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Shivers in Amityville | Aurore & Mihaela

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Mihaela Oswald
général
J'ai posté : 116 messages et j'ai : 6 dollars d'activité. Sinon, il paraît que : Zendaya Coleman et pour finir je crédite : bleu amer (ava) & bat'phanie (signa).

Mar 2 Avr 2019 - 11:15
Shivers in Amityville
Aurore & Mihaela

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
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La voiture avale le bitume, les arbres défilent et leurs feuillages s'étendent à la manière de nuages. Les basses font vibrer l'habitacle, alors que la musique embaume l'air, et que nos voix remplissent le vide. Criant plus fort que Kelly Clarkson, la voix d'Aurore qui se démarque et franchit les octaves sans ciller, la mienne qui ne peut suivre ses envolées et se contente de rester dans ce qu'elle sait faire de plus beau, quelques tons plus bas. Jusqu'à ce que l'on décide de non plus chanter mais bel et bien hurler les paroles entre deux éclats de rire, c'est à celle qui couvrira le mieux la voix de l'autre.
Un road trip décidé deux heures plus tôt, sur un coup de tête, l'insouciance jusqu'au fond des rétines et le sourire brandit fièrement sur nos lèvres. Chaque samedi soir accompagne une soirée cinématographique, à chanter sur les comédies musicales en se jetant des pop corn, ou à se cacher sous les plaid devant les films d'horreur. Une routine instaurée depuis le commencement de nos années universitaires, et qui aura accompagné nos larmes de joie comme de tristesse, ainsi que le sentiment rassurant d’une harmonie avec quelqu’un d’autre. Quelqu’un sur qui on peut compter. La veille était une découverte d'un classique des films d'épouvante, « The Amityville Horror » par Stuart Rosenberg. Ce film aura accueilli nos frissons et nos cris de terreur, notre paranoïa face à chaque bruit qui émanait de l’appartement. Et, le lendemain, comme si la rationalité nous avait exceptionnellement quittée et que l’on n’en avait pas eu assez, s’était imposée l’envie soudaine d’aller voir la fameuse maison de l’affaire d’Amityville qui a inspiré ce film. L’ illustre et funeste ville se trouvant à moins de deux heures du campus, nous avions sauté dans la vieille voiture d’Aurore direction Long Island. Une antiquité capricieuse qui nous fait pourtant découvrir les paysages au gré de nous lubies soudaines.

La semaine à Bali m'a semblé longue, à des milliers de kilomètres de ma partner in crime, et s'est insufflé en moi le besoin de rattraper le temps perdu. De courir après les secondes et de les chérir, de s'enfuir loin de tout ne serait-ce qu'une journée avec ma blonde préférée. Un voyant s'allume soudainement, sur le tableau de bord, et le bruit strident d'alerte peine à se faire entendre à travers nos vocalises. Nos regards se croisent, ahuris, impossible de réaliser immédiatement tant nos esprits s’étaient envolées. L’ambiance tombe, nous éloignant de cette impression de flottement lorsque le vent se contentait de faire onduler nos cheveux, et que la musique accompagnait cette éternelle ligne droite.

« Wow, quel est ce clignotant ? », m’enquis-je, bouleversée.

Le dialecte toujours impeccable même en cas de crise, influence opportune d’un besoin d’intégration dans ce monde qui me repousse par essence. Difficile de voir comme son égale une enfant qui ne saurait se vanter d’être racisée, en plus d’être une femme, et que l’accent typique des îles d’Hawaï trahit. La petite voiture finit lentement sa course sur le bas côté, l’arrêt imprévu effectué entre les fougères et les vieilles clôtures à la peinture écaillée. Rien de rassurant, évidemment, et s’insinue la pensée que je me serais laissée posséder par la panique, si j’avais été seule. Mais nous sommes ensemble, et la confiance que je lui voue n’ôtera jamais l’idée que rien ne peut nous arriver, tant que nous restons soudées.

« Tu crois qu’il s’agit d’un problème de moteur ? Il doit bien y avoir une commande, pour ouvrir le capot, n’est-ce pas ? »

L’ignorance avouée sans peine, n’ayant jamais trouvé ni le temps, ni l’intérêt, de passer mon permis de conduire. J’ouvre la portière et saute dehors, sans prendre la peine de faire attention à ce qui s’y trouve. Je plonge ainsi pieds joints dans un petit fossé, l’eau jusqu’aux tibias, et l’éclat de rire qui ne se trouve jamais bien loin, alors que je fais remarquer à Aurore que j’aurais mieux fait de faire attention, pour une fois. Pas que cela soit dans mes habitudes, d’être prévoyante, d’ailleurs, bien que c’est effectivement ce que je tente de faire croire. Ou la qualité que je souhaiterais obtenir, trop rapidement rattrapée par ma maladresse. Je fais confiance, à tout le monde, mais aussi à n’importe quoi, c’est ce que l’on a tendance à me répéter, sans que je n’y trouve le moindre sens. Il aura fallu que je me retrouve dans un petit ruisseau, chute largement évitable, pour que cette accusation me semble enfin envisageable. Les mains plantées dans l’herbe, je me hisse de nouveau sur le bord de la route et contourne la voiture jusqu’à rejoindre mon amie devant le capot. Le véhicule, ainsi éventré, ne me parle absolument pas. J’ignore tout de l’anatomie de ces trucs-là, faute d’y accorder un trop faible intérêt, que je déplore aujourd’hui. Si j’avais été calée en mécanique, je ne serais probablement pas postée devant ces entrailles comme une godiche. Mes yeux parcourent les environs, entre bétail et vieilles fermes, maisons typiques de la banlieue de Manhattan, et pas un commerce ne se dessine sous mes yeux, pour l’instant.

« Ce qui est génial, avec nous, c’est qu’on tombe quand même en panne dans une grande ville, avec beaucoup de passage pour pouvoir demander de l’aide, des garages à chaque coin de rue… Il n’y a pas à dire, on fait les choses bien ! », plaisanté-je en fixant mon regard sur une vache qui nous scruterait presque avec un air moqueur.

Je lui lance un regard complice et m’appuie contre la carrosserie, le téléphone dressé pathétiquement dans les airs à la recherche d’une barre de réseau. Le soleil s’est teinté de nuances d’orange et de rose, en cette fin d’après-midi, une beauté simple qui coupe le souffle sans en avoir la prétention. Résignée à ne pas trouver de réseau, je prend une photo de cette longue route baignée de lumière rougeoyante, un sourire maintenu sur mes lèvres. Mon regard se teinte d’inquiétude, légèrement seulement, l’optimisme toujours brandit en toutes circonstances.

« Est-ce que tu vois d’où vient le problème ? C’est le moteur ? »

(c) DΛNDELION


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Aurore V. Hamilton
général
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Ven 5 Avr 2019 - 18:12
Shivers in Amityville
— with [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

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Cette fille qui partage l’habitacle de cette voiture capricieuse que tu possèdes est comme ton tout. Mihaela, ou ta petite tigresse comme tu aimes la surnommer. Elle est l’une des rares personnes ayant réussi à te supporter avec les années. Même si entre vous elles ne sont pas nombreuses, le temps et les épreuves font que vous êtes toujours là l’une pour l’autre. Elle est ta partner in crime, un peu comme peut l’être Drystan en masculin. Deux personnes importantes dans ton entourage. Ils sont cette famille que tu n’as plus. Il te reste bien quelques membres ici et là, ainsi que ton parrain, mais chacun ont leur vie, leur problème. Tu as les tiens. Tu dois avancer, ne pas stagner, dans l’attente d’avoir leur attention. Tu vis ta propre vie, comme tu l’entends, sans demander l’avis de qui que ce soit. En cette seconde partie de week end, c’est à bord de ta titine que tu es, avec Miha. Malgré votre jeune âge, il n’est pas rare d’avoir des idées un peu tordues. La dernière en date résulte du visionnage d’un film la veille. Un film d’horreur, comme vous n’aimez pas en voir, mais que vous regardez quand même, comme bonnes masos que vous êtes. Les voisins ont dû apprécier le concert gratuit, celui de vos cris effrayés quand la musique instaurait de la tension dans la pièce, ou bien quand un bruit suspect se faisait entendre dans ton appartement. Plusieurs fois, c’est seulement la présence de Lucky, ton chien, qui avait le malheur de bouger au mauvais moment dans le film qui provoquait vos cris. Des cris idiots, suivis par vos éclats de rire. Aussi incroyable qui soit, vous avez su trouver le sommeil après le film, mais comme si la nuit avait porté conseil, dès le lendemain, vous avez eu envie de vous rendre dans le lieu qui a inspiré le film. À croire que vous n’aviez pas eu assez peur la veille, qu’il fallait trouver le moyen de concrétiser vos peurs, et ainsi souffrir d’insomnie pendant les prochaines semaines, faute à des cauchemars.

Les kilomètres s’égrainent sur le bitume. New-York est derrière vous, depuis un moment. Vos voix s’unissent pour chanter par dessus celle de la chanteuse. Si mélodieux au début, un vrai concert de casseroles sur la fin. Qu’importe, vos rires sont plus important qu’un soupçon de honte. Par ailleurs, il n’y a que toi et elle dans cette voiture. Personne pour juger vos performances. Ce n’est qu’amusement dans une insouciance paisible. Néanmoins, cette bonne ambiance risque de prendre un coup. Un voyant s’allume sur le tableau de bord, et attire ton regard. C’est bizarre, c’est la première fois que tu le vois, mais ça ne te rassure en rien. La voiture fait un bruit étrange, émet un soubresaut loin d’être rassurant. « J’en sais foutrement rien. » dis-tu à la brune, une pointe d’inquiétude dans la voix. Tu n’es pas mécanicienne, mais tu sais quand il ne faut pas jouer avec le feu. Mihaela n’est pas plus qualifiée que toi, le mieux reste de se mettre sur le bas côté, et d’aviser. Tu vérifies qu’il n’y a aucun véhicule derrière toi, enclenches le clignotant pour avertir que tu vas te garer et t’éxécutes. Cet arrêt n’est pas le meilleur à ton compteur, tu le reconnais. Il est assez violent, et pas très calculé. Heureusement, point de défendeur pour la nature dans la voiture, ou dans le coin. Les fougères devront souffrir en silence. « Oui, il y a une commande pour ouvrir. Je crois que c’est par là… » Une affirmation qui s’accompagne de ton geste, et en un tour de main, le capot se soulève légèrement. Tu remercies intérieurement Hayden d’avoir déjà dû réparer ta voiture devant tes yeux, et ainsi savoir cette maigre information à son sujet. Tu sors de la voiture, ta brune fait de même, mais si tu as la chance d’avoir les deux pieds sur la route, ce n’est pas son cas. Tu entends les clapotis de l’eau, suivi par son éclat de rire. Celui-ci est contagieux, tu ris à ton tour, tout en allait te positionner devant le véhicule. Non sans difficulté, tu relèves le capot, et le fait tenir à l’aide de la petite barre métallique présente sur le côté. Tes mains se pose sur l’engin, et tu laisses ton regard observer l’affaire. De loin, tu as l’air de savoir ce que tu fais, mais à l’intérieur de ta tête, c’est un magnifique chant de cigales qui résonne. Tu pourrais être devant un corps ouvert dans un cours d’anatomie que tu aurais la même tête, le même regard ampli d’ignorance. « Évidemment. Tout ceci est calculé. Le prochain garage doit être à dix pas, à peine. D’ailleurs, cette magnifique vache ici présente est la secrétaire. Gente dame, pourrions-nous avoir un rendez-vous avec votre meilleur mécano, ça semble être sérieux ! » Si seulement c’était aussi simple. Mais bon, au lieu de paniquer à l’idée d’être perdue au milieu de nul part, autant rigoler cinq minutes. Ça permet de se détendre, et de relativiser. Ça pourrait être pire. Genre perdue au milieu d’une route déserte, dans la nuit noire, sous un orage de grêle. Bon, cette pensée doit rester dans le fond de ta tête, on sait tous que dire ces choses là à haute voix incite le mauvais karma à les appliquer. Il faut profiter de cette fin de journée, et de ce ciel magnifique aux couleurs d’été. Une vision vite immortalisée par le téléphone de la lambda, avant qu’elle ne se tourne vers toi. Tu sens poindre l’inquiétude dans sa voix. À ton tour, tu tournes le dos à la voiture, et l’utilises pour y poser tes fesses. « Tu sais bien que je suis dans le pourcentage de la population à posséder une voiture sans rien y connaître. Je ne peux même pas dire que j’aurai préféré crever un pneu, je ne sais même pas en changer ! Une vraie blonde sur le bas côté. »  Rire discret que tu laisses entendre. Tu tentes à ton tour de sortir ton téléphone, pour trouver une barre de réseau. Rien. Seulement cette terrible notion “aucun service” que tu voudrais maudire. Ce serait le moment idéal pour passer un coup de fil à Hayden, lui qui s’y connait en voiture, mais les tonalités qui résonnent dans le vide quand tu approches le téléphone près de ton oreille te font comprendre que tes espoirs ne vont pas se réaliser de si tôt. Résignée, tu verrouilles l’écran et tournes la tête vers l’étudiante. « On fait quoi ? Il y a plusieurs options. On peut rester ici à pointer nos téléphones vers le ciel pour trouver du réseau. On peut aussi attendre bêtement qu’une voiture passe, et espérer ne pas tomber sur un psychopathe. Ou alors on marche vers la prochaine ville, même si je ne sais pas où elle se trouve, et que je ne me souviens pas à quelle distance était la dernière. » Tu aurais pu le savoir si tu n’avais pas été si distraite par vos humeurs légères. « Une préférence ? Il fait beau, on peut en profiter et papoter sur le bord de la route. Ca fait road trip improvisé. »



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La beauté n'est pas juste une question d'apparence, de vêtements ou de maquillage. La vraie beauté vient de toi-même. Plus tu montreras qui tu es vraiment, plus jolie tu seras.
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Mihaela Oswald
général
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Mer 5 Juin 2019 - 23:57
Shivers in Amityville
Aurore & Mihaela

« And if the birds are just all the words flying along, singing a song, what would they do ? If they just knew what they could do.  »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Les pieds embourbés, les chaussures trop rapidement gorgées d’eau, et l’humeur qui ne redescendra pour rien au monde. Chaque désagrément apparaît immédiatement comme une plaisanterie, une raison de plus pour se tordre le ventre d’hilarité, à considérer seulement que l’on en exige une, de raison. C’est inné, naturel, incontrôlable. Je baisse mon téléphone, contemplant la photographie de l’instant capturé, ce ciel rougeoyant qui semble s’enrouler sur lui-même. Aucun véritable talent en la matière, mais un bon téléphone portable, c’est ce qui aura fait l’affaire pour obtenir un résultat décent. Sans se concerter, et comme je pouvais m’y attendre, Aurore s’engouffre dans la faille de sarcasme prononcée juste auparavant. Mes billes sombres passent de l’une à l’autre, la blonde postée devant son capot, et la vache que j’imagine beaucoup trop facilement en secrétaire. Presque à s’assurer qu’elle porte un prénom des années soixante, une coupe de cheveux courte et suffisamment décolorée pour rentrer dans le cliché. L’image s’impose à moi en moins de secondes qu’il ne m’en faut pour qu’un éclat de rire me saisisse toute entière. A bout de souffle, l’esprit vidé de toute anxiété, quelques secondes de légèreté à ne penser à rien d’autre qu’à nos voix hilares qui se répercutent contre le bitume et s’effacent dans les fourrées. Une rempart contre la panique, Aurore Hamilton, une lueur d’euphorie qu’il m’aurait fallu avoir dans ma vie depuis le commencement.

« Effectivement… Mais, tu vois, c’est ma faute, aussi. J’aurais au moins pu attendre que l’on s’approche de la maison pour te faire le coup de la panne ! Tu sais, je suis brune, mais je comprend mieux pourquoi on m’appelle « bounty », parfois... », lancé-je, la voix vibrante d’amusement, retenue de peu d’éclater en rire bruyant.

Deux cruches sur le bas côté, c’est à ça que l’on pourrait ressembler, il me semble. Loin de m’en déplaire, il s’agit d’une situation qui se trouve toute aussi loin de me plaire. Je relève mon téléphone, l’écran oscillant entre le symbole « E » que l’on ne croise quasiment jamais à Manhattan, et l’écriture « aucun service » qui éteindrait toute flamme dans les yeux d’un vivant. Mon acolyte fait très justement remarquer que, ainsi, bras tendu vers le ciel, nous ne pourrons espérer d’issue acceptable pour notre périple. Dépitée, je range mon téléphone dans ma poche. Aurore, elle dispose d’une capacité de réflexion qui a tendance à me dépasser rapidement, ayant la fâcheuse tendance de rester bloquée sur une seule solution jusqu’à avoir épuisé toutes les issues possibles. Jusqu’à omettre les autres solutions, envisagées trop tard, et pourtant si aisées. Aller au bout d’une pensée, comme je vais au bout de chaque mouvement, pousser la réflexion trop loin dans un couloir trop étriqué, les œillères trop longtemps portées auront eu raison de mon conditionnement superflu. Le nez levé en l’air, les sourcils froncés, les yeux plissés, je réfléchis aux différentes hypothèses soulevées. Naïvement, aucune difficulté ne s’impose à moi, persuadée que chaque instant ne pourra nous apporter que les plus belles opportunités, un karma toujours revendicateur d’une gentillesse inouïe, j’imagine, sans me douter de la réalité des tréfonds de l’humanité. Une réalité qui s’imposera, peut être, plus rapidement que ce à quoi j’aurais eu raison de m’attendre.

« Tu me connais, je ne suis jamais opposée à l’idée de papoter, cela ne me ressemblerait pas… Mais tu as raison, rester immobiles ici ne nous apportera rien. Je pense que l’on devrait continuer sur cette route, nous finirons bien par trouver quelque chose, n’est-ce pas ? Allez, en route ! Je sais bien que selon le dicton, les aventuriers ne vont jamais tout droit, mais… j’ai bien peur que nous n’ayons pas vraiment le choix... », fis-je remarquer, amusée, et grimaçant en désignant la longue route en ligne droite qui s’étend à travers les arbres, au loin.

La voiture précautionneusement fermée, nous nous mettons en marche, avec pour mélodie initiatrice le clapotement de nos pieds sur la route, la légère brise du soir qui adoucit la chaleur ambiante, et la nature qui semble nous chuchoter ses secrets à l’oreille.

« Alors, qu’est-ce que j’ai raté pendant que j’étais à Bali, pour le Spring Break ? Tu as vu Drystan ? »

Je pourrais me targuer de ne pas être trop possessive, mais ce serait probablement mentir, considérant mon passif avec le plus proche ami d’Aurore. Apprendre son histoire avec mon frère jumeau la veille de mon départ pour Bali m’avait particulièrement chamboulée, m’empêchant de fermer l’œil de la nuit. J’ignore à quel point je peux accorder ma confiance à Drystan, et certainement n’ai-je pas réellement attendu avant de la lui confier, indépendamment de ma volonté. C’est ainsi qu’est mon tempérament, ce n’est plus à nier. Persuadée d’éprouver de la méfiance pour quelqu’un, mais s’arranger tout de même pour qu’il connaisse mes plus sombres secrets, ceux que même Aurore ignore, elle qui s’inquiéterait de trop et qui a déjà eu beaucoup de préoccupations ces derniers temps. Intérieurement, j’ai conscience qu’il s’agit d’une excuse visant davantage à me protéger qu’à la protéger elle, égoïstement, puisque les occasions n’ont pas manqué de tout lui avouer, ces dernières années. Mais lui parler de ma maladie, à elle, celle qui est la plus importante, ce serait réaliser d’autant plus. L’accepter. Et je ne suis pas prête à l’accepter.

J’ignore si Drystan lui a parlé de notre altercation, ou s’il l’a passée sous silence, comme il aura été convenu dans notre intérêt à tous les deux. Peut-être un jour parviendrai-je à lui être entièrement dévouée, à ne plus placer cette amitié entre parenthèses pour une raison si absurde qu’une vulnérabilité partagée. Trop en savoir, risquer de trop dévoiler, comment ne pas se méfier. A la place, je souris à ma blonde préférée, parce que je sais comme il la rend heureuse, et je ne pourrai jamais nier à quel point il a toujours été un bon ami pour elle. Tout ce que je souhaite, c’est que tout reste ainsi. Que rien ne change. L’ombre de Kealohi ne peut décemment tout ruiner avec mes amis.

Les mètres s’émiettent sur le béton, passant sous silence les lignes blanches qui se succèdent, à moitié effacées par le temps. Le ciel s’assombrit progressivement, se teintant d’un pourpre aux nuances parme. Au loin, un point lumineux se distingue de mieux en mieux, nonchalamment posé sur la ligne d’horizon et grossissant en se nourrissant des mètres qui nous séparent de lui. Une maison semble illuminée, et si l’on se concentre, il est possible d’entendre le bourdonnement d’une musique lointaine. Le mois du Spring Break est suffisamment explosif pour donner lieu à des soirées complémentaires organisées par les étudiants à travers le pays, de sorte qu’il ne serait absolument pas improbable que ce soit le cas, même à deux heures de route du campus universitaire le plus proche. Au contraire, les maisons provinciales sont très prisées pour leur capacité à abriter les soirées les plus déjantées, si j’en crois les bruits de couloir, et à éviter les interventions trop courantes de la police, lorsque les voisins se plaignent de tapage nocturne. Mon innocence se fait certainement ressentir, puisqu’en réalisant cela, aucune pensée ne se dirige vers ce monde nocturne de tous les excès.

« Tu entends ? Je crois qu’une soirée est organisée, dans la maison, tout là bas. Il doit bien y avoir quelqu’un qui sait réparer une voiture, ou du moins, quelqu’un qui a du réseau ! », m’écriai-je en ne cachant pas mon soulagement.
(c) DΛNDELION


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