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The maestro says it's Mozart - but it sounds like bubblegum. [Ian Foster-Miller]

GOOD MORNING AMERICA :: New York City
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Mercy L. Fitzbaum
général
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Sam 4 Mai - 21:51
The maestro says it's Mozart - but it sounds like bubblegum.

Feat Ian Foster-Miller.



Dans le bus poussif qui traverse Manhattan, un enfant ne cesse de hurler. Sanglé dans sa poussette, il se débat contre les lanières qui l’entravent, se tord et s’épuise dans sa vaine lutte. Le père, derrière la poussette, regarde droit devant lui, mais ses jointures sont blanches là où il serre les poignées du petit véhicule, et ses mâchoires sont contractées. Il demeure digne au possible, sous les cris de son fils de deux ans, et sous les regards en coin des nombreux passagers. Mercy le dévisage également, assise face à lui, et quelque chose comme de l’empathie naît en elle. Elle se souvient de scènes similaires avec sa fille, le jour où Ella a hurlé pendant un quart d’heure à la caisse d’un supermarché bondé à cause d’un paquet de sucreries refusé, l’après-midi où elle a été malade dans un tram, ayant avalé trop vite une brique de jus d’orange et trois bananes, et les contestations d’autorité dans les lieux publics. Mercy sait ce que signifie être avec un petit enfant, exigeant et imprévisible, prêt à éclater de rire ou en sanglots pour un mot malencontreux. Pourtant, ce ne sont pas les cris de l’enfant qui sont alors le plus humiliant, il s’agirait plutôt des regards d’autrui, des jugements à fleur de peau. Être étiquetée mauvaise mère, pendant un temps.

À l’arrêt suivant, père et fils quittent le bus. Le silence et le soulagement collectif sont immédiats. À mesure que le lourd engin redémarre, Mercy reprend le fil de ses pensées, se souvient pourquoi elle est assise sur ce siège un peu fatigué avec un encombrant carton à dessin sous le bras, qu’on lui a confié en lui faisant comprendre que son contenu était précieux. Elle n’a même pas eu la curiosité de l’ouvrir, préférant expédier la tâche qui lui a été demandée au plus vite.

Elle ne pouvait décemment pas refuser à sa cousine, Claudette Fitzbaum, de livrer au galeriste pour lequel elle travaille une commande tardive. Il ne s’agit pas de lien du sang, de solidarité familiale : il s’agit du fait que Claudette Fitzbaum a régulièrement envoyé de l’argent à Mercy quand cette dernière était dans un vide financier effrayant, qu’elle n’a jamais été remboursée, et qu’il serait malvenu de se permettre de refuser un service demandé. Mercy n’a qu’une idée très vague de la façon dont sa parente fait de l’Art, tout au plus sait-elle que le pseudonyme de Claudette est Fitzy, et elle croit savoir qu’il s’agit de peinture surréaliste, mais sa conception de la chose est très floue. Toujours est-il que Claudette-Fitzy a accouché récemment, et se voyait dans l’incapacité de se rendre elle-même à la galerie Foster-Miller pour honorer sa commande.

En descendant du bus à son tour, deux arrêts plus loin, Mercy a la désagréable surprise d’être la proie des giboulées printanières. Une pluie froide et drue s’abat sur elle, et elle maudit son inconséquence, n’ayant emporté ni parapluie, ni vêtement de pluie à capuche. Elle serre le grand classeur contre sa poitrine pour le protéger du déluge en avançant à l’aveuglette, connaissant peu cette partie de New York.

Le premier parvis qui s’offre à elle est élu comme abri de la pluie diluvienne. Sur un seuil marbré, Mercy échappe à la fureur des éléments, et essuie de son mieux les ruisseaux qui ont coulé sur le classeur. Heureusement, le contenu semble ne pas avoir trop souffert, à l’inverse de celle qui le porte, qui est trempée jusqu’aux os, ses cheveux bruns devenus presque noirs, et tombant sur ses épaules sans la moindre grâce.

Mercy demeure un instant ainsi, silencieuse sous le porche, regardant les trombes d’eau se déverser sur la Cinquième Avenue. L’air sent le goudron mouillé et la poussière humide, une senteur qu’elle respire à pleins poumons, l’odeur d’une pluie de printemps. Celle-ci est violente, mais brève, bientôt elle se calme, redevient une simple bruine. Mercy a alors l’idée de regarder le numéro inscrit sur le porche pour se repérer jusqu’à la galerie Foster-Miller, et en revérifiant sur son vieux Nokia, il s’agit bien de l’endroit où elle doit se rendre. Espérant en avoir rapidement terminé avec cette histoire de livraison, elle appuie sur la sonnette.
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Ian Foster-Miller
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Dim 5 Mai - 13:34
Mercy & Ian

«C’est bientôt fini ?»
«Presque Monsieur … même si poser cette  question toutes les minutes ne me fera pas travailler plus vite… au contraire, cela me distrait ... et lorsque je suis dérangée, je travaille moins vite ...»

Ian jeta un regard assassin à sa manucure et grogna.

«Pour couper, poncer et polir dix ongles, seu-le-ment dix, tu devrais déjà avoir fini»
Il insista bien sur le « seulement » car vu le temps qu’il mettait, il n’osait imaginer combien cela durerait s’il en avait plus.
«Faut vraiment que tu t’actives Andrès, je suis overbooké , ce so ...»

Il n’eut pas le temps d’achever sa phrase qu’un tourbillon de lycra fushia l’avait empoigné par les épaules. Il sentit la griffure des ongles dans sa chair, pire qu’une paire de serres d’oiseaux de proie tandis qu’ une bouche toute de laque rose bonbon colorée lui hurlait au visage.

«CABRON !! MARICON !!...HIJO DE PUTA ! TE VOY A MATAR !!! NO ME JOD ...»

Ian leva les mains en signe de reddition avant que son ami ne lui arrache les yeux avec ses jolis ongles tout bien peints sur lesquels il y avaient de minuscules coccinelles. Les avoir plantés dans les épaules était déjà assez douloureux. Il espérait que cela ne lui laisserait pas de trace. Nul besoin de donner des idées tordues à ses amants. Le marquage, très peu pour lui.

«Bon sang Andrès, calme-toi… c’est bon, prends-ton temps, mais calme-toi»
« Me calmer !!! Tu m’appelles toujours Andrès alors que c’est Joy maintenant. JOY . Putain, Ian, t’es vraiment un sale con parfois»

Andrès/Joy lui agrippa la main en un geste qui n’avait rien de féminin, et se remit à manier la lime à ongles avec une dextérité qui faisait craindre le pire à Ian.
Il osa malgré tout un «Tu t’arrêteras avant l’os hein...» mais n’eut pour seule réponse qu’un «Callate maricon» sec et froid.

Cela faisait des années qu’ils se connaissaient. Il savait tout des traitements et opérations qu’il avait subi et devrait encore subir pour devenir enfin une femme. Ian l’avait aidé dans ce parcours du combattant, n’hésitant pas à faire jouer ses relations, ni à financer une grande partie des frais médicaux hors de prix. Il aurait volontiers payé la totalité, mais la fierté de son ami l’en avait empêché. Son regard tomba sur la superbe poitrine galbée de dentelle, dont on voyait le bord du soutien-gorge rose pâle dépasser du décolleté où trônait une broche représentant une licorne sur un arc-en-ciel.

« Tu sais que je vais mettre du temps à t’appeler… Joy, mais je ferai un effort, je te le promets hermano

Un sourire éclaira le visage de son ami et avant qu’il puisse le retenir, il lui avait collé un baiser sur la joue. Ian sentait la matière du gloss sur sa peau mais n’osait pas s’essuyer, de peur d’en étaler encore plus.

« Tu n’y arriveras jamais mais, tant pis, je te pardonne. Trouve au moins un diminutif »
« Quand toi, tu auras changé de styliste... » et il éclata de rire « Où as-tu trouvé ce morceau de tissu ? » puis, plus sérieusement, «  Tu ne peux pas sortir comme ça, tu risques de te faire lyncher voire pire s’ils s’aperçoivent que tu es un homme. Je suis sérieux. Tu ne seras même pas un entrefilet dans la presse...»

Quelques coups frappés à la porte du bureau avant de voir la tête de Nina apparaître.

« Il y a une personne qui apporte les œuvres de Fitzy»

D’un geste rapide, Ian retira sa main et se lèva.

«C’est bon, merci»
Sa phrase allait aussi bien pour sa manucure que pour sa secrétaire. Il réajusta sa tenue, passa une main dans se chevelure tout en glissant une mèche rebelle derrière son oreille puis, s’adressant à Nina « Appelle le photographe et dis-lui que tout est ok et l’imprimerie aussi pour qu’ils soient prêts»

Il se dirigea vers la porte et descendit l’escalier métallique. A chaque fois qu’il posait ses pieds sur la structure en métal, il aimait entendre ce bruit caractéristique qui lui faisait penser au xylophone qu’il avait enfant et sur lequel il s’acharnait comme un sauvage. Il descendit les marches en faisant claquer ses chaussures afin de faire le plus de boucan possible, un grand sourire sur les lèvres.

Il déboula dans la galerie où une pauvre créature l’attendait, s’égouttant sur le dallage en marbre blanc comme une misérable. Manquait plus qu’elle s’appelle Cosette.

Il s’approcha de la femme, main tendue, sourire engageant.

«Ian Foster-Miller, enchanté»

Il se recula légèrement et la vue d’ensemble était encore plus triste que l’œuvre de Victor Hugo.

« Il me semble que vous avez quelque chose pour moi» et d’un signe du menton, il désigna l’immense carton à dessin, priant pour que son contenu ne soit pas dans le même état que la messagère.


Des talons claquèrent sur le sol et Andrès disparut dans un tonitruant «Maricon de mi vida» tandis que Nina retournait s’acquitter des tâches que Ian lui avait confiées.
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Mercy L. Fitzbaum
général
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Lun 6 Mai - 21:33
Placée dans ce qu’elle voit comme une salle d’attente, Mercy sent les pointes mouillées de ses cheveux égrener leurs gouttes dans son dos, générant une froideur insupportable. Elle se permet de déposer le classeur à même le sol avant de rassembler sa chevelure dans une main et de la nouer en tresse grossière sur l’épaule, afin de ne plus subir le ruissellement glacé. Elle n’a pas eu le temps de demander à la femme très digne qui lui a ouvert la porte une serviette pour éponger toute cette eau, et elle s’en repend. Ce n’est ni confortable, ni très seyant. Lorsque Mercy reprend le carton à dessin, une feuille pliée en quatre s’en échappe, qu’elle ramasse en hésitant. La dépliant maladroitement, elle comprend qu’il s’agit d’une missive personnelle, et ne la lit pas.

En attendant que l’on vienne s’occuper d’elle, elle se surprend à observer la pièce, à s’interroger sur la vie que peut mener un galeriste. Mercy n’a jamais fréquenté le monde de l’art, elle s’en fait une idée très vague, il lui semble que les artistes soient une race humaine à part, qu’ils aient leur univers imperméable aux néophytes. Le nom de Foster-Miller lui est lointainement familier, à présent qu’elle y pense, elle se demande si elle n’a pas entendu un jour son ex-mari s’exclamer : C’est à cause de ces salauds de Foster-Miller qu’il y a tant d’armes en circulation aux Etats-Unis. Par contre, elle ne remet plus très bien les circonstances de cette déclaration, la lecture du journal matinal, un débat entre étudiants, ou une lubie du jeune homme.

Perdue dans ses songes, Mercy sursaute lorsque des pas allègres font résonner un escalier métallique, rendant un son impressionnant à chaque mouvement de l’homme qui le dévale. Bel effet d’ensemble, juge-t-elle, un bon moyen de surprendre le visiteur et de le placer en position de faiblesse. L’homme qui vient vers elle paraît sûr de son fait et de son effet, il lui tend la main et se présente comme étant le propriétaire des lieux. Mercy essaie de ne pas donner une poignée de main trop lâche en se présentant à son tour : “Mercedes Fitzbaum.” Le fait de donner son prénom complet n’est pas prémédité, mais elle se voit mal décliner son surnom face à Ian Foster-Miller.

Au geste de Foster-Miller vers le carton à dessin, elle explique : “Je suis la cousine de Claudette. Enfin, de Fitzy. C’est pourquoi elle m’a chargée de vous remettre cette commande, elle vient d’accoucher et ne pouvait pas se présenter elle-même.” En tendant le carton, Mercy précise encore, sans savoir pourquoi : “L’accouchement s’est bien passé. Un beau garçon, Fitzgerald.” Elle prend soudain conscience de la future misère du bébé, dont le père est inconnu : s’appeler Fitzgerald Fitzbaum ne sera pas facile tous les jours.

“Il y avait ceci dans le carton, qui a glissé. Je ne l’ai pas lu, j’imagine que ça vous était destiné” poursuit Mercy en tendant également le morceau de papier plié. Après un temps de silence, jugeant aux regards un rien condescendants que lui a dédiés Ian Foster-Miller qu’elle n’a rien à perdre, elle demande : “Pourrai-je vous demander, s’il vous plaît, s’il serait possible d’avoir une serviette à cheveux ?”


Claudette :
 
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Ian Foster-Miller
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Mer 8 Mai - 9:31
Ian est déjà complètement absorbé par le carton à dessin et les œuvres qu’il contient. Plus n’a vraiment d’importance pour lui et surtout pas la pauvre jeune femme dégoulinante qui grelotte dans la pièce. Il entend bien une demande mais celle-ci se dissout dans l’atmosphère sans toutefois prendre corps dans son cerveau. Ce ne sont que des sons indésirables et en ce moment, il veut avoir du silence. Un silence religieux si possible car ouvrir un carton et découvrir son contenu est toujours une émotion intense. Positive ou négative, mais une émotion tout de même.

Sans répondre, il se dirige vers l’immense table qui trône dans un coin de la salle, tournant carrément le dos à la messagère qu’il a déjà occultée tout comme la missive qu’il a glissée dans la poche de son pantalon. Il y dépose avec précaution le carton mouillé et ne peut s’empêcher de froncer les sourcils de mécontentement. Comment peut-on être aussi désinvolte alors que cette pochette doit contenir des milliers de dollars. Ça le dépasse.
Il étale les feuilles en prenant garde qu’aucune humidité ne vienne les toucher. Dans un premier temps, il les range dans l’ordre où il les sort de la pochette mais un doute l’assaille et se retourne brusquement vers la jeune femme. « Rassurez-moi, vous n’avez touché à rien ? Rien dérangé ? Manipuler les feuilles ? Changer leur ordre ? ». Sans attendre la réponse, il pivote vers la table et regarde fixement les œuvres de Fitzy, plongeant dans un océan de couleurs. Il trouve cela remarquable de gaieté et de fraîcheur. Il se penche, se courbe afin d’être au plus près et du bout du doigt, suit quelques contours avant de se redresser un grand sourire sur les lèvres. Un vrai sourire que personne ne voit.

Dans le lot, il y a deux aquarelles qui partent pour le Japon chez un riche industriel, le reste est pour le catalogue de la galerie mais Ian sait déjà que certaines œuvres ont déjà des acquéreurs. Il se retourne, va appeler Nina afin de voir avec elle les derniers détails lorsqu’il tombe sur Mercedes Fitzbaum, toujours là. « Vous demandiez quoi déjà ? » une sonorité tourne soudain dans sa tête  et content de lui, il s’exclame presque « Une serpillière ! C’est gentil de vouloir nettoyer toute l’eau que vous avez répandue partout, les gens n’ont aucun savoir vivre de nos jours » il secoue la tête tout en soupirant devant l’ingratitude de la nature humaine « deuxième porte à gauche, il y a le local du personnel d’entretien, vous devriez trouver votre bonheur » puis, après une courte pause " lorsque vous aurez fini, profitez-en pour vous sécher et boire quelque chose de chaud, je ne voudrais pas que Fitz pense que je vous ai maltraitée"

Il se retourne satisfait, ne montrant de lui que son dos, se replongeant dans les œuvres, n’accordant plus aucune importance à Mercedes Fitzbaum.

Fitzy avait été prometteuse dès le début. Certes, il avait insisté pour qu’elle prenne un nom d’artiste car Claudette, c’était juste pas possible mais d’après le peu qu’il en avait vu, les Fitzbaum aimaient les prénoms improbables.

Sa main part à la recherche de son téléphone portable car il doit contacter l’acheteur japonais. Il n’oublie pas de calculer le décalage horaire et se dit qu’il ferait mieux de lui adresser un mail car avec treize heures de plus, il a toutes les chances de le sortir de son lit. Ses doigts touchent le papier et il sort la missive oubliée dans un crissement plaintif, la déplie et prend connaissance des quelques lignes gribouillées par Fitzy sûrement entre deux biberons « Ian, désolée mais avec la grossesse et l’accouchement, je n‘ai pas pu venir. Je t’envoie ma cousine Mercy, elle est chargée de te remettre mes œuvres. Elle est gentille mais n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie. Biz »
Il l’appellera pour la féliciter et lui faire envoyer des fleurs, les femmes aiment ça en général ainsi qu’un cadeau pour le petit Fitzgerald.

Les mots " bébé, femme, couple"  lui donnent juste envie de fuir très loin, heureusement, les dessins sur la table lui font oublier les vicissitudes de la vie.
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Mercy L. Fitzbaum
général
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Dim 26 Mai - 19:28
Mercy n’a pas souvent l’occasion de fréquenter l’univers de la richesse ostentatoire et paisible, sûre de son fait. Quand elle regarde Foster-Miller se pencher sur les œuvres de sa cousine, elle peine à imaginer la vie de cet homme, devine que leurs univers sont diamétralement opposés. Probablement le galeriste ne se soucie-t-il pas de savoir de quoi demain sera fait, elle invente son quotidien, le voit recevant des artistes influents, leur prodiguant des conseils sur leurs créations – et se rend rapidement compte qu’elle n’a pas la moindre idée d’en quoi consiste le métier de Foster-Miller, à part miser sur le bon cheval. L’espace d’un instant, son propre travail lui revient en mémoire, servir des cafés et des viennoiseries au Starbucks, faire face à la marée de clients, faire cent fois les mêmes gestes, coiffée de la ridicule casquette verte (après plusieurs mois, ce détail reste le plus énervant, cette casquette dont les employés sont obligés de s’affubler). Rester stoïque face à leur agressivité, parfois, comme face aux accusations voilées de Foster-Miller concernant une possible dégradation des œuvres.

Le grand sourire du galeriste, et sa réponse inattendue à la demande d’une serviette-éponge laissent Mercy sans voix, désarçonnée par une telle méprise. Quelque chose en elle lui crie soudain pars, va-t’en d’ici, une résolution sûre. Tout dans cette pièce, des dessins de sa cousine à la manucure soignée de Foster-Miller lui hurle au visage qu’elle n’a pas sa place, qu’elle a rempli son rôle et peut s’enfuir. « D’accord » dit-elle à l’homme blond, ou plutôt au dos de ce dernier, une approbation qui ne s’accroche à rien, Mercy ayant la désagréable sensation qu’elle pourrait aussi bien n’avoir jamais existé, la situation eût été identique. Elle remet son sac en bandoulière et s’éloigne, sans prendre la peine de saluer. En serrant les dents, elle songe à sa cousine.

Arrivée près de la porte où elle est venue du dehors, Mercy retrouve la femme qui l’a accueillie, dont le badge épinglé à la poitrine porte le prénom de Nina. Elle ne sait pas très bien si cette femme est réceptionniste, secrétaire, ou si elle a un rôle plus important dans la circulation des œuvres ; toujours est-il qu’au moment où Mercy s’apprête à ouvrir la porte, Nina l’interrompt d’un : « Vous me voyez désolée, Madame, mais il est impossible que vous sortiez pour le moment. Consigne de police : il y a un quart d’heure, il y a eu une tentative de meurtre en pleine 5th Avenue, et le tireur est toujours en liberté. » « Ah » s’entend répondre Mercy, seule réponse intelligente qui lui vient à l’esprit. « Il y a un quart d’heure ? Mais nous n’avons rien entendu. » Un regard condescendant lui est jeté, et Mercy suppose que la galerie Foster-Miller est soigneusement insonorisée. « Il est difficile de dire combien de temps l’opération policière durera » reprend Nina. A quoi Mercy ne réplique rien, se sentant soudain découragée face à ces circonstances peu favorables. New York est une ville de fous, elle l’a souvent songé, les humains qui la hantent sont imprévisibles et dangereux. « Il y a eu des victimes ? » demande-t-elle. « Je ne sais pas, ça n’a pas été précisé » est la réponse qui lui est offerte.

Il y a deux chaises en face du bureau où officie Nina, Mercy s’autorise à s’installer sur l’une d’elles, étonnée de son confort molletonné. Un moment de silence s’écoule, elle se demande à quoi est occupé le galeriste blond, s’il est toujours absorbé dans les dessins de Claudette Fitzbaum, s’il s’étonne de son absence, s’il s’en moque. « Je vais avertir M. Foster-Miller de ce qu’il se passe » déclare Nina peu après, en se levant et en époussetant son blazer noir qui n’a pas une miette. « Voulez-vous une tasse de café en attendant de pouvoir partir ? » « S’il vous plaît » répond Mercy. « Et aussi un peigne et une serviette-éponge, si c’est possible. » Elle s’efforce de soutenir le regard à la fois étonné et méprisant de l’employée avant que cette dernière ne s’éloigne pour parler à son patron.
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Ian Foster-Miller
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Ven 31 Mai - 12:15
Ian est toujours penché sur les dessins, des aquarelles et il sourit car il aime beaucoup ce qu’il voit et il est certain que ses clients adoreront eux aussi. Il les manipule avec délicatesse et les sépare en tas distincts qui représentent chacun une commande. Son regard est figé sur les tas qui s’alignent sur la grande table blanche car quelque chose cloche dans ce bel agencement. Il se recule, croise les bras sur sa poitrine et fronce les sourcils. Un truc lui échappe mais il n’arrive pas à savoir quoi. Alors qu’il s’apprête à appeler Nina, celle-ci se matérialise à ses côtés. « J’allais t’appeler. J’aimerai voir la commande des œuvres concernant Fitzy» d’un geste vague il lui montre les feuilles sur la table « J’ai l’impression qu’il y a un truc qui ne va pas » une de ses main est venue enserrer sa mâchoire tandis que son index tapote sa joue.  « Elle est toujours là, la cousine ? » Nina hoche la tête et tente de parler « Je venais te dire qu... » mais la réponse fuse « Si cela n’a aucun rapport avec ce qui me préoccupe, je m’en fous pour le moment, on verra ça plus tard. J’ai besoin de la commande de Fitzy. Maintenant ! » Tandis que les talons de Nina claquent sur le sol en marbre, Ian sort son téléphone portable. Il veut l’appeler mais avant il doit vérifier cette liste. Le bruit des chaussures de son bras-droit lui indique qu’elle revient avec ce qu’il a demandé. Elle lui tend la feuille et tandis qu’il en prend connaissance, elle regarde les œuvres sur la table et fait une petite grimace. Ça va barder pour quelqu’un et elle n’aimerait pas être sa place. Elle adore Ian, c’est le parrain de sa fille, mais lorsqu’il est contrarié, il devient vraiment imbuvable. Alors que Nina est perdue dans ses pensées, Ian inspecte la liste et au fur et à mesure des minutes, ses sourcils se froncent et sa bouche se pince. « Putain de merde, c’est bien ce qu’il me semblait, il en manque deux !! Elle est où la cousine ?!! » Nina fait un signe de tête en indiquant la galerie « Sûrement là où elle était il y quelques minutes, sauf si tes cris l’ont fait fuir et qu’elle a préféré affronter le tueur fou qui sévit dehors... » Ian lui lance un regard mauvais, ravale sa réponse, rassemble délicatement les dessins dans leur carton et fonce vers Mercedes Fitzbaum, cette odieuse voleuse d’œuvres d’art. Effectivement, elle est bien là, toujours aussi misérable. « Il en manque deux » sa voix est glaciale. « Avant que vous vous répandiez en excuses, je vais téléphoner à votre cousine ». Il lève sa main pour stopper un éventuel flot de paroles. Il n’a aucune envie de l’entendre. Un sourire plaqué sur ses lèvres, il est redevenu agréable. «  Fitzy chérie ! c’est Ian. Félicitations pour ton garçon et quel choix de prénom audacieux. J’adore...Tu as déjà reçu les fleurs… elles te plaisent, c’est le plus important ...non, ne me remercie pas, c’est tout à fait normal. J’ai ta cousine devant moi … j’ai un petit souci, il manque deux dessins … ha...hmm...tu dis que toute ta commande était dans ce carton...tu as bien vérifié… ok. Je vais voir ça avec elle. Des bisous à toi et au bébé. Prends-soin de toi Fitzy chérie », il glisse son téléphone dans la poche de son pantalon, et fusille franchement Mercy du regard. « Votre cousine affirme que TOUTE sa commande était dans CE carton mais il en manque deux... » Il brandit le carton à dessin sous le nez de Mercy. « Où sont-ils passés ?!!!!!  Vous m’avez dit n’avoir touché à rien mais il en manque deux. Ça vaut des milliers de dollars...» Il se penche vers la jeune femme, suspicieux «  Vous n’auriez pas eu l’idée de dérober les dessins de votre cousine pour les revendre, par hasard ? ...la famille ... " Il hausse les épaules dans un geste fataliste "parce que si c’est le cas, vous auriez à faire à mes avocats et croyez-moi, ils ne sont pas tendres. » Ian pivote violemment et manque de décapiter Nina avec le carton qu’il finit par lui tendre. Deux ont disparus, évitons d’abîmer les autres. « On fait quoi maintenant ? » Ses iris verts fusillent toujours Mercy. Après une longue inspiration, il décide de changer de tactique. Si cette fille est une voleuse, pourquoi ne pas marchander. Il se détend et reprend son rôle du gentil monsieur même s’il a juste envie de l’étriper « On ne va pas s’énerver » même si dans son cas, c’est déjà fait «  Je vais vous laisser partir et aller chercher ces deux dessins, puis me les ramener. On fera comme si rien de fâcheux était arrivé et je vous dédommagerais… généreusement pour vos déplacements. » Puisqu'elle veut de l'argent, il va lui en donner. Satisfait de lui, il adresse un grand sourire à Mercy et attend qu’elle dégage et aille chercher son précieux colis lorsque Nina intervient calmement « Elle ne peut pas sortir, ni aucun de nous d’ailleurs. Il y a un tireur en liberté dehors » et là, il explose « Raison de plus pour me dire où se trouve ces dessins, si elle ne veut pas que je la jette dans la rue pour se faire flinguer par ce taré ! Parce que... » Il s’est un peu plus rapproché d’elle «  Croyez-moi sur parole mademoiselle Mercedes Fitzbaum, si ce mec à une arme qui sort de mes usines, et qu’il sait un tant soit peu viser, vous n’aurez aucune chance et moi aucune pitié pour une voleuse »
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Mercy L. Fitzbaum
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Mar 4 Juin - 22:03

La pluie ne semble pas vouloir faiblir. Mercy entend le fracas des gouttes sur les baies vitrées, elle voit leur lent ruissellement, des larmes silencieuses ou des fleuves qui se créent. Elle se surprend à tendre l’oreille, à guetter le bruit fatidique des armes à feu – mais rien, l’insonorisation ne souffre semble-t-il d’aucun défaut, le passage des voitures le long de la 5th Avenue n’est même pas perceptible. Ce silence n’est pas déplaisant mais il a un côté malsain, calfeutré, imperméable aux événements extérieurs. Mercy se fait cette réflexion en passant les doigts dans ses cheveux noirs qui sèchent naturellement, en grandes boucles indomptées. Elle défait sa tresse maladroite, les laisse libres, s’occupe à traquer leurs fourches pour passer le temps.

Les cris de Ian Foster-Miller la font sursauter, elle ne distingue pas ses paroles mais une montée d’adrénaline s’insinue dans ses veines, comme un avertissement. Lorsque les pas du galeriste résonnent dans le couloir et s’approchent, un sourd instinct l’avertit qu’elle ferait mieux de fuir, quelque chose de mauvais va survenir – pourtant elle demeure assise sur le siège molletonné, se contentant de se tenir plus droite et de décroiser les jambes. Elle ignore quels embarras vont lui tomber dessus, elle n’a que la certitude de leur chute.

Néanmoins, lorsque Foster-Miller et son adjointe apparaissent, puis lorsque les accusations pleuvent d’une voix mâle brusque et sûre de son droit, Mercy garde une impression d’irréalité. Il lui faut une bonne minute pour saisir le sens des mots de Ian, pour comprendre qu’elle n’est ni plus ni moins traitée en voleuse d’œuvres d’art. Une phrase idiote se forme dans l’esprit de l’accusée, je n’y avais même pas songé, pour un peu elle en rougirait. Bon sang, elle n’a même pas ouvert ce carton à dessin. Elle n’a pas la moindre idée de la mouvance artistique dans laquelle sa cousine se situe, elle ignore à quels taux elle est vendue, elle ne sait rien et ne s’y intéresse pas. Naturellement, elle est consciente que Claudette Fitzbaum, malgré des débuts hasardeux, gagne maintenant confortablement sa vie avec ses créations. Mercy sait qu’elle lui accordera des prêts à taux d’intérêts réduits – lesquels ne seront jamais remboursés. Le reste – elle l’ignore.

Foster-Miller souffle le chaud et le froid, il bondit comme il sait adopter une voix câline – Mercy ne parvient pas à comprendre comment il peut minauder au téléphone avec Claudette une demi-minute après l’avoir abreuvée de récriminations. Il parle tant et tant qu’elle ne réussit pas à trouver l’occasion de se défendre, et suppose qu’il s’agit là d’une stratégie volontaire : après une telle dérouillée, il est difficile de clamer son innocence. Lorsque le galeriste propose à Mercy de rentrer chez elle chercher les deux œuvres, elle revoit subitement la table de la salle à manger, dans le petit appartement qu’elle partage avec sa sœur. Elle y a laissé le carton pendant une nuit. Les seuls qui auraient pu y toucher, elle exceptée, sont sa sœur et le fiancé de cette dernière. Peut-elle les considérer comme coupables d’un vol ?

Cette idée glace brusquement Mercy, plus encore que les menaces de Foster-Miller, lequel assure ne pas avoir de scrupules à la jeter à la rue, à la merci du tireur en liberté. Mercy le croit volontiers, et à nouveau elle entend la voix de son ex-mari dire c’est à cause de ces salauds de Foster-Miller qu’il y a tant d’armes en circulation aux Etats-Unis. Bon Dieu, si elle avait su qu’elle se trouverait un jour face à l’un d’eux, lequel lui proférerait des menaces de mort …

« Je ne les ai pas » finit-elle par dire, et elle est la première surprise du calme de sa voix. La situation paraît si peu probable que la peur tarde à lui ronger les entrailles. « Je n’ai jamais ouvert ce carton. Claudette ne me l’a confié que pour l’unique raison que nous avons des dettes l’une envers l’autre » et elle devine immédiatement que cette phrase est une erreur. « Le plus probable est qu’elle ait oublié l’une de ses créations. » L’autre possibilité est l’objet d’un long dilemme, doit-elle seulement la mentionner ? Ne serait-ce pas livrer sa sœur cadette et le fiancé de celle-ci à de conséquents ennuis ? « Ou bien l’un de mes colocataires a ouvert le carton » et en prononçant cette phrase Mercy sent un insurmontable dégoût d’elle-même l’envahir, comme un liquide épais et amer.
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Ian Foster-Miller
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Jeu 6 Juin - 10:26
Ian est ulcéré. Il passe une main dans sa chevelure, et replace une mèche qui l’agace en venant lui chatouiller la joue depuis quelques minutes. Il la coince fermement derrière son oreille. Nina est immobile. Elle ne parle pas mais il sait très bien que son esprit tourne à toute vitesse pour trouver une solution. Il secoue la tête, comme si cela pouvait chasser cette situation mais non, il a bel et bien deux œuvres dans la nature. Il sort une cigarette électronique de la poche de son costume, regarde Nina qui fait un micro signe affirmatif, signifiant que l’alarme à incendie est débranchée. Il faut qu’il fume. La première bouffée est salvatrice. Enfin, quelque chose qui ne le rend pas dingue en générant une succession de problèmes. Une odeur mentholée se répand autour de lui et l’apaise momentanément. Plus personne ne parle et même les respirations semblent suspendues. « Y aurait-il un virus qui ne frappe que les artistes ? » Une volute de fumée s’échappe de ses lèvres pour s’élever lentement dans les airs, comme un petit nuage éphémère au-dessus de sa tête.  « Parce que je sors juste du bureau d’un avocat pour Artus, les déchets qu’il colle sur des toiles ont attiré des charognards qui veulent leur part du butin, cette affaire est à peine réglée, que je me retrouve avec une famille de voleurs avec dettes et compagnie, j’ai l’impression d’évoluer dans un escape game, toujours à chercher la porte de sortie, et cela ne me plaît pas du tout. Quoi qu’il en soit, si vous voulez sortir d’ici, il faudra trouver une solution. » il sort son téléphone portable «  J’appelle votre cousine pour lui raconter ce qu’il se passe et lui demander de vérifier chez elle si elle n’aurait pas oublié ses dessins dans son atelier. Avec le bébé, elle est sûrement fatiguée et aura fait un oubli...ce que j’espère pour vous et vos colocataires...vous savez combien vous pouvez prendre pour vol en réunion ? Des années ... » Ian a fini par se calmer, il sait très bien que la colère ne mène à rien même si cela soulage. « J’appelle votre cousine, on verra ensuite » la sonnerie semble sonner dans le vide lorsqu’une voix essoufflée répond enfin. « Fitzy chérie, c’est encore moi. Je t’ai fait courir ? Désolé. Il y a un léger souci avec tes œuvres. Il semblerait qu’il en manque deux... pourrais-tu vérifier si elles ne sont pas restées dans ton atelier par mégarde ? Ta cousine...oui, elle est là...tu veux me rappeler ...non...ok, j’attends ...» il met le haut-parleur et l’on entend, à l’autre bout de la ligne, des marmonnements, des affaires que l’on déplace, des réflexions et un bébé qui grogne. « Nina, il ne resterait pas des brioches, j’ai faim. Et du café aussi. S’il te plaît » Toutes ces émotions lui donnent faim, et plus encore si l’on considère qu’il n’a pas mangé depuis la veille au soir. Un oubli. Cela lui arrive mais il compense par la cigarette et le café. « Ian, Ian...tu es toujours là ?  » la voix affolée de Fitzy résonne dans la salle « Oui » « je n’ai rien, j’ai tout mis dans le carton, comme chaque fois. Je ne comprends pas ce qu’il se passe... » « ne t’inquiète pas, on va régler ça avec ta cousine. Une gentille fille cette Mercedes. Très serviable et honnête, ça se lit sur son visage »Ian fixe Mercy tandis qu’il débite tout ça à Fitzy. « Je ne t’ennuie pas plus et oui, je te tiens au courant. Veux-tu parler à ta cous... »Ian regarde son téléphone, il n’y a plus personne. « Je crois que votre cousine n’est pas très contente d’avoir deux œuvres qui se baladent dans la nature...elle va néanmoins chercher encore une fois chez elle... »
Nina arrive avec un plateau où une cafetière en porcelaine dégage un délicieux fumet de café frais tandis que des brioches rondes et dorées s’empilent sur un serviteur. Elles viennent d’une petite boutique artisanale à quelques pâtés de maisons de la galerie. Lorsqu’il a le temps, Ian aime bien aller voir le vieux Gino dans son arrière boutique et discuter avec lui tandis qu’il se gave de brioches toutes chaudes. Des tasses anciennes complètent le service. L’argenterie aux monogrammes tarabiscotés n’est pas un bien familial mais a été achetée lors d’une vente aux enchères en France. La finesse de la porcelaine met en valeur le goût du café, d’après sa mère. Il n’est pas fan des couverts en argent. Il trouve que cela laisse un goût dans la bouche. Ce n’est que son ressenti mais comme les clients adorent le chic français et sa mère aussi, il la contente au moins sur ce point là. Nina propose aussi du thé à Mercy tandis que Ian, se verse du café noir et sans sucre. Il s’empare d’une brioche qu’il engloutit avant d’en reprendre une autre. Ian avale une gorgée de café pour éviter de s'étouffer tandis que Nina joue à la parfaite hôtesse en s’occupant de Mercy. Une fois son estomac rassasié, il peut reprendre le cours de ses pensées. « Et si vous me parliez un peu de vos colocataires mademoiselle Fitzbaum ?  »
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Mercy L. Fitzbaum
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Mar 25 Juin - 21:04

Plusieurs années auparavant, alors qu’elle était enceinte de cinq ou six mois, Mercy avait accompagné celui qui venait d’être son époux à une fête entre étudiants. Au cours de la soirée, par les hasards des conversations et des rencontres, elle avait dialogué avec un jeune homme aux cheveux noirs et laineux, qui portait une chemise blanche et un jeans soignés avec des savates. Les savates étaient un détail qui avait frappé Mercy, elle ne savait pas pourquoi, le garçon était propre, même élégant, mais il portait des savates vertes éculées et il lui avait parlé d’un livre récemment lu, pendant qu’ils se partageait un léger joint (elle avait surveillé du coin de l’œil que son mari ne l’observait pas, il risquait de lui reprocher de détruire la santé du bébé). Ce livre était un essai intitulé La violence des riches. Tu comprends, lui avait dit le jeune homme dont elle ne se souvenait plus du prénom, tout se joue dans cette violence. Ces gens sont riches, et tout leur est dû – voilà leur cruauté. Ils vivent loin du monde réel, et ce qui pour nous représente du travail, des efforts physiques et intellectuels, une obéissance sans borne est pour eux évidence. La violence des riches est de dire un million de plus ou de moins, quelle différence ? La violence des riches est de convoquer leurs avocats grassement payés, de n’avoir ni limite ni valeur morale. Comprends bien que tout leur empire n’est, après tout, bâti que sur du vent : l’économie, l’argent n’a pas de fondement matériel, tu ne trouveras ça nulle part dans la Nature, il ne s’agit que d’une abstraction humaine.

Les mots abstraction humaine avaient marqué Mercy, dans le délicat voile de la drogue. Elle ne peut qu’y repenser en regardant Foster-Miller, ses sbires, sa cigarette électronique dont l’odeur est pire que la nicotine, en l’entendant s’adresser à Claudette Fitzbaum. Son imagination l’emmène dans d’inquiétantes visions d’avenir, elle se voit dans un tribunal, une vaste pièce boisée et froide, et elle sommée de s’expliquer, incapable de payer les honoraires d’un avocat. Elle voit un juge, vieux et vêtu d’hermine, la condamner à une peine impossible à purger, des années de prison ou une amende astronomique, elle sait qu’elle serait toujours la perdante, elle n’est pas du côté de l’obole remplie. Si chose pareille devait survenir, songe soudain Mercy avec une froide détermination, je fuirais. Je changerais de nom, je quitterais New York, je retournerais dans les Appalaches et je vivrais loin du monde dans la montagne ; qu’est-ce qui me retiendrait, après tout ? L’image d’Ella, sa fille, tarde à lui revenir.

Lointaine dans ses pensées, Mercy sursaute quand Nina lui tend une tasse de thé, elle n’a pas suivi les derniers événements, comme si elle avait quitté la pièce. Pourtant, elle est toujours face à Foster-Miller, aussi captive qu’une guêpe qu’un enfant aurait coincée sous un verre retourné : elle ne peut pas fuir, ses aveux sont attendus. Elle aimerait, soudain, être fortunée, se lever et sourire aimablement, prendre son portefeuille et sortir une liasse de billets en disant à Ian ne pourrions-nous pas nous entendre ? Voici 3 millions de $, et cet incident n’a jamais eu lieu. Elle doit avoir l’équivalent de 20$ en poche.

« Il s’agit de ma sœur cadette et de son fiancé » dit-elle pour toute explication à Foster-Miller. Et puis elle ne trouve rien d’autre à en dire, l’esprit brusquement vide. Une vive envie de pleurer la saisit à la gorge, avant d’être remplacée par une fureur noire, elle n’agit donc que dans le sens du galeriste ? Celui-ci a tout intérêt à ce qu’elle fonde en larmes et implore sa mansuétude, promette de s’amender. Surmontant ces émotions brutales, Mercy se lève et saisit dans son sac en bandoulière le vieux portable à touches grises qui lui sert de téléphone. « J’appelle ma sœur, d’accord ? » annonce-t-elle à Ian, avant de pianoter le plus fermement possible sur le clavier. « Histoire d’en avoir le cœur net, une fois pour toutes. » Elle n’a jamais été très à l’aise au téléphone ; enfant, la sonnerie dans le combiné la terrorisait, une onde se perdant dans l’infini. A présent, les sonneries se succèdent avec une lenteur de plomb, Mercy a les bras croisés et se tient toujours debout, très droite, elle regarde la fenêtre ruisseler de pluie.

Sa sœur décroche à la sixième sonnerie. « Astrid, c’est Mercy » l’informe son aînée. « Excuse-moi de te déranger maintenant, mais il y a un problème assez urgent. Je suis allée porter le carton de Claudette à la galerie Foster-Miller mais il manque deux dessins. Tu sais quelque chose à ce sujet ? »
Il y a un silence derrière la ligne qui ne présage rien de bon. « Je suis dans la galerie, là, c’est un peu tendu » poursuit l’aînée des sœurs pour obtenir une réponse. Avant qu’elle puisse ajouter une autre phrase, elle entend la voix de la cadette dire : « C’étaient juste deux croûtes, Mercy. Je les avais vues chez Claudette, elle disait elle-même qu’elle n’en était pas fière, qu’elle allait les détruire, enfin que ça ne lui faisait rien. Tu ne te rappelles pas ? J’étais même étonnée qu’elle les ait mises dans ce carton ».

Pourquoi, se maudit Mercy, n’ai-je pas ouvert ce bon Dieu de carton à dessin ? Elle a l’impression, a posteriori, que ce geste l’aurait sauvée. « Tu veux dire que tu les as pris ? » demande-t-elle d’une voix qui s’étrangle un peu. « Non » s’exclame sa sœur à l’autre bout du fil, « je ne me suis pas servie comme ça, tu me prends pour qui ? Simplement, comme Claudette n’aimait pas ces deux dessins, je lui avais demandé si elle pouvait me les offrir, puisqu’à ce moment-là elle ne comptait pas les vendre. Elle avait accepté, alors je les ai prises. C’est tout. »
Mercy se pince l’arête du nez, fermant les yeux une poignée de secondes. Elle ne comprend décidément pas grand’chose à cette histoire, si ce n’est qu’elle s’en passerait volontiers. « Je transmets » dit-elle, « merci, Astrid. » Elle raccroche avant que sa sœur n’ait le temps de dire quoi ce soit.

« Ma sœur les a » annonce-t-elle, sans regarder personne en particulier, peut-être en essayant de se convaincre elle-même de l’absurdité de la chose. « Elle affirme que Clau… Fitzy les lui avait offertes parce qu’il s’agissait de ratés. » Elle entend la pluie qui tombe toujours doucement, et au loin, les sirènes de police. Peut-être le tueur fou a-t-il été neutralisé.
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Ian Foster-Miller
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Ven 5 Juil - 11:16
Trois personnes. Trois versions des faits. Forcément, quelqu’un ment dans tout ça.  Ses doigts pianotent avec impatience sur la table. Cette histoire l’agace. Cette famille de folles commence à l’agacer tout autant. Il regarde le plat où sont déposées les brioches. Il tend la main pour en piocher une autre lorsque finalement, il le pousse vers Mercy « Je vous conseille de prendre des forces, ça risque d’être encore long » Ian parle de cette affaire mis il pourrait aussi évoquer le taré qui sévit à l’extérieur, même si la deuxième option le touche beaucoup moins. Il opte pour une autre tasse de café noir, à croire qu’une dose de caféine supplémentaire ne pourra pas l’énerver plus qu’il ne l’est déjà. «  J’espère, mademoiselle Fitzbaum que vous vous rendez compte que cette histoire ne tourne pas rond ? Que votre cousine n’a pas pu donner des œuvres majeures à votre sœur alors que celles-ci constituent un lot qui va être vendu et dont elle a déjà touché une avance... » Sa voix est calme ce qui ne laisse pas forcément présager une cessation des hostilités. Quoi qu’il en soit, il lui faut ses deux tableaux, croûtes ou pas. Il passe une main lasse dans sa nuque « Je crois qu’il va falloir déranger notre jeune mère de famille... » Cette fois, dès la première sonnerie Fitzy répond. Ian se demande si la sœur, dont il a oublié le nom,  a prévenu sa cousine... Il va bientôt le savoir. Son téléphone sur haut-parleur permet aux personnes présentes de suivre l’échange. « Fiz, c’est encore moi et il y a vraiment un souci avec ce carton et ce qu’il contient. J’ai mis le haut-parleur. » Sa voix ne comporte plus aucune trace de sollicitude ou gentillesse. Elle est froide et autoritaire. « Ta cousine, pas celle qui se trouve avec moi, l’autre, sa sœur, dit que tu lui as offert ses deux dessins car, c’était des croûtes dont tu n’étais pas satisfaite » L’intonation est de plus en plus tranchante. Un silence accueille sa tirade à l’autre bout du fil. Même le bébé ne pleure plus. « Tu veux dire qu’elle a pris deux dessins dans le carton ? » « Oui, en arguant qu’ils étaient pour elle » « Mais elle est complètement folle !! Je ne lui ai jamais dit ça. Lorsqu’elle est venue, effectivement, je n’étais pas satisfaite de ce que j’avais fait, ça ne correspondait pas à ce que je voulais sortir, alors, je les ai refait comme cela m’arrive parfois. Dans mon atelier, il y a une quantité phénoménale d’œuvres inachevées car je n’arrive pas toujours à donner vie à ce que j’ai dans la tête. Depuis que tu me connais, tu sais très bien que je suis une perfectionniste et que je ne donnerai jamais une œuvre qui ne soit pas telle que je l’imaginais. Les deux croûtes dont parle Astrid sont chez moi, rayées d’une grande croix rouge. Elles ne sont surtout pas destinées à être données. Elles sont vouées à la destruction. Les acheteurs veulent des tableaux uniques, pas des séries et encore moins savoir qu’une deuxième création quasiment identique est quelque part dans la nature. Et ma réputation, qu’est-ce que tu en fais ? .» Un silence pesant suit ce flot de paroles. Ian regarde Mercy avant que la voix de Fiz reprenne.  « Bon sang, Mercy, qu’est-ce que ta sœur a encore trafiqué ? ? Je passe pour quoi, moi, maintenant ? ? ? Je te demande simplement de déposer mon carton avec les œuvres à la galerie de Ian et toi, tu n’es même pas capable de faire ça et  en plus, je me retrouve dans une situation délicate vis-à-vis de mon employeur !!! » Le ton est monté et Fiz est limite en train de virer à l’hystérie. « Attend, je vais t’envoyer les photos » On n’entend plus que le bruit d’une cavalcade, et de Fitzy qui grommelle tout en tas d’obscénités avant que n’apparaissent sur l’écran trois photographies des tableaux noyés dans la masse d’autres tableaux avec le visage pas vraiment radieux de l’artiste. « Tu vois, ils sont là ceux destinés à la destruction et dans le carton, il n’y avait que ceux destinés aux acheteurs. Bon sang Mercy, dans quel pétrin est-ce que tu m’as fourré ?? » « Je vais envoyer Tic et Tac récupérer les œuvres, occupes-toi de prévenir ta cousine qu’elle a subtilisée, par mégarde, mais subtilisé tout de même, ton travail et que si elle veut les garder, il faudra qu’elle paie et que toi, tu rembourses l’avance que ma galerie a bien voulu te consentir et peut-être des dommages et intérêts à l’acheteur floué, que sais-je encore… Les gens riches ont des avocats avec une imagination sans limite lorsqu’il s’agit d’engranger de l’argent ... Si on arrive à mettre la main sur ces deux dessins dans les heures qui viennent, je suis convaincu que tout va s’arranger pour le mieux et que la prochaine fois, on en rira » Même si pour le moment, la situation ne le fait absolument pas rire, même pas une ébauche de sourire. « À l’avenir, je veux que tu m’appelles afin que ma société s’occupe du transport de tes œuvres. La famille, c’est bien, mais comme tu as pu le constater, ça a malgré tout ses limites et ta cousine, la messagère, elle est bien gentille mais, elle n’a pas l’air très futée quant à sa sœur, je préfère ne rien dire sur cette voleuse. » Tout en parlant, Ian regarde Mercy, sans détourner le regard. « Je pense que cette fois, je ne devrais plus te déranger mais tiens-toi prête à venir ici, on ne sait jamais. Ça pourrait être le baptême de l’air du petit » Il lâche un petit rire pour mieux faire passer sa demande qui ne pourra pas être contestée, le cas échéant. « Tic et Tac te tiendront au courant de la suite des événements. Je préfère régler cela à l’amiable mais si ta cousine ne se montre pas coopérative, je passerai par le circuit conventionnel avec tout ce que cela implique  » La menace est claire. « Au revoir chérie, prends bien soin du bébé » Ian raccroche avant de se saisir d’une brioche, Mercy toujours dans sa ligne de mire. « Vous savez quoi, mademoiselle Fitzbaum, votre famille m’emmerde » et il croque dans la viennoiserie, éparpillant des flocons de sucre sur la table.
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