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[fb] the return to origins feat Mercy (Mai 2016)

GOOD MORNING AMERICA :: Flashback & Flashforward
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Emily Richards
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Emily Richards
Ven 27 Mar - 16:39

The return to origins
Le soleil était à son zénith. Il venait refléter ses rayons contre mon écran d'ordinateur au bureau. Il était fort et il me réchauffait le dos. C'était agréable. Je venais de trouver mon travail et honnêtement, j'étais vraiment heureuse de faire parti des gens de ma promo qui n'avait pas connu le chômage. Je me battais pour cela. J'avais tout donné pendant ses études pour en sortir compétente. Assez en tout cas pour être embauchée le plus rapidement possible. Cela faisait deux semaines alors que je me trouvais chez eux et je m'y plaisais bien. Je n'avais pas encore la place souhaitait mais je savais être patiente. Mon ambition finira par être comprise et comblée. Je perdais un peu mon attention avec le reflet de la lumière, j'étais même un peu fatiguée. Maman avait eu besoin de soins d'urgent hier soir et évidemment, je ne pouvais pas la laisser seule dans son lit d'hôpital. Je n'avais dormi que quelques heures. Il était 16h. Tant pis. Je travaillerai plus demain. Je n'en pouvais plus. J'avais emmené ma tenue de sport. Après avoir traverser une partie de la ville en bus, j'arrivais non loin de chez moi, dans le parc de Brooklyn. Je commençais ma foulée et je reprenais mon souffle, tout en usant des escaliers menant un petit coin jeu pour les enfants pour travailler mes muscles d'une autre manière. Concentrée sur mes exercices, je fixais les gosses qui grouillaient devant moi comme des fourmis. Je ne pouvais m'empêcher de sourire, ils étaient vraiment adorable. Un coup de fil, sur mon portable pro. Fais chier. Je venais seulement de me rendre compte que j'étais juste à côté d'une femme. Elle devait sans doute avoir mon âge. Elle fixait les enfants, peut-être était-ce les siens. Je suivais son regard et au vu de la petite tête brune là-bas qui s'agitait comme un lardon pour que sa mère le regarde, j'étais persuadée que c'était le sien, ou presque. Tout ça dans mon axe périphérique, sans pouvoir reconnaitre le visage se trouvant à côté de moi. « Bonjour, Emily Richards, que puis-je faire pour vous ? » Un nouvel auteur. Mon premier. Enfin. J'étais si excitée. Je bondissais tout en essayant de reprendre correctement mon souffle. « Absolument ! Je vérifie mon emploi du temps et je vous envoie un mail de confirmation pour notre rendez-vous dans la même foulée ! Je vous remercie de votre confiance, à demain Monsieur Kiernell ! » Ah voilà ! Petit à petit, je trouverai ma place dans mon travail et j'allais assurer. J'en étais sûre. Je sortais ma bouteille pour boire quelques gorgés. Un choc contre ma jambe m'obligeait à baisser la tête, un petit bout venait de tomber. Je me penchais vers lui. « Oh, petit bout de chou, ça va ? Tu t'es fait mal ? Montre-moi ça ! » Adorable. Cet enfant était tellement mignon, je ne pouvais que fondre. Je souriais simplement, tellement je le trouvais à croquer. Heureusement pour lui, j'avais de quoi le calmer un peu alors que de grosses larmes coulaient le long de son visage. Je sortais une compresse pour essuyer la petite coupure et avec cela, une sucette, que je voulais me garder pour m'éviter le malaise après le sport. Mais peu importait, ce n'était pas si grave. Je forcerai moins à la reprise. « Elle est où ta maman, petit coeur ? » Il me designa du doigt la personne que j'avais aperçu avant, je la reconnaissais, tout en me dirigeant vers elle avec le petit qui me tenait la main. « Mercy ? C'est toi ? Ca fait une éternité... Oh euuuh, je suis Emily, Emily Richards, tu te souviens de moi ? »
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Mercy L. Fitzbaum
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Mercy L. Fitzbaum
Jeu 2 Avr - 19:13
Je me sens absente. Ces mots vinrent à l’esprit de Mercy ce matin de mai, alors qu’elle débarrassait la table de la salle à manger des miettes du petit déjeuner. Dans la cuisine attenante, deux verres et trois bols étaient mis à sécher sur le bord de l’évier. Sa fille Ella, qui allait sur ses trois ans, avait voulu saisir un des verres et l’avait précipité à terre. Mercy avait entendu le fracas caractéristique du verre brisé, un très court silence et puis les hurlements de son enfant. Ella était apparue quelques secondes plus tard, le visage rougi, les yeux pleins de larmes, tenant de la main droite son index gauche, légèrement entaillé. Mercy l’avait regardée, l’éponge en main, elle n’avait ressenti ni agacement ni compassion. Elle s’était sentie en dehors de la scène, comme une spectatrice dans un théâtre, observant le jeu des acteurs.

Passer le doigt d’Ella sous l’eau froide et le désinfecter avait été tout un cirque. La petite fille pleurait comme si elle s’était mortellement blessée, et redoubla de cris sous la piqûre du désinfectant. Mercy lui mit deux couches de sparadrap, ce qui était vraisemblablement inutile car la plaie était superficielle, mais avait un effet protecteur. Progressivement, l’enfant se calma puis retourna à ses jeux et à ses paroles comme à l’accoutumée. Elle était à l’âge où la moindre contrariété prend des allures de drame, où un refus est vécu comme une offense et le bris d’un jouet comme la fin du monde. Mercy ne se souvenait pas avoir côtoyé quelqu’un de plus fatigant que sa fille de deux ans et demi, bientôt trois. Elle-même était pourtant la deuxième d’une famille de cinq enfants, mais elle ne parvenait pas à se rappeler si sa sœur et ses deux frères cadets étaient aussi épuisants à l’âge de sa fille.

Depuis que l’enfant savait parler et former des phrases à peu près cohérentes, Mercy avait remarqué qu’Andrew, son mari, avait plus d’affinités avec elle. Les caprices d’Ella et ses pleurs avaient moins de force auprès de son père. Andrew ne faisait pourtant pas montre d’une autorité stricte, il lui arrivait souvent de paraître dépassé par son rôle de parent. Mais il semblait réagir plus vite, ou du moins s’accoutumer plus aisément. Il possédait une aisance avec sa fille que Mercy n’avait jamais eue. Lorsqu’elle était vraiment fatiguée, il lui arrivait d’en vouloir à Andrew, une jalousie basse et mauvaise lui faisait songer pourquoi lui ? Elle ne savait pas. Ella demeurait, en un sens étrange, une inconnue.

Le mardi, Andrew rentrait tard de ses cours à Columbia. Mercy ne se voyait pas parcourir leur petit appartement de Williamsburg de long en large jusqu’à son retour, vers 19h. Aussi, après la courte sieste qu’Ella accepta de faire en début d’après-midi, prépara-t-elle un sac avec une bouteille d’eau, des biscuits, et un carnet. Il lui arrivait d’écrire au milieu du parc, mais à de rares occasions. Le moment où Ella sortait de sa sieste était le plus agréable de la journée : la petite fille était fraîche et reposée, elle était plus facile à gérer. Mercy saisissait l’occasion pour une promenade au parc, relativement proche de leur appartement.

Mercy n’arrivait jamais à dire si elle était heureuse de sa vie de famille ou si elle la haïssait. Ces derniers mois, elle ne parvenait plus si bien à faire illusion. Avec un mari aux études et elle qui parvenait de temps à autre à accrocher un CDD, la situation financière était instable, source de calculs nocturnes et de suées froides. Elle y songea, comme tous les jours, assise sur le banc près de l’aire de jeux des enfants. La journée de mai étant chaude et ensoleillée, les petits semblaient pulluler, comme une meute de petits chiens. Ella n’était jamais si heureuse qu’en présence d’autres enfants, elle aimait commander et, parfois, envoyer des gifles à ceux qui refusaient de lui obéir. Mercy la surveillait de loin, mais ne pensait pas vraiment à elle. Sur le même banc, deux femmes de la trentaine comparaient des marques de biscuits fourrés. Il n’y avait aucun homme autour de la plaine de jeux.

Mercy aperçut la sportive qui téléphonait, à quelques mètres. Elle l’entendit parler d’emploi du temps et de mail de confirmation avec mélancolie. Cette femme devait avoir son âge, vingt-quatre ans, mais elle paraissait plus libre de ses mouvements. Une tête blonde choisit cet instant pour se heurter contre sa jambe. Mercy mit deux secondes à reconnaître sa fille, plongée dans la contemplation de la sportive. Lorsqu’elle les rejoignit, Ella avait une deuxième coupure superficielle, et une sucette. Elle ne pleurait pas, paraissait au contraire ravie. « Eh bien, Ella, tu n’as vraiment pas de chance aujourd’hui … » constata sa mère d’un ton un peu navré. « Merci à vous, vous avez bien réagi » ajouta-t-elle à l’intention de la jeune femme, comme pour dissimuler qu’elle-même n’avait pas réagi au quart de tour.

Vint alors le nom de la sportive, Emily Richards. Mercy ne put s’empêcher de rester silencieuse un instant. Elle n’avait pas reconnu sa cousine dans cette jeune femme aux longs cheveux châtain, portant des lunettes. Et pourtant, dans l’inflexion de la voix, le sourire, elle reconnaissait l’adolescente d’alors. « Emily » répondit Mercy avec un sourire, « bien sûr que je me souviens de toi. Nos douze ans, et le rocher dans les Appalaches. »

Il y avait quelque chose d’étrange à évoquer un souvenir vieux de la moitié de leur vie. Ella mit sa sucette en bouche et s’accrocha à la jupe bleue de sa mère. « Tu as fait connaissance avec ma fille, Ella ? Ella, Emily est une cousine, on ne s’est plus vues depuis des années. Que deviens-tu ? »


Spoiler:
 

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Emily Richards
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Emily Richards
Mer 22 Avr - 18:16

The return to origins
La chaleur de cette journée était vraiment agréable et cela, malgré la situation. J'avais eu une bonne nouvelle et j'en étais même ravie. C'était une chance en or. Alors que je me comptais de ma satisfaction de cet appel éclair pendant mon jogging, un petit bout de chou venait de me percuter la jambe. La pauvre semblait toute étourdie. Ca ne devait pas être agréable, j'avais même peur de lui avoir fait mal. Finalement, je glissais mon téléphone dans sa pochette et je commençais à m'occuper de ce petit coeur. Au fond, j'avais beau dire que je ne voulais pas d'enfant, pas maintenant, lorsque je voyais cette tête adorable et cet enfant, ça me ramenait à mon instinct maternel. Ce n'était pas facile, dans le sens où, être mère à la hauteur de la mienne, je trouvais cela impossible. Et peut-être était-ce pour cette raison que je ne souhaitais pas le devenir ? Pour ne pas décevoir ma mère, pour rester digne d'elle après tout les sacrifices qu'elle avait fait pour nous... Je me permettais un peu dans le regard de cette petite, qui me rappelait un peu le mien. « Ella, c'est ça son joli petit nom, excellent choix ! » Je souriais en gardant mon regard fixé sur la petite. Elle était à croquer et vraiment ravie. « Ah, aucun soucis ! J'ai la technique ultime contre les chagrins. » Je montrais du doigt la sucette. C'était en effet, une technique ancestrale pour les personnes pas très sociables comme moi qui faisaient du baby-sitting et qui devait arrêter les pleurs d'un enfant ou la crise de celui-ci. Cette technique était mine de rien plus utile que l'on l'imaginait et comme toute personne, un enfant avait le même mécanisme de fonctionnement ou presque. Au final, si je voyais dans le regard de la petite, une similitude avec le mien, ce n'était pas pour rien. Sa mère n'était personne d'autre que ma cousine. Une cousine que je n'avais pas vu depuis bien longtemps. Une cousine qui avait du m'oublier depuis le temps, depuis la dernière fois que je l'avais vu. Le drame de ma vie n'avait jamais été la maladie de ma mère mais celui de m'être coupé du monde pour survivre à celle-ci. « Ca fait si longtemps... » A la référence au rocher, je ne pouvais m'empêcher d'éclater de rire. Le rocher dans les Appalaches. J'esquissais un sourire à ce doux souvenir. Une grande étendue d'eau, deux cousines et surtout beaucoup de courage pour sauter dans cet eau du haut de ce rocher. Et puis, surtout quand on glissait parce qu'on regardait un petit jeune de son âge qui passait par là et qu'on finissait par saigner. Au final, je n'avais pas pleuré, juste beaucoup ris de ma chute et nous l'avions cachés à nos parents. Il y avait prescription maintenant, non ? « Ne m'en parle pas ! Mon genoux a encore la cicatrice ! » Je gloussais.D'ailleurs, j'avais gardé cette même habitude d'être dissipée pendant que je faisais une activité sportive ou dangereuse. L'amour de la petite pour sa mère me faisait sourire naïvement, elle était vraiment adorable. « Ta fille ? Je me disais qu'elle avait un air des Richards, je comprends mieux pourquoi ! » Je secouais la tête en désignant notamment les yeux de sa petite à les miens. « Tu as fait une fille magnifique et vraiment très polie ! » Ce petit sourire triste signifait beaucoup. Il voulait dire que je regrettais de ne pas l'avoir vu grandir. Que mes combats que je pensais affronter seuls, je n'aurais peut-être pas du le faire. Elle avait du avoir aussi ses propres combats pour avoir un petit bout de chou à notre âge mais je ne la jugeais pas du tout pour cela. Elle était libre de faire ce qu'elle voulait. « Moi ? je suis devenue éditrice dans une maison, je dois encore faire mes preuves, je commence à peine... » annonçais-je simplement alors que je portais ma totale attention sur Mercy. « Et toi alors ? Mise à part cette merveilleuse fille, qu'est ce que tu deviens ? » Je voulais avoir des nouvelles d'elle, j'aurai dû en demander avant. Je n'étais pas très forte en relation sociale mais ça ne justifiait pas mon incapacité à tenir au courant ma cousine avec qui j'étais proche. « Je suis désolée de ne pas avoir été là ! » disais-je subitement, sans filtre.
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Mercy L. Fitzbaum
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Mercy L. Fitzbaum
Dim 10 Mai - 19:06
Sans vraiment en avoir conscience, Mercy cherchait dans le visage de sa cousine les traits qu’elle avait gardés en mémoire, ceux de l’adolescente avec qui elle avait parcouru les montagnes, exploré la ferme familiale et joué pendant un été. Elle se souvenait de sa joie à découvrir une compagne de jeu, alors que son frère venait d’avoir quatorze ans et refusait de jouer avec qui que ce soit, préférant s’enfermer dans ses disques et ses livres. Avec Emily, il lui avait été possible d’être une enfant pendant encore quelques semaines, avant de progressivement quitter l’univers onirique des jeux et de perdre une partie de son insouciance. Au-delà d’elles, leurs parents affichaient une certaine dureté les uns avec les autres, la famille Richards revenue de France et la famille Fitzbaum avaient bien des histoires à démêler, mais ni l’une ni l’autre de leurs filles ne se sentait directement concernée.

Emily avait changé en douze ans, bien sûr, tout comme Mercy. Pourtant, il restait en elle cette vitalité presque incontrôlable, ces paroles qui fusaient sans filtre. Elle semblait s’éparpiller avec exubérance, mais avec tant de chaleur qu’il était impossible de ne pas sourire, d’être légèrement charmé. Mercy ne put s’empêcher d’afficher un air impressionné lorsqu’Emily expliqua être éditrice, à vingt-quatre ans. Mercy eut la vision fugitive de sa cousine, entrant dans un local où une dizaine de personnes écrivaient à la main sur des feuilles de bloc, et leur enjoignant de terminer leurs romans au plus vite, afin qu’elle puisse les lire. Quel était le quotidien d’une éditrice, elle n’en avait qu’une idée très vague.

Mercy haussa les épaules avec un sourire doux lorsqu’Emily s’excusa de ne pas avoir été présente. Elle n’avait aucun ressentiment envers sa cousine, et tant d’années s’étaient écoulées depuis leur dernière rencontre. « Eh bien » répondit-elle à la question de son devenir, « je vis à Williamsburg avec Ella et son père, Andrew. Nous nous sommes rencontrés à l’école secondaire, en Caroline du Nord, et quand il est venu étudier la philosophie à Columbia, je l’ai suivi. Mais voilà, je m’occupe simplement de notre fille et de notre ménage. » Mercy n’aima pas elle-même la manière dont elle résuma sa propre vie. Les phrases étaient creuses, ne disaient ni sa solitude dans l’appartement avec une enfant en bas-âge, ni le regret diffus de n’avoir pas suivi d’études supérieures, ni l’impression d’inutilité qui lui pesait certains jours, comme une chape de plomb. Elle songea qu’Emily était dans la vie active, avait un métier somme toute respectable, et qu’elle-même n’avait aucune qualification, sinon le High School. Être mère ne lui semblait pas racheter cette absence de vie active.

Comme Ella avait terminé sa sucette et s’ennuyait en écoutant les adultes, elle tira sur la jupe de sa mère en demandant quand elles allaient rentrer. Mercy se vit revenir seule avec sa fille dans l’appartement, attendre Andrew qui avait un horaire plus long ce jour-là, et elle se sentit découragée. Aussi s’exclama-t-elle : « Ecoute, Emily, pourquoi ne viendrais-tu pas dîner à la maison ? Ce serait un plaisir. Nous pourrions parler de … De toutes les années qui sont passées. Qu’en dis-tu ? Tu rencontrerais Andrew, et nous serions plus à l’aise. Il y a un bus direct dans dix minutes. » Dans ses yeux il y avait comme une prière envers Emily. La petite fille entre elles regarda la cousine et dit : « Moi je veux que tu viens ! » comme en appui pour sa mère.
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