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The pain that you've been feeling, can't compare to the joy that's coming - Lisbeth

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Daniel Aberline
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J'ai posté : 1941 messages et j'ai : 647 dollars d'activité. Sinon, il paraît que : Taron Egerton et pour finir je crédite : Chrysalis.

Mar 21 Mai - 20:58

       
Lisbeth O. Edern & Daniel Aberline
       

       
The pain that you've been feeling,

can't compare to the joy that's coming

       
Mardi 21 mai 2019. La journée a été plutôt pluvieuse. D'énormes nuages menaçant ont arpenté le ciel sans s'accorder la moindre pause, jusqu'à ce que le tonnerre se mette à gronder en fin d'après-midi. Anxieux à l'idée de voir débarquer la luciole d'ici quelques jours, je me cramponne à mon volant comme si mes jambes battaient dans le vide, comme si j'étais suspendu au sommet d'un gouffre dont on ne voit même pas le fond. Je gare la voiture devant la maison de Siobhan, m'avance vers la porte et, en voulant extirper mes clefs de la poche de mon manteau, je les fais tomber sur le sol. Je les ramasse en soupirant et me mets à fixer mon porte-clefs, comme si c'était la première fois que je le voyais. Une petite luciole bleutée, dont l'abdomen devient vert fluorescent une fois que l'ambiance s'assombrit. Mon pouce caresse doucement le petit objet en plastique, que j'avais acheté avec Lili il y a quelques semaines déjà. Elle me manque... Je referme mon poing sur le porte-clefs, plisse les yeux pour éviter de laisser une larme nostalgique s'échapper et enfonce la clef dans la serrure. Un léger cliquetis me signale que la porte est ouverte et je la pousse doucement. D'une voix enrouée et un peu éteinte, j'appelle Sio, puis Ailill, mais personne ne répond. C'est étrange qu'il n'y ait personne à la maison à cette heure mais je suis tellement distrait en ce moment qu'il ne serait pas complètement improbable que j'ai oublié une information que Sio m'aurait donné ce matin avant de partir.

Je cours m'enfermer dans la pièce qui me sert de chambre depuis quelques semaines. Elle n'est que modestement équipée : un lit une personne, un peu étroit alors que j'ai toujours eu l'habitude de mon immense lit, un meuble minuscule qui fait office de table de nuit et une armoire pour y entasser ma panoplie de costumes. Évidemment, ils ne rentrent pas tous dedans, alors j'ai dû en suspendre ici et là à des cintres. Je m'extirpe de mon complet pour pouvoir enfiler une tenue plus confortable et m'installe dans le lit. J'allume la lampe de chevet, me saisis du bouquin abandonné sur la table et je reprends ma lecture là où je l'avais laissée, à la page 143. Mon téléphone se trouve juste à côté de moi, sur l'oreiller, et il n'a pas vibré une seule fois de la journée. Je ne sais pas si je dois m'en sentir rassuré ou, au contraire, inquiet.

Mon doigt s'apprête à tourner la page 147 quand mon téléphone portable se met à vibrer furieusement. Je plie le coin de la feuille, dépose le livre et décroche. C'est une voix familière qui me répond. Une voix qui semble également un peu sous tension. J'écoute attentivement ce qu'elle a à me dire et, quand elle prononce le prénom de Lisbeth, je suis soudainement parcouru d'un hoquet nerveux. L'information a à peine le temps d'arriver jusqu'à mon cerveau que je saute déjà hors de mon lit, enfilant à la hâte mes chaussures. Dans une succession de gestes désordonnés, je me précipite hors de ma chambre et cours jusqu'à la porte d'entrée. Je m'engouffre dans l'habitacle de ma voiture et la fais démarrer au quart de tour. Le coeur battant à vive allure, je tente de me calmer, histoire de ne pas avoir un accident sur la route. C'est vraiment pas le moment. J'arrive à l'hôpital en un temps record, traverse le rideau de pluie qui se dresse devant moi pour débouler, trempé, dans le hall d'entrée et demander, dégoulinant, à l'homme installé derrière le guichet où se trouve Lisbeth Edern. Il prend un temps fou pour noter le nom de la jeune femme dans la base de données, mais au bout de longues et interminables secondes, il finit par me donner le numéro de sa chambre. Je me précipite vers les ascenseurs en laissant une marre d'eau derrière moi et écrase férocement le bouton jusqu'à ce que les portes se referment enfin. Arrivé au bon étage, je suis les numéros des chambres, jusqu'à ce que je me retrouve face à celui que l'on m'a indiqué au guichet. Je frappe doucement sur la porte, que j'ouvre aussitôt. Je découvre Lisbeth et j'appréhende encore sa réaction au moment où son regard croisera le mien. Mes joues et mes cernes ont fini par se creuser au fil des insomnies, résultat du savant mélange entre le chagrin et le manque de cocaïne. 《J'ai fait aussi vite que j'ai pu... 》 lui annoncé-je d'une voix ténue. 《Comment tu te sens ?》 Comme un ballon de baudruche sur le point d'exploser, je suppose, mais la question relève plus de l'inquiétude que d'un raisonnement censé.
       
(c) crackle bones

       


quand je t'ai vue, j'ai eu peur de te rencontrer. quand je t'ai rencontrée, j'ai eu peur de t'embrasser. quand je t'ai embrassée, j'ai eu peur de t'aimer. et maintenant que je t'aime, j'ai peur de te perdre. ©️️ by anaëlle.
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Lisbeth O. Edern
général
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Jeu 23 Mai - 14:49
The pain that you've been feeling,
can't compare to the joy that's coming

— with Daniel Aberline

Ça ne devait définitivement pas se passer comme ça, et pourtant, c’est bien en train d’arriver. Aujourd’hui est une nouvelle fois la preuve que rien ne se passe comme on le prévoit. Il y a toujours un petit élément qui vient faire changer le cours de l’histoire, pour lui donner un tout autre sens. Un peu comme dans les jeux pour enfants, où on peut construire des circuits de train. Celui-ci doit initialement faire un rond, encore et encore, mais il arrive que l’on place une pièce qui lui donne une seconde option. Une petite pièce qui permet d’aller vers un deuxième chemin, qui n’était pas prévu à la base. La vie est un peu comme ça aussi. Parfois, une nouvelle issue se présente à nous, et le cours des choses est changé à jamais, sans avoir la possibilité de faire marche arrière. Il y a un an, tout était différent. Rédactrice dans l’un des magazines de mode assez prestigieux, sans trop d’histoire (à part quelques soucis avec son supérieur), en couple le plus simplement avec un homme que tu appréciais, sans savoir si tu l’aimerais un jour, vivant dans ton propre appartement. Douze mois sont passés, et c’est comme si tu avais vécu plusieurs vies. Tu as changé d’équipe à ton travail, et es désormais sous les ordres de ton ex petit ami. Tu n’es plus si en couple que ça, mais tu as eu le temps de te fiancer et rompre ces fiançailles. D’un bel appartement à ton goût, tu as été vivre dans celui de ton petit ami, pour être désormais dans une luxueuse maison sur Staten Island, avec une vue sur la plage, à plusieurs mètres des fenêtres. Et pour couronner le tout, tu t’apprêtes à accueillir dans ta vie un petit être sans défense, qui va tout bousculer, tel un bulldozer dans une tour d’immeuble. Est-ce une vie de merde ? Parfois, tu te le demandes. Heureusement qu’il y a des plus pour rééquilibrer la balance.

Depuis plusieurs heures déjà, tu te trouves au Lenox Hill Hospital. À la base, ça devait être une simple visite, une histoire de quinze minutes, au grand maximum, mais tu es tombée sur quelqu’un, que tu n’aurais jamais voulu recroiser un jour. Les choses ont dérapé, se sont envenimées, et le ton est monté. Un peu trop d’ailleurs, car contre toute attente, tu as perdu les eaux. Plusieurs jours avant le terme de ta grossesse. Certes, ce n’est pas alarmant, mais tu n’étais pas préparée psychologiquement à ce que ça arrive maintenant. Clairement, tu as suivi les instructions des médecins, sans poser de questions. Ton cerveau était comme éteint, aux abonnés absents. Tu n’as même pas eu l’idée de prévenir ton ex compagnon, qui est tout de même le père de ce futur bébé à venir. Si c’est pas la preuve qui cet accouchement te prend par surprise. À présent que tu es dans l’une des salles de travail, cela va un peu mieux. Peu à peu, tu recouvres tes esprits, tu reprends possession du monde qui t’entoure et de ce qui est en train d’arriver. Le stress monte, doucement, s’infiltrant dans tous tes muscles. Tu n’es pas sereine, loin de là, surtout car ce n’est pas comme ça que tu imaginais les choses. Si un jour tu devais avoir un enfant, tu pensais être dans une bonne situation, dans une relation harmonieuse. À la place, c’est le chaos le plus total. Au lieu d’accueillir cette petite fille au sein d’une famille, elle va commencer sa vie avec deux parents distincts, et ça, ça te brise littéralement le coeur. Tu ne veux pas y penser, tu ne veux pas t’effondrer à cause de ça. Debout, les mains prenant appui sur le bord du lit, tu te focalises sur la faible musique qui passe dans tes oreilles. Toujours avoir une paire d’écouteurs dans son sac, au cas où il faudrait passer le temps. C’est ce que tu fais, en écoutant un peu de musique. C’est l’un des rares conseils que tu te souviens Lisbeth, c’est déjà ça. Tu tentes au mieux de maîtriser ta respiration, même si l’appréhension de la prochaine contraction n’aide pas à la régulariser. Le volume dans tes oreilles est au plus bas, pour faire en sorte d’entendre si quelqu’un entre dans la pièce. C’est ce qui arrive au commencement d’une nouvelle chanson. En tournant la tête doucement vers la porte, tu penses voir un énième médecin entrer, mais ce n’est pas le cas. Tu as la surprise de voir Daniel. La première réaction est de ne pas comprendre ce qu’il fait ici, car tu n’as pas souvenir de l’avoir prévenu, encore, mais cette impression s’envole assez rapidement. C’est aussi une bonne chose qu’il soit ici. Tu as eu l’occasion de lui dire, qu’importe la situation entre vous, il reste le père de ce bébé. « Tu avais encore un peu de marge, elle va pas arriver dans l’immédiat… » Un commentaire qui n’a pas pour but de lui reprocher son arrivée, au contraire, c’est plus pour le rassurer. Il n’est nullement en retard. Le show n’a pas encore débuté, si on peut dire les choses de cette façon. Il te demande alors comment tu te sens, et pour la première fois, tu ne sais pas quoi lui répondre. Tu te laisses aller à un haussement d’épaules, suivi d’un léger soupir. « Comme si on avait mis pleins d’émotions dans une bouteille, et qu’on avait bien secoué. En clair, un psychiatre prendrait son pied avec une patiente comme moi. » Pour le moment, tu sais encore faire un peu d’humour, mais ce n’est pas certain que cette capacité perdure dans le temps, au fil de l’accouchement. « Tu as vraiment sale mine… je vais croire que c’est fait exprès, pour que je ne puisse pas me plaindre d’être horrible d’ici une heure ou deux. » Dis-tu doucement, en détournant le regard pour le poser devant toi. Tu as eu l’occasion de passer des heures ici et là avec Daniel, depuis votre séparation. Vous avez survécu, mais là, c’est différent. Ce n’est pas un repas rapide à la pause déjeuner, ou une visite pour t’aider à finir les préparatifs pour la venue au monde de votre fille. C’est le jour J, c’est le concret qui se réalise. Et aussi une occasion d’être au même endroit, pour vous confronter à la situation dans laquelle vous êtes.





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Daniel Aberline
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Lun 10 Juin - 23:19

       
Lisbeth O. Edern & Daniel Aberline
       

       
The pain that you've been feeling,

can't compare to the joy that's coming

       
Était-il possible de faire une entrée plus catastrophique que la mienne dans un hôpital ? Entre la pluie qui a eu le temps d'imprégner chacun de mes vêtements pour les transformer en loques humides, et ma mine inquiète et ternie, je pourrais faire peur à n'importe qui. J'en ai conscience mais ça ne me décourage pas pour autant à traverser tout le hall, jusqu'aux ascenseurs, afin de rejoindre l'étage où est censée se trouver Lisbeth. Le chemin qui sépare les cabines d'ascenseurs des chambres me semble interminablement long. Mes yeux glissent le long des murs, décomptant les numéros un à un, jusqu'à ce que je m'arrête enfin devant celui indiqué par le type de l'accueil. Sans trop d'hésitation, je frappe doucement contre la porte à l'aide des jointures de mes phallanges. Sans attendre la moindre invitation pour entrer, je pénètre dans la chambre, me demandant dans quel état je vais trouver Lisbeth. Encore tout à fait à l'aise ? Pliée en deux sous le poids de la douleur ? Les informations que j'ai pu recevoir au téléphone étaient bien trop vagues pour que je sois en mesure de me faire une idée. Au vu du regard qu'elle pose sur moi, je comprends qu'elle ne s'attendait pas à me voir arriver ici. Pas maintenant, en tout cas. Je ne sais pas si ça l'arrange ou si, au contraire, elle aurait préféré que j'arrive bien plus tard. Dans le cadre de la dernière option, je suppose qu'elle évitera de me le dire, afin de ne pas me blesser. 《Pour ce genre d'événements, il vaut mieux trop tôt que trop tard, pas vrai ?》 Lisbeth n'imagine peut-être pas à quel point je m'en serais voulu si j'avais manqué la naissance de notre bébé. De plus, n'ayant pas reçu d'informations particulièrement précises au téléphone, j'ai préféré me mettre en route tout de suite plutôt que dormir sur mes lauriers.

Je demande alors à Lisbeth comment elle se sent, même si j'imagine très bien qu'elle n'aurait jamais imaginé accoucher dans ces circonstances. La fin d'une grossesse, c'est sans doute le moment durant lequel on est le mieux entouré, où l'on déborde d'excitation à l'idée de bientôt accueillir son bébé. Mais pour l'instant, rien ne résonne de manière positive dans nos existences respectives. Puis, celle que je dois déjà considérer comme mon ex fiancée fait un commentaire sur ma sale mine. Je ne peux contenir un rire nerveux face à sa remarque. C'est vrai qu'en y pensant, j'aurais pu prendre la peine de mettre un peu d'anticernes, du fond de teint et du blush avant de venir jusqu'ici. 《Merci.》 commençé-je en roulant des yeux, feintant un air flatté. 《Mais oui, c'est exactement ça. Tout a été parfaitement calculé afin que tu puisses aborder les heures à venir plus sereinement.》 Je m'approche lentement du radiateur, à peine tiède, pour venir presser l'arrière de mes cuisses contre celui-ci, espérant faire sécher mes vêtements humides plus vite de cette manière. 《Sinon, qu'est-ce que j'ai manqué jusque maintenant ? Tu as juste perdu les eaux ? Tu as déjà eu des contractions ?》 De ce que j'ai pu lire sur internet, il peut s'écouler un laps de temps assez long entre la perte des eaux et la toute première contraction. Bien sûr, chaque accouchement est différent, raison pour laquelle j'ai besoin de m'informer auprès de Lisbeth. Ces éléments, j'aurais pu les connaître si j'avais été là, auprès d'elle. Mais le destin - ou ma connerie, peut-être ? - en avait décidé autrement. 《Est-ce que je peux faire quoi que ce soit pour le moment ? Tu veux que j'aille te chercher quelque chose ?》 Maintenant que je suis face à Lisbeth, je me rends compte à quel point ma présence semble bien inutile. Je ne peux rien faire pour la soulager, ni faire en sorte que les heures s'écoulent plus rapidement. Je crois que je ne m'étais plus senti aussi désœuvré depuis aussi longtemps.
       
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Mer 12 Juin - 13:29
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— with Daniel Aberline

Il vaut mieux trop tôt que trop tard. Sur ce point, tu ne peux qu’acquiescer aux mots de Daniel, d’un signe de tête. Réellement, tu te moques du moment. Il y a bien trop de questionnements dans ton esprit pour t’arrêter à ce genre de détails. Il y a des choses bien plus importantes que l’heure qu’il est, comme le fait que tu es morte d’angoisse à l’idée de devoir bientôt mettre au monde votre enfant. Tu as eu plusieurs mois pour t’y préparer, ce n’était pas assez. En fait, que ce soit un mois ou trois ans, ça ne sera jamais assez long pour prévoir ce moment. Tu sais que tu dois y passer, c’est la suite logique des évènements, mais ce n’est pas pour autant que tu es sereine. Tu en informes ton ex fiancé, par une réponse un peu trop philosophique pour réellement la comprendre. Qu’importe la réponse que tu donnes, comment tu vas la formuler, c’est facile d’imaginer ton stress. Tu sembles calme en apparence, mais c’est loin d’être le cas. Tu fais seulement ton possible pour ne pas céder à la panique dès à présent, alors que les choses sérieuses n’ont pas encore commencé. Tu dévies alors vers l’image renvoyée par Daniel. De vous deux, tu dois avoir la meilleure. Même si tu n’es pas sur ton trente et un, tu ne donnes pas l’image d’une personne souffrant d’insomnie depuis plusieurs jours. Tes mots à peine prononcés, tu crains de les regretter. Ce n’est pas la meilleure façon de faire pour instaurer une bonne ambiance. Votre relation est déjà compliquée, comme si vous étiez sur un manège, à subir les hauts et les bas. Par chance, tu constates que le jeune homme accueille cette remarque avec le sourire. Il émet même un rire à ton commentaire, ce qui te dépend immédiatement. « C’est vraiment trop aimable de ta part. Heureusement que personne ne se souvient du jour de sa naissance, les parents font souvent peur à voir. De quoi être traumatisé à vie… » Il faut dire que ce n’est pas facile pour eux. Parfois de nombreuses heures à attendre que le bébé vienne, sans pouvoir dormir. Ce serait un peu gros d’en plus leur demander la perfection pour le moment venu. Maintenant que tu n’es plus seule, tu juges inutile de garder les écouteurs dans tes oreilles. Tu les retires, et commences à les enrouler, alors que Daniel te demande de le mettre au parfum. Un pincement au coeur se fait ressentir, à la pensée qu’il pourrait déjà tout savoir, si vous étiez encore ensemble. « J’ai perdu les eaux, et j’ai eu les premières contractions il y a peu. Maintenant, il faut attendre… » dis-tu, en lui adressant un sourire, avant de t’éloigner du lit pour ranger ton attirail. C’est sûrement le moment le plus pénible de la grossesse. Cette dernière attente, que l’on peut comparer à la dernière ligne droite d’une course. Tu vois la ligne d’arrivée, mais le chemin te semble insurmontable. Pour t’aider, il y a cette pensée, celle que tu pourras tenir ta fille dans tes bras, d’ici quelques heures. « C’est gentil, mais je n’ai ni le droit de manger, ni de boire. Je ne vois pas ce que tu pourrais aller me chercher. Si vraiment tu veux participer, je peux te broyer la main à la prochaine contraction. Mais seulement si tu insistes ! » Elles n’ont pas été nombreuses jusqu’à présent, mais dieu que c’est douloureux. Tu n’es pas une petite nature Lisbeth, mais tu penses ne jamais avoir ressenti une douleur aussi intense. D’ailleurs, le destin qui a un sens de l’humour douteux décide de t’en donner une. C’est à la chaise, à côté de laquelle tu étais, que tu te tiens. Une main sur l’un des accoudoirs, que tu sers le plus fortement, comme si tu avais envie de le briser en deux. C’est normalement le moment d’appliquer les conseils de respiration, pour faire passer la contraction mais tu as pu découvrir que c’est très difficile de supporter la douleur ET de faire fonctionner ton cerveau en même temps. Si tu en as pour plusieurs heures, peut-être que tu y parviendras, à un moment. Les secondes sont longues, trop longues pour être supportables, mais ton ventre finit par se décontracter, ce qui te permet de souffler. « Je suppose qu’il est trop tard pour changer d’avis, dire que finalement c’est un peu trop tôt pour avoir un bébé, qu’on verra dans quelques années et qu’à la place on adopte un poisson rouge ? » C’est la douleur qui te fait dire de telles âneries. Tu le veux ce bébé, tu veux rencontrer cette petite fille imaginée depuis presque neuf mois. C’est juste que si tu pouvais accélérer les choses, passer directement de la perte des eaux à sa naissance, sans passer par la case souffrance, tu le ferais.





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