aussi bonnes ailleurs et pourtant ce n’est pas faute de faire régulièrement le tour des pizzerias new-yorkaises.

Personne n’avait réalisé que nous étions si proches, Méloé et moi. Nous n’avions pas le même groupe d’amis. Nous n’avions pas de cours ensemble. Nous vivions à l’opposé l’un de l’autre. Nous n’avions même pas les mêmes centres d’intérêt en général. Mais il y avait quelque chose entre nous, un lien particulier que nous n’avons jamais cherché à expliquer. Il était là et ensemble nous n’étions plus seuls. Vous savez, ce genre d’amitié qui ne nécessite pas de mots, où seuls les regards suffisent ?

Lola met le doigt sur un point sensible et je sens qu’un nœud se forme dans mon estomac. Finalement en y repensant bien, cette pizza ne me donne plus du tout envie. En fait rien ne me donne envie. Je me sens même nauséeux d’un coup. Je tente de faire bonne figure devant mon amie. J’aurais espéré qu’elle ne pose pas la question. Vous savez, il y a des choses qu’il vaut mieux laisser enfouies au fond de sa mémoire, pour éviter les regrets -par exemple. En fait plus que des regrets, c’est des remords que j’ai aujourd’hui. Les regrets sont un sentiment de tristesse où l’idée du passé est essentielle tout comme l’idée de renaissance. Les remords sont également la traduction d’une immense tristesse dont la source est passée mais il n’est en aucun cas question de renaissance ici, plutôt une envie d’oubli, que le passé n’est jamais existé. Je sais que mes mots sont durs mais je crois qu’aujourd’hui c’est ce que j’aimerais. Ne pas avoir vécu cette phase de mon passé. Je ne parle pas de notre amitié, mais de ce qu’il s’est passé après.

- Un jour je lui ai dit, oui.

Je revois encore souvent la scène dans ma tête. Nous sortons de la pizzeria, Méloé et moi, et comme nous souvent nous marchons un peu sur le campus histoire de nous dégourdir les jambes et de tenter d’alléger nos estomacs. Depuis un certain temps je la sens plus proche de moi, comme si une nouvelle chose commençait à s’installer entre nous. Elle rit à mes blagues et je la sens s’accrocher à mon bras. Bien sûr, je la laisse faire, aucune raison de l’en dissuader, vous vous doutez bien. Elle se tourne vers moi et m’annonce qu’elle a quelque chose à me dire. Ça tombe bien, moi aussi. Elle me dit de commencer, j’obtempère. Fébrile mais heureux de pouvoir le faire je lui explique que je ressens quelque chose pour elle. Pas de l’amour non, bien sûr, il est trop tôt pour ça. Mais quelque chose de différent quand même. Elle ne dit rien. Alors je commence à comprendre. Comment voulez-vous que nos sentiments soient partagés après tout ? Regardez-moi, regardez-la. Ça me parait évident maintenant. Trop tard, certainement, mais évident tout de même. Elle m’explique qu’elle vient de commencer une relation avec ce type. C’est quoi son nom déjà ? Je ne sais plus. Il est avec elle en cours et ils font du football ensemble. Elle en est très amoureuse, de ce qu’elle me dit. J’aimerais être content pour elle. Je sais qu’elle voudrait que je le sois. Mais nous savons tous les deux ce que ça veut dire.

- J’ai eu le malheur de lui dire en fait, et après on ne s’est plus revu. Elle a arrêté de répondre à mes messages et mes appels. Puis elle est partie avec celui de qui elle était amoureuse à l’époque, pendant un an, en Amérique latine. Et moi à Londres. Et puis... Tu connais la suite de l’histoire.

Je culpabilise toujours autant, même après des années. Qu’est-ce que ça m’aurait coûté de me taire ? Sûrement rien, nous sommes d’accord. Ça aurait fini par passer, comme tout le reste. Et puis est-ce que c’était vraiment ce que je pensais ? Plus le temps, moins j’en suis sûr. Tout ce que je sais c’est que j’ai réussi en à peine quelques mots à gâcher notre amitié et à faire fuir une femme que j’aimais beaucoup. Un peu comme Keala, oui exactement. Même schéma. Sauf que maintenant Méloé n’est plus là et que je ne peux rien changer. Il faut que je recontacte Kea, je ne peux pas faire deux fois la même erreur.

Une nouvelle fois, ma copilote du voyage me sort de ma stupeur. Quoi ?! C’est possible ça pour des jumelles d’avoir la même mère mais pas le même père ? Lola n’a pas l’air surprise de mon étonnement et me demande simplement de prêter attention à la route plutôt qu’à elle. Après tout, elle n’a pas tort, ce n’est pas comme si j’allais trouver la réponse plus facilement en la regardant, nous envoyant dans le fossé au passage. Je n’avais jamais entendu une histoire pareille mais je dois bien admettre pourquoi Lola et Méloé sont si différentes. Enfin je veux dire, même lorsque l’on a à faire à de faux jumeaux, il y a quand même un peu de plus de similarités que dans ce cas-là.

- Méloé était plutôt grande et brune, les cheveux bouclés, avec de grands yeux noisette. Elle attaché souvent ses cheveux en un chignon lâche, avec un crayon. Je n’ai jamais compris comment elle pouvait bien faire tenir tout ça. Contrairement à toi elle ne mettait presque jamais de robes. C’était une fan de jean pour tout dire. Mais vous avez le même teint et surtout le même sourire. J’imagine que vous devez le tenir de votre mère. Mais tu n’as jamais vu de photos ?

J’attrape mon téléphone qui repose sagement entre nous. Je sais, utiliser son portable en conduisant est totalement prohibé mais je connais le mien tellement par cœur que je n’ai presque pas besoin de le regarder pour trouver ce que je veux. La preuve, me voilà déjà dans l’appareil photo. Je fais une recherche par lieu et me voilà à Chicago. Je tends le téléphone à Lola.

- Regarde dans ces photos, je suis quasiment sûr qu’il y en a une d’elle. Ce sera toujours beaucoup mieux qu’une description orale.

Je la cherche à peine chercher quelques secondes que je ne peux déjà plus m’empêcher de parler. Allez, ne faites pas semblant, face à une information capitale comme ça, vous aussi vous feriez preuve de curiosité, je suis prêt à en mettre ma main à couper.

- Tu peux m’expliquer comment ça se fait que vous soyez jumelles avec deux pères différents ? Je ne savais même pas que c’était possible en fait… Tu penses que Méloé le savait ? Tu sais si elle avait des contacts avec votre mère ? Elle ne m’en a jamais parlé.

Grâce à Lola je découvre toute une partie immergée de l’iceberg, pleine de mystères et d’incompréhensions. Combien de fois pensons nous connaitre les gens avant de nous rendre compte que finalement ils nous cachent des choses, voire ils ne sont pas du tout ceux qu’ils ont prétendu être. Mais même avec toute la bonne volonté du monde, je peine à imaginer Méloé loin de l’image que je connais d’elle.
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Jeu 21 Mar - 1:23

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Voyage improvisé, voyage imparfait et pourtant des plus plaisants. Tu avais besoin d’air, tu avais besoin de liberté et c’est ce qu’il t’offre Jacob en ayant accepté d’être ton ami et chauffeur pour le week-end. Il connaissait ta soeur, il est probablement le mieux placé pour te parler d’elle et tu ne pouvais pas passer à côté d’une telle opportunité. Tu ne sais pas grand chose de la jeune femme alors toutes informations sont bonnes à prendre. C’est vrai que tu n’es peut-être pas la compagne de voyage la plus parfaite, à vivre encore dans le siècle précédent à préférer les vinyles et cassettes plutôt que la technologie moderne. On peut se féliciter que tu ai au moins un portable, ton cas n’est peut être pas si désespéré que ça. Et finalement, après un rire un peu plus sonore, parce que tu vois bien que tu le désespères, tu poses la question qui fait mal, celle qui pourrait paraître un peu déplacé s’il ne savait pas comment tu fonctionnes, à toujours jouer la carte de la franchise. Tu voudrais qu’il te parles d’elle, qu’il te fasse découvrir comment était méloé au travers de son regard à lui. Étrange à demander et pourtant, tu as besoin de ça pour mieux comprendre ce qui les liait dans un premier temps. Des mots que tu pensais facile à entendre mais c’est bien le contraire, c’est pas simple parce que tu découvres des choses que tu ignorais, tu découvres combien elle était importante pour lui et à quel point tu n’as pas le droit de l'interroger de la sorte sur sa relation avec ta soeur jumelle. C’est étrange comme formulation à penser mais c’était ce qu’elle était bien que tu ne l’eut jamais connu. « De l’arnaque, comme tu dis mais il y a une leçon à en tirer sans doutes. Ca sert à rien d’être le gentil garçon comme on le dit souvent, la fille préfère toujours s’en faire un meilleur ami parce que l’interdit à meilleure saveur. » D’un point de vue, c’est horrible ce que tu racontes et pourtant c’est tellement vrai. Il était le gentil garçon de l’histoire et ta soeur le voyait comme un meilleur ami, préférant l’attrait du mauvais garçon jusqu’à se mettre avec. Tu ne juges pas, tu trouves juste idiot que dans cette société, tout le monde n’ait pas sa chance. C’est sans doutes pour ça que toi-même, tu ne perds pas ton temps avec toutes ces idioties, que tu vaux mieux que ça tout en respectant pourtant les personnes que ça intéressent. Tu restes détendue en l’écoutant, notant chacun des détails qu’il veut bien partager avec toi dans un coin de ton esprit. Peut-être pour le noter plus tard afin d’avoir une trace ou juste pour le garder pour toi, dans ta mémoire. Elle et toi, c’était visiblement le jour et la nuit. Autant au niveau caractère, qu’études, que physique probablement. Le fait que vous n’ayez pas été élevé ensemble a probablement joué beaucoup à tout cela mais si ça n’avait pas été le cas, elle n’aurait peut-être jamais rencontré Jacob, le hasard ne t’aurait peut-être pas mis sur sa route toi non plus alors tu supposes que c’est un mal pour un bien, une souffrance finalement nécessaire pour créer de nouveaux liens. Ils ont eu une belle amitié et tu es certaine qu’ils auraient pu avoir une belle vie ensemble tous les deux mais le destin vous l’a ôté bien trop tôt, personne ne mérite ce genre de chose, pas même la personne la plus horrible de cette Terre. Difficile de dire que tu vas bien alors que tu apprends tant de choses sur ta soeur et sur lui, sur la relation qu’ils entretenaient comme sur des petits détails qui caractérisaient ta soeur et ce qui pouvait plaire au jeune homme. Tu ne diras pas que tu la connais mieux, c’est trop tôt pour ça mais c’est un premier pas, c’est déjà ça. Et puis la question qui torture ton esprit se laisse entendre, tu n’es pas capable de garder le silence bien longtemps parce que tu es intriguée. Quand tu écoute Jacob, c’est comme lorsque tu étais petite, quand on te racontait une histoire. Tu voulais toujours connaître la suite et jamais dormir. Tu as un peu la même sensation, bien que ça soit totalement différent. Tu ne peux que l’admirer en réalité, tu ne peux que te dire que toi aussi tu aimerais son courage. Il lui a dit ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait et tu n’arrives même pas à t’imaginer comment c’est possible de faire cela sans aucunes craintes. « Et ça ce n’est pas bien passé je suppose. » Il n’y a pas de question ou peut-être rhétorique. Tu te doutes à son expression que c’était pas la joie, que ça n’était pas tout ce dont il pouvait rêver et tu détestes ça. Ta tête retombe lourdement sur l’appuie-tête, ton regard se détourne de lui pour que tu regardes de nouveau la route. Tu ne connais pas du tout votre destination, tu ne sais pas grand chose alors c’est une découverte comme une autre. « C’était pas ta faute tu sais. On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Parfois c’est à double-sens mais la plupart du temps, il faut faire avec l’idée que ce soit à sens unique. » Tu n’es pas rassurante, juste très maladroite et ton manque d’expérience se fait sentir rapidement. Tu te sens coupable Lola d’avoir demander ça, d’avoir ressasser les souvenirs qui font probablement mal mais c’est fait, c’est dit et maintenant, tu n’as plus qu’à espérer que ça ne sera pas trop difficile pour lui de continuer. Changer de sujet est ta solution, tu ne sais pas si ça sera vraiment très utile mais c’est tout ce que tu as trouvé. Alors tu questionnes et interroges, tu demandes à quoi elle pouvait bien ressembler ta jumelle qui ne l’était finalement qu’à moitié. Un ordre murmuré, tu lui demandes de regarder la route, de ne pas s’intéresser à toi alors que tu lui parles de ton lien bien particulier avec Méloé. « Je te dirais bien que je vais t’apprendre à faire tenir tes cheveux avec un crayon mais… on risque d’avoir un peu de mal. » Une blague pas vraiment drôle, juste là pour détendre l’atmosphère et pour aider à penser à autre chose. Il te suffit d’entendre ses mots pour comprendre qu’elle était belle, que tu aurais eu tout à lui envier. Pétillante et pleine d’énergie, tu es la discrète de vous deux. « Non jamais, on en avait pas à la maison, et je n’ai jamais demandé, je ne sais pas depuis longtemps que j’avais une soeur. » Et si au début, tu t’es sentie trahis par ta mère, être élevée avec une certaine ouverture d’esprit t’a aidé à accepter plus facilement la situation, sans doutes. Tu le vois finalement attraper son téléphone et si au départ, tu es partie pour lui reprocher quelque chose, pour lui faire comprendre que ça n’est pas correct de faire ça et encore moins sûr, tu ne dis rien, tu n’as pas le temps car il te met le téléphone entre les doigts avec des indications à suivre. Dans ce téléphone, dans ce dossier, il y en a peut-être une de Méloé et aussitôt, tu sens ton estomac se serrer. Est-ce que tu le veux vraiment ? Est-ce que tu es prêtes pour ça ? C’est un doutes qui s’insinue en toi et pourtant, tu fais défiler les photo jusqu’à en trouver une en particulier. Tu l’ouvres et l’observes, tu prends le temps d’analyser chaque détails jusqu’à faire passer tes doigts dessus, comme si ça allait t’aider à te rapprocher un peu plus d’elle. Tu souris aussi, un sourire doux parce que tu réalises qu’elle et toi, vous n’êtes pas si différente, il y a des détails par-ci, par-là qui vous rapprochent, des détails qui montrent que vous n’êtes pas des étrangères l’une pour l’autre. Tu sors de ta torpeur quand tu entends la voix de jacob et tu souris. Pour toi aussi c’est bizarre, tu as eu du mal à l’expliquer et c’est aussi pour ça que tu n’en parles jamais, tu ne sais pas comment expliquer les choses. « Je ne savais pas non plus que c’était possible. C’est très rare mais pas impossible, la preuve. » Tu te mets à rire doucement avant de reprendre ton sérieux et de reprendre cette histoire si particulière. « On appelle ça la… la superfoetation si je ne dis pas de bétises. J’ai pas fait médecine alors tu m’excuseras des termes… mais en gros pour faire simple, c’est dû à une erreur médicale, c’est plus courant dans le cas de PMA. Ils ont pas vu que la première fois, ça avait fonctionné, alors ils ont recommencé et voilà comment on a des jumelles de pères différents. » Cette histoire te fait rire parce que tu sais que si tu la racontais à un ou une inconnue, tu ne serais probablement pas crédible, ou en tout cas, on aurait du mal à te croire. Un soupire las traverse tes lèvres alors que tu te redresses légèrement, tes mains tenant toujours le téléphone et ton regard qui demeure dessus, incapable de te lasser de la vue de cette soeur inconnue. « Je ne pense pas qu’elle savait. Elle a été adopté tout de suite à notre naissance. Notre mère était mère porteuse en réalité, la meilleure amie de mes pères alors c’est pour ça que c’est moi qui suis restée en contact plus facilement avec elle. Méloé a fait le bonheur d’un autre couple gay, je me suis renseignée là-dessus. » Par tes mots, tu n’excuses pas ce que votre mère à faire qui peut être punissable sans doutes pour beaucoup de personnes mais toi, tu estimes que cette adoption n’était pas une si mauvaise chose puisqu’ainsi, deux couples ont pu être heureux au lieu d’un seul. « Quand j’ai demandé à ma mère, elle m’a dit que non, elles n’avaient pas de contact. Bien sûr elle prenait relativement souvent de ses nouvelle mais elle a toujours veillé à ne pas entrer dans la vie de Méloé, je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs. » Et c’est une question que tu n’as pas posé, préférant sans doutes rester dans l’ignorance, sachant très bien qu’il est parfois préférable que certaine choses restent enfoui, et ne se sachent pas. « Tu penses que les choses auraient été différentes si on s’était connue ? » Une question qui englobe beaucoup de choses. Est-ce que tu aurais connu Jacob ? Et elle ? Est-ce que vous seriez en ce moment sur la route pour rejoindre le Vermont ? Ou encore… est-ce que ça se serait bien passé ? Des questions qui jamais n’auront de réponses concrètes, juste des suppositions car réécrire le passé est impossible.



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Mer 10 Avr - 4:16
Ça ne sert à rien d’être le gentil garçon, Lola a raison et l’histoire l’a déjà prouvé bien plus d’une fois. Allez, faisons un rapide tour d’horizon ensemble pour vous prouver que j’ai raison ! Littérature ! Dans Hamlet, de Shakespeare, Gertrude, qui est à la fois la mère d’Hamlet et la veuve du roi fraichement décédé, épouse finalement le frère de son défunt mari qui se trouve être une sacrée pourriture. Histoire ! La « douce » Vénus épouse le travailleur Vulcain qui ne demande pas grand-chose et finalement… Se tape à peu près tous les Dieux qui lui passent sous la main -Oui, tout le monde préfère pécho Hermès et Mars les beaux gosses plutôt que Vulcain, le bossu, je vous l’accorde, mais quand même. Cinéma ! N’est-ce pas Anna qui, dans la Reine des neiges, tombe amoureuse d’un prince dont j’ai absolument oublié le nom mais qui est un gros con alors qu’il y a un gentil bouseux qui l’attend avec son caribou ? Si, si, nous sommes d’accord ! Réalité ! La totalité des filles que j’ai rencontré ces derniers temps a préféré coucher avec Dean qui n’a aucun intérêt pour elles, plutôt qu’avec moi qui est tout le contraire. Alors oui, elle a raison la blonde, à mon plus grand désespoir.

Elle ne s’attarde pas plus que ça sur le sujet et je l’en remercie intérieurement. J’ai déjà suffisamment de ma mère qui passe son temps à répéter à qui veut bien l’écouter -ou du moins l’entendre- que ça n’est pas normal que je ne trouve personne alors que j’ai tout pour plaire pour ne pas vouloir que quelqu’un en rajoute une couche. Vous ne savez pas ce que c’est vous, une mère juive, ça se voit. Ça laisse des marques.
Non, elle est lucide Lola, mais elle ne s’en vante pas, elle ne pousse pas les choses plus loin qu’elle le devrait. Et puis à quoi bon finalement ? Ça n’est pas comme si les choses allaient subitement changer. Ce n’est plus possible maintenant.

Elle comprend rapidement que les choses ne se sont pas bien passées. Quand je vous dis qu’elle est lucide. Elle ne pose pas plus de questions, sait que je vais continuer mon histoire. Et je m’exécute, naturellement. C’est un peu pour ça qu’on est là finalement, pour qu’elle apprenne à connaitre sa sœur et la vie qu’elle a pu avoir. Et ce passage en fait partie, qu’importe l’importance qu’il a pu avoir pour elle. C’est tout le problème de ne pas avoir de narrateur omniscient, il n’y a toujours qu’une seule version de chaque chose.
Sa réaction me surprend. Je connais Lola, je connais son caractère et sa façon d’être et je sais que ses mots, même maladroits, sont une preuve inégalable d’amitié. Elle tente de me rassurer du mieux qu’elle peut et je dois dire que ça fonctionne. En vérité ce n’est pas tant ce qu’elle dit qui agit, c’est plutôt qu’elle soit là pour le dire. J’avais enfoui cette histoire au fond de ma tête, sous un tas d’autres souvenirs, sans penser une seconde qu’en parler pourrait me faire du bien. Mais c’est aussi parce qu’en parler c’est admettre que les choses n’auront jamais d’autres issues. Que les choses sont terminées. Je sens une boule se former au creux de mon estomac. La blague de Lola n’en est que plus bienvenue encore.

- Je trouve que t’y mets pas franchement du tien. Depuis tout à l’heure je te dis tout ce que tu veux savoir et toi tu ne veux même pas partager tes secrets de coiffure. Bien, je vois où on en est dans notre amitié.

J’ai du mal à imaginer ce que ne pas savoir que l’on a une sœur signifie. J’ai une sœur et je l’ai toujours su. En réalité je l’ai même su avant qu’elle naisse. Je l’ai su dès que ma mère a commencé à avoir ce petit ventre rond qui donne un sacré indice sur la suite des événements. Ça c’est facile à imaginer, c’est l’ordre naturel des choses. On nait dans une fratrie et on sait qu’ils sont là. Ce qui est plus rare c’est de découvrir que l’on a une sœur, plus encore jumelle, arrivé à l’âge adulte. Je profite qu’elle soit occupée avec mon portable pour poser la question d’un air détaché.

- Qu’est-ce que ça t’a fait d’apprendre que t’avais une sœur ? T’as jamais eu aucun doute, aucun indice ?

D’un coup un torrent de questions me passe par la tête. Est-ce que tout le monde autour d’elle savait ? Est-ce qu’ils ont eu une raison de lui cacher si longtemps ? Et à Méloé ? Si on lui a caché. Pourquoi est-ce qu’on les a séparées à la naissance ?
Mais finalement c’est mon cerveau décide de prendre le problème à sa source en s’intéressant au pourquoi du comment biologique avant de se pencher sur le côté humain de la chose. Non parce qu’il faut dire qu’un phénomène comme ça, c’est plus que rare. J’aurais même dit que c’était impossible en fait ! Pourquoi on ne nous parle jamais de ce genre de choses ? Ça éviterait de se sentir con et perdu un beau matin d’hiver dans une voiture ! Vous avez raison, voyons le bon côté des choses, au moins ça me fera toujours un peu de culture générale à sortir en public.

Ma question fait rire Lola. Ou alors peut-être que c’est le fait qu’elle soit une preuve que l’impossible est lui-même impossible qui la fait s’esclaffer. Mais elle reprend vite son sérieux et m’explique calmement les choses. Elle s’excuse d’utiliser des termes qui lui paraissent bien trop simple parce qu’elle n’a pas fait médecine. Elle devrait savoir que je la remercie de tout ça au contraire, que moi non plus je n’ai pas fait médecine et que j’ai tendance à être allergique à tout ce qui touche de près ou de loin aux sciences.
Et puis un soupir remplace le rire. Je la regarde du coin de l’œil. Ses yeux ne quittent pas la photo qu’elle a trouvé de sa sœur. Je ne dis rien, je la laisse découvrir à travers un écran ce qu’elle n’aura jamais la chance de découvrir dans la réalité. Quand on y pense, c’est plutôt injuste que j’aie pu la connaitre, en étant un parfait inconnu, quand on sait que celle avec qui elle a passé neuf mois dans le ventre de sa mère n’a jamais pu le faire.

D’après elle, Méloé ne savait pas toute cette histoire. Elle n’avait pas de contact avec sa mère qui n’a jamais souhaité entrer dans sa vie. Savoir sa fille grandir mais ne jamais pouvoir la voir, on frôle la frustration une fois encore. Il faut bien saluer là l’incroyable force mentale dont cette femme a fait preuve pour laisser son enfant partir tout en gardant toujours un œil dessus. Mais ça n’est pas un sujet que je veux aborder maintenant, je ne veux pas braquer Lola. À sa place j’en voudrais certainement un peu à ma mère. Non, beaucoup. Alors si c’est le cas de mon amie, je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie.
Sa question me laisse sans voix l’espace d’un instant. Alors là, je ne l’avais pas vu venir en réalité. Mais alors pas du tout. Est-ce qu’il y a une bonne réponse à ce genre de questions ? J’en doute sincèrement. Alors autant être honnête.

- Bien sûr. Tout aurait été différent. Mais est-ce que ça veut dire que ça aurait été mieux pour autant ? J’en doute. Tu aurais très bien pu la détester, vous êtes tellement opposées. Ta famille aurait peut-être été plus fragile qu’aujourd’hui, pour diverses raisons. Tu es heureuse Lola, non ? Dis-toi que si les choses avaient été différentes tu ne l’aurais peut-être pas été. Je sais qu’une partie de toi aura toujours ce regret et c’est assez normal. Mais il faut que l’autre partie sois consciente que tu dois peut-être ton équilibre au fait de ne pas avoir pu la connaitre…

Je ne sais pas si j’ai convaincant, je suis même loin d’en être sûr, mais j’ai été sincère. Oui, je vous l’accorde, il est toujours plus facile de donner de bons conseils quand on n’est pas directement au cœur de la situation, mais il est aussi plus aisé d’écouter les dits conseils quand ils viennent de quelqu’un pour qui on a un minimum d’affection, non ? Non, bon d’accord.

- Comment tu as su ?

Je sais, cette question sort de nulle part mais elle tourne dans ma tête depuis trop longtemps pour y rester plus. Je n’ai que le point B de cette histoire, l’arrivée. Je sais que Lola sait, c’est tout. Je ne sais pas comment elle a pu arriver à cette découverte, le point A quoi. Et croyez-moi si vous voulez mais ce genre de détail a toute son importance.
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Ven 10 Mai - 0:08

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Ce voyage, tu ne le vois pas que comme une sorte de pélerinage, c’est aussi pour toi d’en apprendre plus sur Jacob. Aujourd’hui, tu peux dire que lui et toi vous êtes amis mais il y a pourtant des choses que tu ignores encore. Tu savais qu’il était proche de soeur mais tu ne pensais pas que ça serait de cette manière. Son histoire te touche et tu l’écoutes avec une certaine attention, cherchant dans chacun de ses mots un moyen d’en apprendre plus sur ta soeur jumelle. Tu ne la connaissais pas et pourtant, tu ressens une certaine tristesse alors tu ne veux même pas imaginer ce que lui peut ressentir. C’est au-delà de tes forces. Avec lui, tu n’as pas besoin de faire semblant que tout est beau et rose, non, t’es juste toi-même. Avec tes qualités et tes défauts, t’es juste réaliste en lui faisant savoir que ce n’est pas de sa faute, qu’il est pas tombé sur la fille qui avait des sentiments réciproques. Ca arrive, trop souvent sans doutes mais il n’est pas le premier et ne sera pas le dernier dans ce cas. Sa façon d’en parler te fait chaud au coeur. Tu vois que malgré la distance, il avait toujours de l’attachement pour elle. Tu essayes de plaisanter, de rire suite à ce qu’il a pu te dire et tu as comme l’impression que ça lui fait du bien à lui aussi, cette atmosphère un peu plus détendue. Tu tournes la tête vers lui, un sourire un peu taquin sur les lèvres et ta main vient se glisser dans ses cheveux pour les déranger, les mettre en désordre ce qui a le mérite de te faire rire. « Si c’est pour toi, je pourrais sans doutes faire une petite exception et te dévoiler quelques un de mes secrets… mais vraiment parce que c’est toi ! » Tout ça n’est que comédie et amusement, c’est la pause dans cette histoire sans doutes un peu trop sombre pour être prononcée et entendue d’une seule traite. Sa question ne te gêne pas vraiment, tu trouves ça même plutôt légitime de s’interroger. « C’était un mélange de joie, d'appréhension, de questionnement et tout ce qui fait qu’on peut remettre toute sa vie en question. Car je me demandais si on m’avait caché ça, qu’est-ce qu’on avait pu me cacher d’autre ? » Ton regard se repose sur la route, un bref instant avant que tu fermes les yeux. Toute cette situation t’échappe encore aujourd’hui, tu ne sais pas vraiment qu’elle est ta place. « Pas de doutes, pas d’indices… mes parents sont plutôt doué pour garder les secrets contrairement à moi. » Tu as toujours été nulle pour ça, ta naïveté jouant probablement un grand rôle. Mais y’a pas que ça qui l’intéresse et tu te demandais quand il allait te poser la question. Les fameuses jumelles qui n’ont pas le même père. Le truc impossible, le truc qu’on ne peut même pas imaginer être réel et pourtant, t’es bien la preuve que l’impossible n’existe pas. Tu fais dans la simplicité car même pour toi, c’est pas le plus simple de te souvenirs de tous ces termes un peu barbares qu’on a pu te servir depuis que tu es au courant de toute cette histoire. Tu gardes en tête que ce sont les médecins qui ont fait une erreur et t’ont permis d’avoir une soeur jumelle, une soeur que tu ne connaîtras qu’au travers des récits de Jacob et des photos que tu peux découvrir sur son téléphone. Ton sourire est plus triste, plus nostalgique aussi à force de laisser ton regard parcourir l’écran. Tu essayes de voir des ressemblance entre vous deux, de comprendre ce qui n’a pas fonctionné pour que ta mère ne décide pas de la garder elle aussi, ou elle plutôt que toi mais c’est pas une photo qui te donnera les réponses, seulement votre mère qui a sans doutes encore beaucoup de choses à t’apprendre. Méloé ne savait pas, tu en es presque convaincue à cent pourcents car elle n’avait aucune raison d’être au courant quand tu entends la vie qu’elle menait. Tout était parfait pour elle alors pourquoi s’embarrasser avec cette histoire de mère biologique et de soeur jumelle. Ou en tout cas, c’est la vérité qui t’arrange, c’est celle qui te permet de ne pas garder en tête l’option du elle ne voulait juste pas entendre parler de toi. Y’a pas à dire, cette histoire aura trouvé le moyen de te faire plus de mal que de bien et c’est plus que détestable. Tu te demandes malgré tout si les choses auraient été différentes si elle et toi vous vous étiez connus. Est-ce que ça se serait bien passé, est-ce que ça aurait été plus facile ? Probablement pas et c’est rassurant de l’entendre de la bouche de jacob, que ça soit lui qui te livre cette vérité plutôt que tu continues de te faire des illusions sur ce qu’aurait pu être votre vie à tous. « C’est quand même horrible tu sais de me dire que pour moi tout va bien, simplement parce que je ne l’ai pas connu. On ne sait pas comment les choses auraient été, c’est vrai mais d’un côté, je ne peux pas m’empêcher de me dire que si on s’était connue, même sans grandir ensemble, aujourd’hui, elle serait peut-être encore en vie. » Non pas parce que tu fais des miracles mais simplement parce que le jour de son accident, elle aurait peut-être été ailleurs, elle aurait peut-être été avec toi ou votre mère. Tu ne peux malheureusement pas deviné de quoi la vie aurait été faites si les choix antérieurs s’étaient montrés différents, tu ne peux que supposer, encore et encore jusqu’à manquer d’idées. « En rangeant chez ma mère, j’ai trouvé un carton marqué confidentiel. Le genre de chose que je ne  dois pas avoir entre les mains si tu veux mon avis. J’ai trouvé ses échographies, la preuve qu’il y avait deux bébés. Il y avait aussi des lettres des médecins, plein de choses que je suis incapable de comprendre encore aujourd’hui mais je me dis que si ma mère gardait tout ça c’était pas pour rien, elle aimait son autre fille mais elle voulait aussi faire un geste bon en permettant à un couple homosexuel d’avoir un enfant. » Depuis que tu es enfant, tu as toujours été une fervente admiratrice de ta maman. Cette famille particulière est la tienne et tu ne l’aurais échangé pour rien au monde, certainement pas. Là, tu préfères encore voir le meilleur d’elle, sans te poser de question, sans te demander si oui ou non, elle avait des bonnes raisons de faire ça, si c’était légitime, réellement. « Tu penses qu’elle a pris la bonne décision ma mère ? Je veux dire… certes au départ il ne devait y avoir qu’un bébé mais le résultat a été différent... » Depuis que tu es au courant, tu n’as juste pas trouvé la force de l’interroger, refusant d’entendre une vérité qui pourrait ne pas te plaire. Certes, tu es peut-être toujours aduler ta mère mais chaque héro finit par tomber et se faire mal.



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The Vinyl Princess
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Jacob E. Peters
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J'ai posté : 801 messages et j'ai : 2045 dollars d'activité. Sinon, il paraît que : Logan Lerman et pour finir je crédite : Dulce

Mer 12 Juin - 1:41
- Promis, tu peux tout dévoiler, je ne dévoilerai rien à SOS !

J’affiche un air angélique comme pour appuyer ma blague. Après tout, il vaut mieux rire de cette salope plutôt que de trop la prendre au sérieux. Elle a détruit suffisamment de vies pour que je ne pourrisse pas la mienne à cause d’elle. Je me demande souvent comment elle arrive à dégoter tous ces potins sur les gens. Oui bon ok, j’avoue. Je me demande souvent comment elle a pu trouver CE potin sur Keala et moi. Vous savez, celui qui a un peu foutu notre relation en l’air. Ça et le fait que je l’ai traité de connasse, oui c’est vrai. Mais pour ce qui est du cas de Lola, elle sait tout aussi bien que moi qu’il ne me viendrait jamais à l’idée de dévoiler le moindre de ses secrets à qui que ce soit.

Le sérieux revient rapidement dans l’habitacle de la voiture et je sens le regard de Lola sur moi. Sa réaction face à la nouvelle qui lui ait tombé dessus me parait plus que normale même si je dois admettre que j’ai beaucoup de mal à l’imaginer. Je pense qu’un mélange de sentiments aussi profonds n’est tout simplement pas compréhensible pour quelqu’un qui ne l’a pas vécu. J’ai du mal à me figurer ce que ça peut faire de ressentir à la fois de la joie, de l’appréhension, des doutes -pour ne pas dire une remise en question des plus totales.
Ses yeux me quittent et je la vois les fermer du coin des miens. Je n’interviens pas et je la laisse avec ses pensées -qu’elle me fait rapidement partager.

- Je crois que c’est un truc de parents de bien savoir garder les secrets. Ou alors un truc d’enfant d’être assez naïf pour penser qu’on ne nous cache rien.

Toutes les familles ont leurs secrets, la mienne la première. Mais je dois avouer que beaucoup de parents ont un don assez incroyable pour ne rien laisser paraitre. Il a fallu plus d’un an pour que l’on découvre, Elia, Samuel et moi, que nos parents étaient à deux doigts de tout perdre parce que le restaurant ne fonctionnait pas. Et encore, ils ont toujours nié, même après que l’on ait trouvé les factures impayées et les lettres de relance.
Un silence s’installe entre nous, pendant lequel chacun se laisse aller à ses propres méditations. J’ose à peine imaginer ma réaction si j’apprenais demain que j’ai une sœur ou un frère caché. Avec la chance que j’ai ce serait encore un membre de la famille hyper doué en tout en plus, pas quelqu’un de lambda comme moi, c’est sûr. Vous imaginez une deuxième montagne de muscles comme Samuel ou un deuxième cerveau comme Elia ? Je vous assure que si ça arrive, je change de famille ! Je me suis habitué à être le vilain petit canard d’une fratrie de trois, hors de question qu’on ajoute une pièce au puzzle. Et puis je pense que je me sentirais trahi. J’ai du mal à me dire que je pardonnerais tout à mes parents comme Lola a l’air de le faire. Je pense plutôt que j’aurais tendance à disparaitre un certain temps -un temps incroyablement long en fait- et à ruminer dans mon coin. Ouais voilà, ça se passerait sûrement comme ça jusqu’à ce que Sidney me colle dans un avion et m’oblige à rentrer à Saint-Louis pour parler à mes parents.
Et puis Lola reprend la parole, me sortant de mes pensées. Je sens le regret dans sa voix mais aussi une pointe de fatalité. Elle sait parfaitement qu’elle ne peut rien changer à tout ce qui est arrivé et à la situation actuelle mais elle ne peut pas s’empêcher de penser que si une seule petite chose avait été différente toute sa vie aurait été bouleversée. Cette fois je ne peine pas à me mettre à sa place, bien au contraire. Je ne connais que trop bien cette sensation qui a tout de désagréable.

- Ça n’est pas ta faute. Pas plus que la tienne ou celle de ta mère. Ça n’est pas parce qu’elle n’a pas grandi avec toi ou parce qu’elle a fait les mauvais choix. C’est juste… Comme ça. Je sais, c’est difficile d’entendre ça comme ça mais après m’être rendu malade après l’accident, je me suis rendu compte que je ne pouvais rien faire d’autre que de l’accepter. C’est un long chemin, bien plus que ce qu’on pourrait penser mais il est indispensable. Lola, t’as tout pour être heureuse, laisse pas ce genre d’idées noircir ton esprit.

Je suis surpris d’apprendre comme la blonde a découvert tout ça. Je crois qu’il n’y a pas de meilleures définitions de « par le plus grand des hasards » que celle-ci. Bon hasard, oui et non. Le hasard de tomber sur une boite annotée « confidentiel », oui. Un peu moins de l’ouvrir. Mais entre nous, quelle personne normalement constituée serait capable de faire ce genre de découvertes et de passer à côté en se disant « Oh bof, des choses pour nourrir ma curiosité. Hm… Non. Non, je préfère aller chercher des potins dans Amour, gloire et beauté, le côté irréel me convient beaucoup mieux ». Voilà, personne, nous sommes d’accord.

- Ça doit être plus que troublant de tomber sur ce genre de choses. Et encore, troublant c’est un euphémisme. Qu’est-ce que tu ne comprends toujours pas aujourd’hui ? Tu en as tout de suite parlé à ta mère ou tu as gardé ça pour toi d’abord ?

Plus le temps passe, plus les questions fusent dans ma tête. La situation est tellement improbable et mon affection pour Lola tellement présente que le mélange des deux fait que mon intérêt pour cette histoire ne fait que grandir. Si bien que je ne vois pas les kilomètres passer. Je me rends compte qu’il doit rester trente ou quarante minutes de route, maximum et pourtant toutes mes interrogations sont encore bien présentes. Et visiblement, c’est un sentiment partagé puisque Lola me demande si je pense que sa mère a pris la bonne décision. Objectivement, c’est plutôt difficile à dire. Il y a tellement de probabilités différentes qu’on ne sait jamais si un choix est meilleur qu’un autre. Mais ce n’est pas une réponse objective que mon amie a besoin d’entendre à cet instant.

- Oui, je pense. Elle a pris la décision qui lui paraissait être la meilleure pour ses filles. Elle aurait pu être égoïste et vous gardez avec elle sans pouvoir garantir ce qu’aurait été votre avenir. Alors que là elle a choisi de faire passer votre bien-être avant le sien en faisant en sorte que vous ayez l’une comme l’autre une famille qui vous aimes. Elle a fait partie de ta vie, mais ça n’est pas pour ça qu’elle aimait pas Méloé. Bien loin de là. C’est une vraie preuve d’amour au contraire ce qu’elle a fait pour elle.
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